Vœux aux associations et personnalités

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Vendredi 17 janvier 2020.

…”Dans un contexte d’urgence sociale, on pourrait imaginer, que l’Etat renforce les politiques de proximité, et le rôle des communes. C’est tout l’inverse qui se produit. On fragilise, au contraire, l’ensemble de l’édifice, et les fondations du pacte républicain.”…


Faire le choix des services publics de proximité, est un choix de conviction, fort et assumé. Ce choix constitue le fil rouge de l’histoire de Vénissieux. Il est celui de croire et de savoir, que le présent et l’avenir d’une ville, se construisent avec les habitants, les associations, les acteurs économiques, sociaux, culturels, sportifs, avec la proximité et le lien social, que les services publics diffusent, et renforcent dans tous les quartiers.

La conviction, elle était là en 1966, quand la Ville a mis en place le service municipal de l’enfance, une première en France. La conviction, elle, n’a pas changé, et elle est restée intacte en 2019, quand l’inauguration de la nouvelle cuisine centrale, est venue illustrer la détermination de la ville, à garder la maîtrise publique, d’enjeux aussi cruciaux, que la santé. Ce n’est pas une histoire qui se répète, ou que l’on aurait bloqué dans un temps idéalisé, non, c’est une histoire qui se poursuit, et qui se prolonge. Rapprocher ces deux dates m’a semblé logique, tant la notion d’intérêt général, a toujours figuré au cœur de l’évolution, et de l’histoire de Vénissieux.

On la retrouve dans nos 81 installations sportives, et nos équipements culturels, dans nos 21 groupes scolaires, et dans nos résidences et foyers pour personnes âgées, dans chaque geste, chaque compétence, chaque savoir-faire des agents de la mairie, au service de tous les habitants, qui renforcent la cohésion sociale, et garantissent la continuité territoriale. Bien sûr que c’est un choix de conviction, de maintenir 1 atsem par classe de maternelle, quand de nombreuses communes ont mis fin au dispositif. De construire du logement social, et des parcours résidentiels adaptés, quand tant de familles peinent à trouver un toit, dans l’agglomération lyonnaise, comme en France. D’inscrire la culture populaire dans tous les quartiers, quand les politiques libérales et les discours populistes, la balayent d’un revers de main. De désenclaver les quartiers populaires, quand certains aimeraient repousser les plus modestes, en 2ème et 3ème couronnes, pour vivre dans l’entre soi.

Bien sûr que c’est un choix de conviction, de consacrer un euro sur deux du budget de la ville, à l’enfance et la jeunesse, dans les groupes scolaires, le périscolaire, le sport, les EPJ, le CME, les centres de loisirs, et autres activités pendant les vacances scolaires. D’assurer des missions de sécurité et de tranquillité, quand une violence sourde et souvent aveugle, ronge notre société. D’ accompagner nos aînés vers les soins, la santé, vers nos services d’aide à la personne ou les loisirs, quand la précarité s’étend, et les conditions de vie se détériorent, pour un très grand nombre de retraités. De défendre les droits des femmes, quand le monde du travail les bafoue, ou quand la violence s’incruste dans leur vie privée.

Ce choix de conviction, du déploiement de services publics de proximité, constitue le ciment de la cohésion de nos territoires, et le trait d’union entre les Vénissians. Y toucher, c’est mettre en danger l’idée d’une ville partagée, et mettre en péril le vivre ensemble, la solidarité, et la justice sociale.

A Vénissieux, 1 400 agents, répartis dans une quarantaine de services, agissent sur le terrain, pour tous les Vénissians, sans distinction aucune. Près de 80 métiers différents forment l’éventail, et la richesse humaine de la fonction publique territoriale. Faire ce choix d’un service public fort , en s’opposant à toute forme de privatisation, c’est garantir une égalité de traitement, entre les habitants, mais c’est aussi préserver et pérenniser, ce vaste ensemble de savoir-faire, et de compétences diversifiées et agrégées. Ils s’inscrivent de plain-pied, dans le développement de Vénissieux.

Je récuse cette idée reçue, du public contre le privé. Quand les collectivités locales investissent 70% de l’investissement public, en France, quand vous désenclavez un quartier, chacun en tire profit, les habitants comme les entreprises, il ne faut pas l’oublier.

