Vœux 2019 à la presse

Voir toutes les actualités

Jeudi 10 janvier 2019.

La question du pouvoir d’achat est centrale, légitime. Les élus locaux que nous sommes voient la précarité, la pauvreté et les difficultés augmenter, pour une population de plus en plus large : travailleurs pauvres, familles monoparentales, retraités, chômeurs, jeunes, classes moyennes étouffées, en voie de disparition… Ils ne parviennent plus à boucler les fins de mois. Cela fait des années qu’on alerte les gouvernements successifs et les pouvoirs publics, sans être entendus ni écoutés.

Fracture sociale, fracture territoriale, fracture entre le peuple, ses représentants et la technocratie, fracture entre les médias et une bonne partie des Français, fracture culturelle, entre de grandes agglomérations mondialisées et de zones péri-urbaines, rurales abandonnées par l’Etat. Les mouvements sociaux des gilets jaunes, mais aussi des personnels de la santé, des magistrats, des enseignants, des lycéens, illustrent le morcellement de notre société.

La question du pouvoir d’achat est centrale, légitime. Les élus locaux que nous sommes voient la précarité, la pauvreté et les difficultés augmenter, pour une population de plus en plus large : travailleurs pauvres, familles monoparentales, retraités, chômeurs, jeunes, classes moyennes étouffées, en voie de disparition… Ils ne parviennent plus à boucler les fins de mois. Cela fait des années qu’on alerte les gouvernements successifs et les pouvoirs publics, sans être entendus ni écoutés.

Les Français ressentent ce même mépris : référendum 2005, grandes manifestations sociales, défense du secteur hospitalier, des services publics, aucune revendication n’est prise en compte.

Alors que la colère monte, les présidences Sarkozy, Hollande, Macron s’entêtent à détruire le modèle social français par toujours plus de libéralisme. Les dividendes explosent, mais ce sont les Français qui payent. Ils viennent de dire, haut et fort, combien l’injustice fiscale ne pouvait plus durer. Ils ont réaffirmé l’importance des services publics, leur rôle essentiel de solidarité entre les Français, de solidarité entre les territoires, et de levier indispensable dans le cadre de la transition énergétique. Enfin, et ce n’est pas le plus négligeable, ils ne veulent plus de cette façon de faire de la politique.

J’ai entendu comme vous des propos antiparlementaires, que je trouve inquiétants et que je récuse. On sait que l’extrême droite les nourrit, qu’il nous faut être vigilant. Ce n’est pas la démocratie représentative qui pose problème, mais le manque de diversité et d’origines sociales différentes, parmi la représentation nationale.

Je comprends donc l’envie de proximité à laquelle les Français aspirent. Moins de monarchie, moins de verticalité et de lois qui tombent de haut, déconnectées du terrain et des difficultés.

Le référendum d’initiative citoyenne, à condition qu’il soit cadré, peut rapprocher nos concitoyens des grandes problématiques de notre pays.

Sur le fond, les Français ne sont pas dupes. Ils savent que les mesures prises dans l’urgence par Emmanuel Macron, ressemblent à un écran de fumée. On lâche des primes, mais rien sur les salaires. On baisse les APL, on augmente la CSG, même si le gouvernement est revenu sur la mesure pour les retraités gagnant moins de 2 000 €  par mois, mais on ne touche pas à la suppression de l’ISF. Si l’on ajoute les cadeaux accordés aux dividendes et intérêts (qui sont désormais taxés à un taux maximum de 30%, contre 55% pour les salaires et revenus d’activité non-salarié), on aboutit à un coût total dépassant les 5 milliards d’euros.

Le symbole d’une solidarité, dont les plus riches sont exonérés, est dévastateur et injuste. La suppression de l’ISF, c’est une faute historique, morale et économique.

Pour donner une idée des mesures sociales d’Emmanuel Macron et de la République en Marche, je rappelle que le gouvernement vient de publier, au Journal Officiel le 30 décembre dernier, un décret durcissant les sanctions pour les chômeurs qui manqueraient à leurs obligations.

Enfin, je relève la contradiction incroyable des politiques gouvernementales, à l’égard des collectivités locales. Dans la panique, Emmanuel Macron a vite fait appel aux communes pour renouer les liens avec le peuple français, à travers les cahiers de doléances et de revendications. Après les avoir méprisées et ignorées depuis son élection, le président loue désormais les collectivités locales. Nous avons mis à disposition des Vénissians des cahiers, dans les trois mairies de notre territoire et la maison de quartier Darnaise.

Mais les élus que nous sommes n’ont pas la mémoire courte. Aucune concertation pour les chutes des dotations, et la mise en place de la contractualisation. Au sujet des rythmes scolaires, le message de l’Etat a été clair : débrouillez-vous ! Suppression des contrats aidés, une décision unilatérale sans aucun dialogue, là encore, à vous de vous adapter !

