Soirée de clôture des Musicianes

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Vendredi 17 février 201720

A l’heure où de nombreuses manifestations culturelles disparaissent de notre territoire à cause des politiques d’austérité qui nous sont imposées et du manque criant d’ambition en France et en Europe, Vénissieux est fière de soutenir la musique et la création, parce que la culture est une priorité à part entière, à laquelle nous ne renoncerons jamais.

Les Musicianes, les résidences littéraires, théâtrales ou de plasticiens, sont de précieux outils d’une réelle démocratisation de la culture et de la création.

Imaginons une journée entière sans musique ? Elle serait longue, très longue, à n’en pas douter. La musique n’est pas autour de nous, mais en  nous, comme une langue universelle nourrissant nos émotions, nos souvenirs, nos sensibilités individuelles et collectives. Elle nous parle et parle de nous, d’une époque, d’une génération, d’un été passé. Cette place qu’elle occupe, est primordiale. A son contact, et dès le plus jeune âge, s’y construisent nos sensibilités, notre altérité, et notre ouverture au monde.

C’est pour toutes ces raisons, que la ville de Vénissieux soutient la musique et la création, au coeur d’une culture que nous voulons populaire. Enracinée dans les quartiers, venant au contact des habitants, des enfants, des familles, accessible à tous, à l’image du festival Fêtes Escale, manifestation gratuite, cette culture populaire est notre force, notre patrimoine commun, notre identité. Je le dis avec d’autant plus de détermination que la culture, en France et en Europe, souffre des politiques d’austérité et d’un manque criant d’ambition. Plus de 170 manifestations sur l’ensemble de notre territoire ont disparu, depuis 2015, dont de nombreux festivals de musique.

L’hémorragie touche tous les secteurs d’activités, et tous nos territoires, du milieu rural au milieu urbain, d’est en ouest, du nord au sud. Le constat est terrible : ce sont des lieux de rencontres entre artistes et publics, des lieux de vie, de découvertes et d’échanges, qui ont été rayés de la carte.

Je dis stop, stop à l’émergence d’un monde sans sciences humaines, d’un monde sans partage collectif d’une émotion, d’un chant, d’une note. Imaginez Vénissieux sans les Fêtes Escales, imaginez les enfants, les musiciens, les habitants, sans les Musicianes, imaginez que Bizarre ne soit pas sorti de terre, imaginez notre ville sans sa médiathèque, ses bibliothèques, son théâtre, son cinéma, son école de musique, imaginez tout ce que nous aurions perdu. La culture est une politique, mais c’est avant tout une ambition. Et cette ambition, pour Vénissieux, elle consiste à faire vivre les quartiers, à rapprocher les Vénissians, à stimuler et ouvrir l’horizon des plus jeunes, à créer des possibles.

Je voudrais rappeler au monde de la finance, que la culture en France, représente 615 000 emplois, qu’elle génère 44 milliards d’euros de valeur ajoutée par an (soit quatre fois plus que le secteur automobile), et qu’elle est un levier indispensable de l’aménagement urbain. Vous comprendrez qu’il y a des priorités, et bien ici, à Vénissieux, la culture est une priorité à part entière, à laquelle nous ne renoncerons jamais.

Nous sommes réunis ce soir, pour la clôture de la neuvième édition des Musicianes, placées sous le signe du pastiche, ou du « jouer à la manière de ». Je voudrais remercier l’ensemble de l’Ecole de musique Jean-Wiener, la direction, les musiciens enseignants, les élèves, mais aussi le Théâtre de Vénissieux, et tous ceux qui se sont impliqués à l’organisation, et au bon déroulement de cette semaine musicale. Avec son Ecole de musique, la Ville de Vénissieux a proposé de nombreuses rencontres musicales, au cours desquelles les élèves et les enseignants de l’École de musique, mais aussi des artistes invités, ont proposé neuf concerts, plus de 30 ateliers, et des rencontres ouvertes à un large public familial. Sans oublier le spectacle Le carnaval des animaux, que nous allons voir ce soir, fruit d’une production entre l’école de musique, et le théâtre de Vénissieux.

Ce sont ainsi plus de 2 000 personnes qui ont été touchées, et sensibilisées par des artistes et musiciens. La création est venue à la rencontre des habitants, c’est cela qui m’importe, une culture non pas nombriliste, réservée à quelques privilégiés, mais une culture en mouvement, qui surprend l’enfant, interroge tous les publics, une culture populaire, qui grandit au contact de la proximité, et de tous nos territoires ! Aller vers l’autre, c’est ce mouvement qu’impriment les Musicianes et les résidences littéraires, théâtrales ou de plasticiens, précieux outils d’une réelle démocratisation de la culture et de la création.

Trois mots pour conclure : synergie, transversalité, résilience. A chaque manifestation, j’y fais référence : les passerelles dressées entre nos équipements culturels, entre les personnels, entre les services, sont sans égal, elles nous permettent de diffuser notre politique culturelle, au plus près des Vénissians, et sous tous ses aspects. Bravo aux équipes, aux agents, aux équipements, qui travaillent sans relâche, pour faire partager au plus grand nombre, la musique, le théâtre, les films, la poésie, la littérature.

Transversalité de la culture, car nous tenons à ce qu’elle s’immisce dans nos politiques sociales, qu’elle dynamise le tissu économique local, qu’elle trouve des échos dans nos écoles, en relation directe avec le PEDT ou les rythmes scolaires, qu’elle participe pleinement à la cohésion des quartiers, et au lien social.

Résilience enfin, car la culture n’est pas un luxe, mais une nécessité, surtout en temps de crise d’ailleurs ! Résilience encore et toujours, car elle a, aujourd’hui, besoin de chacun de nous, en ces temps veules et inquiétants, où l’on veut faire croire que la création et les sciences humaines, relèvent de l’accessoire.

Le mot de la fin, je le réserverai à Maurice Chapelan, essayiste et grammairien, qui avait cette formule malicieuse mais profonde : « Instruction : des pierres dans un sac. Culture : une graine dans un pot ». Je vous remercie.