Dans un contexte d’urgence sociale, on pourrait imaginer, que l’Etat renforce les politiques de proximité, et le rôle des communes. C’est tout l’inverse qui se produit. On fragilise, au contraire, l’ensemble de l’édifice, et les fondations du pacte républicain. Les attaques sont multiples. Les finances dans un premier temps, avec la baisse des dotations de l’Etat à l’égard des collectivités : moins 6 millions d’euros, entre 2013 et 2019, pour le budget de Vénissieux.

J’aime rester dans le concret. 6 millions d’euros, c’est l’équivalent de la moitié d’un groupe scolaire, c’est 18 mois de maintenance des bâtiments municipaux, 3 années de financement de l’ensemble des missions de sécurité, 2 années de fonctionnement de l’ensemble des crèches municipales, 10 années de fonctionnement d’une résidence de personnes âgées, etc. Voilà ce que notre ville, et tous les Vénissians, ont perdu, sous l’effet des politiques libérales d’Emmanuel Macron. Un préjudice énorme, sans précédent, et injustifiable.

Pour les communes, les études présentées au Congrès des Maires de France, fin novembre, montrent un net ralentissement des dépenses des services à la population, sur l’ensemble du mandat, et tirent la sonnette d’alarme, sur la contraction des dépenses de fonctionnement. A terme, elles pourraient peser sur le niveau des services offerts à la population. Quant aux investissements communaux et intercommunaux, les voyants sont dans le rouge, la chute inédite, et le recul historique. La baisse des dotations de l’Etat aux collectivités, dont les effets ont été dévastateurs, comme on le dénonçait, a contraint les maires à faire des économies sur les investissements.

Par rapport au mandat précédent, les dépenses d’équipement ont en effet dégringolé de 16 milliards d’euros, sur l’ensemble du territoire ! Du jamais vu depuis la période… 1995-1997. A cette attaque frontale sur les finances, s’ajoute une attaque plus sournoise, contre le principe de libre administration des communes. La contractualisation des dépenses de fonctionnement, plus ou moins imposée par l’Etat, sous peine de sanctions, et la suppression de la taxe d’habitation, obéissent à la logique ultra-libérale des macronistes : il s’agit de museler l’indépendance des politiques de proximité des collectivités locales, de les inféoder à la technocratie, et de les contraindre à céder au privé, une grande partie de leurs missions.

Dire que le national n’a pas d’impact sur le local, tient tout autant de l’absurdité, que de la supercherie. Je crois que personne n’est dupe. Vanter les vertus de l’austérité à Paris, et affirmer sur le terrain que les communes ont de larges moyens financiers, n’est ni audible, ni crédible. C’est un mensonge, un de plus, un double langage, au creux duquel l’hypocrisie le dispute à la désinformation.

Si je prends l’exemple de la réforme des retraites du gouvernement, qui ouvre la porte à la capitalisation, et va créer plus de précarité, d’inégalité et de pauvreté parmi nos aînés, c’est bien dans nos quartiers, et pas dans les cabinets de la technocratie, que les difficultés pour se soigner, se loger, vont s’amplifier et se manifester. Le libéralisme de Macron a un coût, et il est terrible pour les habitants, pour les collectivités locales, pour les territoires, et pour nos politiques de proximité. Ceux qui impulsent cette vision marchande de nos territoires, ne peuvent se dédouaner de leurs responsabilités, face aux Vénissians.

L’année 2019 a illustré une nouvelle fois, les capacités de développement, d’attractivité, et toutes les potentialités de notre Ville. Mais je tiens à commencer par les drames insoutenables, qui ont affecté chacun de nous, liés à la violence routière, ou au trafic de stupéfiants, ce cancer qui ronge la vie des quartiers, et décime notre jeunesse. Chaque victime est une victime de trop, qui nous appelle à agir toujours plus. En matière de sécurité, jamais les discours de surenchère et d’instrumentalisation, ne se sont traduits par des résultats sur le terrain. Ce sont des postures, des promesses démagogiques, bien loin des actions concrètes, que la police et tous les acteurs concernés, mènent pour éradiquer ces deux fléaux.