Une politique de la ville au rabais, loin des ambitions du plan Borloo, on ignore une nouvelle fois les recommandations des élus locaux et des acteurs de terrain. Voilà les exemples d’Une République en Marche qui entendait rompre avec l’ancien monde, mais qui renoue avec l’esprit de l’ancien régime, dirigiste, centralisé, loin du terrain, loin du dialogue, loin des Français.

La transition est toute trouvée pour revenir justement à nos politiques de proximité, celles que nous développons au service de tous les Vénissians, de tous les territoires, et au service de l’intérêt général.

Tout n’est pas marchand dans nos vies, comme dans notre ville. Je continuerai avec toute l’équipe municipale de mener une politique de dignité humaine. Défense de l’éducation, défense d’une culture populaire, défense du logement social et des parcours résidentiels, défense de l’accès à la santé, au sport pour tous, défense des services publics et du droit à la tranquillité.

L’année 2018 nous a fourni l’occasion de réaliser un point d’étape. Les quatre grands projets urbains (Puisoz, Cœur de Ville, Quartier Gare, et la rénovation urbaine des Minguettes) sont bien lancés.

Nous maintenons la trajectoire prévue d’un niveau d’investissement de 75 millions d’euros sur la durée du mandat. L’attractivité de Vénissieux est solide, j’en veux pour preuve l’augmentation de la population continue, qui passe officiellement la barre des 65 000 habitants.

Nous avons su garder le cap, mais aussi innover et nous adapter. Nous sommes pionniers en France avec la mise en place du Forum de Prévention des Addictions.

Nous avons également mis en œuvre des actions qui ne faisaient pas partie du plan de mandat initial, comme la vidéo-verbalisation, pour mettre fin aux délits de non-respect de feu rouge, et de toutes sortes d’infractions insupportables et dangereuses pour les habitants.

En matière d’éducation, le groupe scolaire Flora-Tristan est sorti de terre, extensions et réhabilitations se poursuivent à une cadence élevée. Après la consultation des parents, la mise en place, à la rentrée 2019, des rythmes scolaires à 4 jours, exige une profonde réorganisation de nos temps périscolaires, avec toujours le même socle : l’intérêt de l’enfant doit primer.

Notre soutien à une culture populaire et à la création est sans faille. 95 résidences accueillies depuis 2014 !

En matière de solidarité, face à l’augmentation du coût de la vie et à la précarité, nous avons décidé de faire évoluer certaines aides sociales, et d’en créer d’autres. Je tiens à mentionner la mise en place d’un écrivain public et numérique, qui a prouvé toute son utilité.

En termes de développement économique, une dynamique s’est installée avec l’installation de 12 commerces, d’un pôle médical. Avec plus de 83 000 heures prévisionnelles de clauses d’insertion en 2018 et 2019, plus de 540 créations d’entreprises par an, etc.

Sur la période 2014-2017, 800 logements locatifs ont été livrés en moyenne par an, dont 30% de logements sociaux.

Enfin, nos efforts pour le cadre de vie s’inscrivent dans la durée, comme en témoigne, entre autres, le renouvellement de la 4ème fleur.

Ce rapide inventaire illustre les chantiers que notre majorité a lancés, dans tous les domaines, dans tous les quartiers. Vénissieux n’est pas uniquement en mouvement, elle est une addition de mouvements, que nous allons poursuivre et renforcer en 2019.

Cette nouvelle année va commencer en trombe, avec l’organisation d’une grande consultation des Vénissians sur internet, à partir d’aujourd’hui. Elle nous a paru nécessaire et vitale, dans le contexte de contraintes budgétaires que l’Etat impose aux collectivités locales, depuis plusieurs années. Cela va nous permettre de mieux cibler les attentes et les urgences exprimées par les Vénissians, mais également de les impliquer dans la réflexion sur les politiques menées et à mener, à l’échelle de la commune.

Nous ne pouvons pas ignorer la réalité, et c’est justement ce principe de réalité, qui nous a amenés à négocier la contractualisation de nos dépenses de fonctionnement avec le préfet. Avec ce taux de 1,46% que la Ville a obtenu, tout proche du plafond fixé, je suis en mesure d’affirmer que nous avons su convaincre le représentant de l’Etat, de l’immense travail accompli à Vénissieux dans tous nos quartiers. Mais l’urgence sociale est telle que nous savons déjà que ce pourcentage sera insuffisant à partir de 2020, et qu’il nous contraint, d’ores et déjà, à poursuivre nos efforts, mais aussi à prioriser nos missions.

