Vœux à la SACOVIV

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Mercredi 23 janvier 2019.

Le logement en France est devenu le domaine de toutes les injustices, de toutes les inégalités, de toutes les fractures territoriales, de tous les scandales. Dans son dernier rapport, la Fondation Abbé Pierre estime que la hausse des prix des loyers, bouche l’horizon des ménages des couches populaires.

Près de 15 millions de personnes touchées, à un titre ou à un autre, par la crise du logement. Aujourd’hui en 2019, comment notre pays peut-il accepter une telle situation ?

Comment ne pas voir, et laisser faire une spéculation immobilière indécente, qui plonge des familles dans le désarroi, dans la désespérance, dans le déclassement social.

Le logement en France est devenu le domaine de toutes les injustices, de toutes les inégalités, de toutes les fractures territoriales, de tous les scandales. Dans son dernier rapport, la Fondation Abbé Pierre estime que la hausse des prix des loyers, bouche l’horizon des ménages des couches populaires.

Par ailleurs, si la qualité moyenne des logements s’améliore, 4 millions de personnes souffrent de mal-logement, ou d’absence de logement personnel, et le surpeuplement est en forte progression, ces dernières années. La situation ne cesse de se dégrader : le nombre de personnes sans domicile a ainsi augmenté de 50 %, entre 2001 et 2012.

Face à un tel bilan, on serait en droit d’attendre de l’Etat, une politique volontariste, mais c’est tout l’inverse qui se passe.

L’effort public pour le logement était de 2% du Produit Intérieur Brut, en 2008, il est de 1,69% aujourd’hui.

Et pour arranger le tout, Emmanuel Macron, et sa majorité La République en Marche, ont pris pour cibles, les APL et les bailleurs sociaux. Au lieu de s’attaquer au manque de constructions de logements sociaux, le gouvernement s’en est pris aux dispositifs de protection, dans le domaine du logement.

Premier coup porté : la baisse des APL, et son gel annoncé depuis octobre dernier, qui concernent 6,5 millions de ménages en difficulté en France.

Pour la Sacoviv, les bénéficiaires d’APL représentent 51% de l’ensemble des locataires, soit 928 personnes.

Une mesure aveugle, injuste et inefficace, quand on sait que les APL pèsent tout juste, 1% du PIB dans les dépenses publiques.

A titre de comparaison, les dividendes du CAC ont augmenté de 12,8%, en 2018. Je ferme la parenthèse.

Deuxième cible : les bailleurs sociaux. Jamais les organismes HLM n’avaient été autant ponctionnés, par la réduction de loyer de solidarité, à savoir la baisse imposée des loyers, pour compenser la baisse, elle aussi imposée, des APL.

Cette chute des recettes pour les bailleurs sociaux, accompagnée d’une hausse de la TVA de 5,5% à 10%, s’élèvera à 1,7 milliards d’euros par an, à partir de 2020 ! On peut employer le terme de saignée, une saignée ahurissante, alors que les constructions de logements sociaux, sont très largement insuffisantes en France. Derrière cette logique, le gouvernement force les organismes sociaux, à vendre des logements au secteur privé, ou à fusionner.

L’autre conséquence dramatique de ces décisions, et des dispositions de la loi Elan, concerne l’investissement dans l’offre neuve, les réhabilitations, et l’entretien. 66% des bailleurs sociaux déclaraient, qu’ils allaient être contraints de diminuer leur programme d’entretien de 10%, en 2019, et de presque 11%, en 2020. Ça touche le quotidien, le cadre de vie, et le bien vivre ensemble.

Entretien des parties communes, lutte contre les incivilités ou le vandalisme, il faut maintenir cette présence humaine, et ces missions de proximité, auprès des locataires.

Pour le développement de notre territoire, et pour les Vénissians, je n’ai pas peur de dire que la Sacoviv est une chance. Vous prolongez sur le terrain, cette volonté de mettre en place une politique sociale, diversifiée et solidaire, du logement.