Il ne s’agit pas de faire preuve d’angélisme, ni de fermer les yeux, ou de banaliser une violence aveugle. A la lumière des événements graves qui se sont passés, j’ai demandé des renforts de police à l’Etat, pour répondre à la situation actuelle, rassurer les habitants, et inscrire les forces mobiles supplémentaires, de façon pérenne, au profit de notre ville. Démanteler un réseau ou une filière de l’économie souterraine, demande du temps, et de la discrétion. Je préfère donc au discours, l’action, parfois dans l’ombre. Le risque zéro, en matière de sécurité, n’existe pas, mais c’est à nous de le réduire, à son plus petit dénominateur. Avec le commissaire et la police nationale, le procureur, le préfet, les bailleurs, Keolis, la police municipale, tous les intervenants de « première ligne », nous menons un travail de terrain considérable, et coordonné.

De très nombreux dispositifs ont été mis en place sur la ville, du conseil local de sécurité, à la récente réorganisation du TOP, en passant par le centre de vidéo-surveillance, je ne vais pas tous les citer, car ce serait trop long. Depuis décembre 2012, au titre du dispositif « Zone de sécurité prioritaire », le territoire du plateau des Minguettes bénéficie d’une organisation spécifique, où forces de sécurité et acteurs concernés (police, justice, douanes…), mènent des opérations de terrain, conjointes et coordonnées. Depuis janvier 2019, à ma demande, Vénissieux expérimente le nouveau dispositif de police de sécurité du quotidien, avec l’arrivée de 30 policiers supplémentaires.

D’emblée, nous avons travaillé avec le commissaire, et tous les partenaires impliqués, sur les priorités d’actions à mener, autour de plusieurs axes : la lutte contre le trafic de stupéfiants, et plus largement, l’économie souterraine, l’occupation abusive des parties communes, et la réappropriation/sécurisation de l’espace public, la délinquance routière. Un groupe de voie publique a été mis en place par le commissaire, dès janvier, une section motards en mars. Nous savons tous qu’il faut conjuguer nos efforts, les répéter au quotidien, remettre constamment l’ouvrage sur le métier. C’est un travail de longue haleine qui est entrepris, face à ce fléau de l’économie souterraine, à Vénissieux, comme partout sur le territoire français.

Je voudrais enfin m’adresser à la jeunesse, lui dire et la prévenir, qu’entrer dans les milieux de la drogue, c’est mettre un pied dans des milieux mafieux sans limites, sans morale ni scrupules, sous la coupe de malfrats, qui manipulent et exploitent à leurs propres fins, la moindre faille, la moindre faiblesse des jeunes. C’est la raison pour laquelle, la lutte contre la délinquance est tout à la fois une question de sanction, de répression, mais aussi de prévention, d’éducation et de santé publique. Ne dissocions jamais l’ensemble de ces champs d’action, si l’on veut agir en amont de drames tragiques, pour les familles, les proches, et qui nous blessent tous, au fond de nous-mêmes.

L’année 2019 à Vénissieux a aussi été portée par beaucoup d’énergies positives, et l’émergence de grands projets structurants. L’ouverture d’Ikea en est un, coup de départ de l’aménagement de ce prochain lieu de vie du Puisoz-Grand Parilly. Il était attendu, il est maintenant devant nous. Pour Vénissieux, c’est un marqueur supplémentaire, qui consolide notre rôle pivot et incontournable, d’entrée sud de l’agglomération lyonnaise.

Mais je retiens également toutes les actions menées autour d’Ikea : les rencontres avec les associations vénissianes, les 57 000 heures d’insertion déjà réalisées sur le chantier, permettant à 179 personnes de mettre le pied à l’étrier, l’action Ville-Ikea qui s’est soldée par le recrutement de 51 Vénissians. C’est une illustration de notre stratégie de développement, d’un urbanisme à taille humaine, dont les retombées profitent aux Vénissians, dès les premières heures de réalisation.