Ces efforts et ces priorités, nous devons les partager avec tous les Vénissians, connaître leur perception des services publics de proximité, c’est en tout cas tout le sens de cette grande consultation en ligne. Après l’analyse des résultats, nous organiserons des rencontres publiques de restitution pour échanger avec les Vénissians, acteurs à part entière, bien évidemment, de notre ville.

Nous voulons que l’année 2019 soit une année forte pour la jeunesse et l’éducation.

La mission locale va rejoindre la maison des services publics de Vénissy, pour une meilleure visibilité et constituer un point d’ancrage fort au sein du quartier. J’ai déjà mentionné les 83 000 heures prévisionnelles de clauses d’insertion, en 2018 et 2019, dont 21 000 heures par an de marchés d’insertion réservés aux structures économie sociale et solidaire, pour l’insertion professionnelle portés par la Ville.

L’école est au cœur de nos priorités, elle fera l’objet de chantiers nombreux et marquants : la réhabilitation du groupe scolaire Max-Barel d’un côté, la construction d’un nouveau restaurant self, et l’extension de la maternelle du groupe Charréard, de l’autre. Ces chantiers physiques seront accompagnés de chantiers pédagogiques.

L’organisation des nouveaux rythmes scolaires à 4 jours pour la rentrée 2019, avancera en parallèle avec la réalisation d’un nouveau projet éducatif de territoire. Tous les acteurs seront associés à cette réorganisation, au cours de laquelle nous garderons en tête l’intérêt de l’enfant, et la qualité des temps scolaires et périscolaires. Organisation majeure, à nouveau, dans le cadre de la poursuite des dédoublements de classes de CE1 en REP et REP+.

Je ne peux dissocier de l’ensemble de ces ambitions l’ouverture de la nouvelle cuisine centrale. Pour deux raisons : la première illustre la volonté de notre majorité de garder la maîtrise publique dans le domaine de la santé, de l’éducation, la seconde étant que chaque enfant bénéficie d’une alimentation de qualité et d’un vrai équilibre nutritionnel. C’est un choix politique fort, que nous assumons et dont nous sommes fiers. Externaliser, ou privatiser l’intérêt général au détriment des habitants, ça n’est pas ma vision de notre ville, ni ma conception de la politique !

2019 sera marqué par le déploiement de la Police de Sécurité du Quotidien. J’ai insisté auprès de l’Etat pour que Vénissieux bénéficie de ce nouveau dispositif national. Message reçu, puisqu’il est mis en place dans notre ville depuis janvier.

Cette Police de Sécurité devrait nous aider à lutter contre ces incivilités exaspérantes, à gagner en réactivité et en proximité, et à renforcer encore tout le travail partenarial entrepris, depuis de nombreuses années, à Vénissieux.

Des délits à l’insalubrité publique, le droit à la tranquillité n’est pas constitué d’un seul bloc, mais de différentes tâches à remplir au plus près des habitants. C’est une préoccupation majeure et légitime des Vénissians, qui s’est exprimée dans les AG des conseils de quartiers. En mutualisant le standard du TOP et le centre de vidéo-protection, notre ville a rendu son dispositif opérationnel 24h/24, 7 jours sur 7. Je porterai une attention toute particulière à ce nouvel outil qu’est la PSQ, tout comme à l’ensemble du travail réalisé en collaboration étroite avec nos partenaires en matière de sécurité.

Enfin, bien sûr, les journalistes, ici présents, auront déjà anticipé un événement de taille en 2019 pour notre ville, mais aussi pour l’agglomération lyonnaise : l’ouverture des deux grandes enseignes commerciales, de l’immeuble tertiaire Fontanel, et des voies d’accès au site Puisoz-Grand Parilly. C’est une étape, parmi de nombreuses autres, d’un programme qui nous amènera à l’horizon 2025, mais le Puisoz-Grand Parilly devient lui aussi, un symbole du trajet parcouru, de l’élan et de l’attractivité retrouvés de notre ville.

Je n’oublie pas non plus l’inauguration du Technicentre SNCF, fleuron de nos savoir-faire industriels.

L’actualité à Vénissieux ne manque pas, année après année, et il en sera de même en 2019. Les douze prochains mois vous le prouveront. C’est le signe que Vénissieux bouge et que les politiques publiques de proximité, utiles, audacieuses, résistantes, que nous menons, font avancer l’ensemble de nos quartiers au profit de tous les Vénissians.

Pour conclure ces vœux, je souhaite vous dire, une nouvelle fois, qu’il n’y a pas de démocratie sans la liberté de la presse, et que s’attaquer à ceux qui en exercent la profession, c’est s’attaquer à nos libertés, en France comme partout dans le monde.

Je vous souhaite, à vous, vos familles et vos proches, une excellente année 2019. Je vous remercie.