Les enjeux urbains de notre ville, croisent les enjeux d’habitat. Les deux revêtent une dimension humaine et sociale, bien évidemment, dans tous les projets que nous menons : le Grand-Parilly-Puisoz, le centre-ville, autour de la gare, et la rénovation urbaine des Minguettes, pour laquelle nous allons signer avant l’été, avec tous nos partenaires, le Nouveau Programme National de Renouvellement Urbain 2017-2024.

Par des opérations ciblées exemplaires, la Sacoviv participe très activement à notre politique de logement, comme un acteur indispensable et incontournable de notre territoire, toujours au service des familles vénissianes les plus fragiles.

Dans son dernier rapport pour l’exercice 2016-2017, j’ai bien évidemment noté, que le motif principal d’attributions de logements de la Sacoviv, concerne les ménages hébergés ou sans solution, à hauteur de 23% !

L’effort porte également sur les ménages, dont l’ancienneté de la demande est élevée, ou ceux dont le logement est trop petit, sans oublier la part des ménages inscrits, au sein de dispositifs prioritaires. Cette dimension d’attention et de proximité de la Sacoviv, est fondamentale pour les familles et locataires, souvent démunis, ou qui se sentent seuls dans les démarches de recherche d’un logement. Rappelons qu’il y a 65 000 demandes de logement social dans la Métropole, pour 11 000 attributions.

Deux ans d’attente en moyenne, pour obtenir un logement, mais si l’on tient compte de l’ensemble des demandeurs en attente, il faudrait désormais 6 ans, pour les loger tous.

Dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, 33 communes sont en deçà des quotas fixés par la loi SRU, de disposer d’ici à 2025, de 25% de logements sociaux.

De fait, dans le Rhône et la Métropole de Lyon, on compte plus d’une dizaine de communes ne respectant pas la loi SRU. Les inégalités géographiques perdurent.

Dans un délai raisonnable, chacun sait qu’il sera impossible de créer suffisamment de logements sociaux, à l’ouest et au centre de la Métropole, pour faire reculer le mal logement des publics prioritaires.

Si l’est de l’agglomération n’avait pas fourni un effort considérable, en matière de construction, depuis des années, imagine-t-on l’ampleur de la crise, à laquelle nous devrions faire face ?

A l’aube de cette année 2019, la situation financière de la Sacoviv s’avère saine, malgré les attaques du gouvernement contre les bailleurs sociaux.

Je passe sur les arguments erronés et mensongers de l’opposition, selon lesquels la loi Elan devrait faire disparaitre la Sacoviv, contrainte de se fondre avec un autre bailleur. Le texte prévoit aussi la naissance de société de “coordination”, dans laquelle chaque bailleur garde son identité, son lien avec sa collectivité, et c’est bien sûr, cette solution qui a été présentée.

Pour cette nouvelle année, comme pour les précédentes, l’objectif est bien de renforcer le rôle de la Sacoviv, parmi l’ensemble des acteurs du logement social. Et vos efforts, ils portent leurs fruits. Effort d’investissement sur le patrimoine, avec les opérations de réhabilitations lourdes au Monery, Le Couloud, puis Croizat, et plus tard Duclos. Effort en matière de gestion, qui permet à la Sacoviv d’afficher une santé financière primordiale, pour garder le cap ambitieux qu’elle s’est fixé.

Efforts considérables enfin, pour améliorer la qualité de services auprès des locataires, toutes ces missions de proximité si importantes, pour mieux vivre dans son logement.

Je voudrais donc remercier le personnel et la direction, autour de Thierry Beaudoux de la Sacoviv, pour toute l’énergie et la détermination déployées, au service des familles vénissianes. Se battre pour le logement social, se battre pour les politiques de proximité, ce sont des combats proches, et âpres par les temps qui courent.

Mais, chacun en conviendra, il y une réelle fierté à les mener ensemble.

Je vous souhaite à toutes et à tous, une année 2019 d’épanouissement et de concrétisation de vos projets, pour vous, vos familles et vos proches, et pour la Sacoviv.

Je vous remercie.