Jeudi 3 juin 2021

A l’heure du réchauffement climatique, toutes les grandes agglomérations vont devoir se repenser à l’aune d’un défi complexe. Reste qu’une intention n’est réussie, que si elle parvient à fédérer l’ensemble des habitants, et non une part seulement d’entre eux. En un mot : pas d’environnement durable à la carte, mais une écologie pour tous et partagée par toute la population, sans discrimination territoriale.

Un mot de conclusion pour clore ce débat. Pour être synthétique et quelque peu philosophique, je dirais qu’en la matière, le point d’arrivée compte presque moins que le chemin pour y parvenir. Créée en 2019, la zone à faibles émissions couvre l’ensemble des arrondissements lyonnais, ainsi que des territoires limitrophes. A Vénissieux, la pointe nord de Parilly, le quartier Joliot-Curie et le Moulin-à-Vent sont concernés.

Par paliers, l’objectif à terme de la Métropole est d’exclure d’un périmètre central à définir, les véhicules diesel et véhicules essence les plus anciens, à l’horizon 2026. L’intention est claire, et louable : lutter contre la pollution, pour la qualité de l’air, et pour le cadre de vie.

A l’heure du réchauffement climatique, toutes les grandes agglomérations vont devoir se repenser à l’aune d’un défi complexe. Reste qu’une intention n’est réussie, que si elle parvient à fédérer l’ensemble des habitants, et non une part seulement d’entre eux. En un mot : pas d’environnement durable à la carte, mais une écologie pour tous et partagée par toute la population, sans discrimination territoriale.Les politiques de développement durable ne sauraient être dissociées des dimensions sociales, économiques des territoires auxquels elles sont destinées. L’interdiction de circulation des véhicules les plus polluants va forcément créer un déséquilibre, et accroître les inégalités entre les catégories sociales et géographiques. Il ne faut pas qu’elle devienne synonyme de nouvelles exclusions, de nouvelles inégalités.

Selon des estimations qui demandent à être affinées, ce serait près de 9000 véhicules qui seraient interdits à Vénissieux en 2025. Or, pour des familles modestes, la part d’un budget consacré à l’achat d’un véhicule neuf, quand elles en ont les moyens !, n’est pas du tout proportionnelle à celle d’une famille aisée. Les critères sociaux (revenu de l’usager, prise en compte des horaires atypiques comme pour de nombreux intérimaires, possibilité de dérogations de circulation) doivent être intégrés aux réflexions, en amont de la mise en place de la ZFE. Sans oublier la situation des entreprises et des artisans. Des moyens nécessaires devront donc venir renforcer les mesures d’accompagnement, et les dérogations favorisant l’adhésion des habitants au projet.

Notre Ville s’inscrit pleinement dans l’objectif de réduction des déplacements automobiles. Elle n’oublie pas non plus, que d’autres sources de pollution atmosphérique doivent faire l’objet de notre attention : le logement, l’industrie et le tertiaire.

La ZFE est une pièce d’un puzzle plus grand, à savoir le développement des transports en commun et des modes doux, pour offrir aux habitants des solutions alternatives économiques, et adaptées aux besoins de déplacement. Pour Vénissieux, ville industrielle, la réalisation de cet objectif passe aussi par un travail sur les poids lourds, polluants et beaucoup trop présents dans les quartiers résidentiels. Le souhait de prolonger la ligne T4 jusqu’au Boulevard Urbain Sud, avec la création d’un parc relais, la création de la ligne T10 qui reliera la gare de Vénissieux à Gerland via Saint-Fons, la poursuite du déploiement de stations Vélo’v sur notre commune, constituent un ensemble de réalisations à adosser au projet de ZFE.

Les connexions entre les villes périphériques sont primordiales, elles vont dans le bon sens. Ces avancées ou projets sont complémentaires, tout comme sont nécessaires et indispensables, le rassemblement et l’adhésion des Vénissians et de toute la population de l’agglomération lyonnaise.

Je vous remercie.