Les travaux, déjà bien avancés, du Technicentre de la SNCF, s’inscrivent dans ce mouvement d’attractivité de nos territoires. Une autre polarité est entrée dans une phase active en 2019, avec le nouveau programme de rénovation urbaine Minguettes-Clochettes, qui nous amènera à l’horizon 2030-2035. La ZAC Marché-Monmousseau-Balmes, c’est 25 hectares, soit 10% du plateau des Minguettes.

C’est également la programmation de la démolition, d’environ 500 logements vétustes, et de la reconstruction de 1 000 logements, en locatif social et privé, en accession abordable, et en accession libre, dans de petits immeubles à échelle et taille humaines. Sans oublier de mentionner des opérations de réhabilitation, qui touchent les 260 logements de la résidence Edouard-Herriot.

Désenclaver les quartiers entre eux, sur le plateau, réussir l’accroche et la jonction, avec le centre-ville et l’agglomération lyonnaise, améliorer la qualité des logements, et le cadre de vie des habitants : les objectifs clairs, que nous avons présentés à l’Agence Nationale de la Rénovation Urbaine, en juillet dernier, ont été bien reçus, et soutenus pour la majorité d’entre eux. J’en ajouterais trois : garder l’identité du quartier, gagner la bataille de l’emploi, et garantir la présence des services publics, autant de conditions nécessaires, à une rénovation urbaine réussie et partagée.

Vénissieux est en mouvement, et les familles ne s’y trompent pas, puisque la croissance de la population se poursuit. Notre ville compte aujourd’hui plus de 65 500 habitants. Outre le logement, la qualité des services publics de proximité, joue dans le choix des nouvelles familles.

Intérêt général, investissement pour le plus grand nombre, et maîtrise publique de l’enjeu sanitaire, ont prévalu pour notre nouvelle cuisine centrale, inaugurée en mars dernier. 5 960 enfants fréquentent la restauration scolaire, et chaque jour, plus d’un enfant sur trois, bénéficie de ce service. Le nombre d’enfants inscrits à la restauration scolaire, est en augmentation, par rapport à 2018. Avec nos tarifs, qui font partie des moins élevés de l’agglomération lyonnaise, avec la diversification alimentaire, que ce nouvel équipement a rendu possible, le choix du service public bénéficie aux familles vénissianes, et à la santé de leurs enfants. Elle est là, la différence, cette différence profonde, entre les chantres du libéralisme, qui ne raisonnent qu’en termes de coût, et notre ville, qui pense en termes d’investissement.

On retrouve encore ce sens de l’intérêt général, dans notre volonté d’aider la jeunesse, de l’accompagner dans son apprentissage de la citoyenneté, et ses premiers pas, dans le monde professionnel. La récente installation de la Mission Locale, dans la Maison des Services Publics de Vénissy, en est le symbole.

Vénissieux sait d’où elle vient, elle a la mémoire longue. Rien ne lui a été donné. Me revient en tête cette phrase d’Ambroise Croizat, ministre communiste, grand bâtisseur de la sécurité sociale, et d’une société française plus égalitaire, qui disait : « Ne parlez pas d’acquis sociaux, mais de conquis sociaux ». Notre ville est à son image : il lui a fallu traverser des crises, rebondir, avancer, pour conquérir sa place, à la force de ses combats, de ses luttes, de son identité populaire, de ses convictions, et de ses singularités. C’est cette place particulière que nous occupons, au sein de la Métropole lyonnaise, de participation à l’effort collectif, mais aussi de respect de la souveraineté, des politiques locales des communes, de la défense des intérêts des Vénissians, et de pratiques démocratiques plus proches des habitants.

Je le dis avec franchise et un profond respect : rien, dans ce combat jamais achevé, n’aurait été possible, sans vous. Vous les associations, vous les ambassadeurs de la culture, du sport pour tous, de l’éducation, vous les acteurs économiques et sociaux, et de la sécurité. Vous, les Vénissians, qui vous impliquez et engagez dans la vie de notre commune, par envie, par générosité, par solidarité, par conscience citoyenne.

Je vous souhaite, à toutes et à tous, une bonne année 2020, une année d’accomplissement, de curiosité et d’épanouissement, pour vos familles, vos proches, et pour notre ville qui nous passionne, Vénissieux.

Je vous remercie.