Réaction à l’ article du Progrès du dimanche 1er septembre

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Lundi 2 septembre 2019.

« Après cinquante ans passés aux Minguettes, ils jettent l’éponge » titrait Le Progrès, dimanche 1er septembre. Ce couple d’habitants du plateau a pris la décision de quitter la ville, ou plutôt ils ont le sentiment que les dealers les chassent de leur quartier où ils ont vécu une cinquantaine d’années. C’est inacceptable pour eux bien sûr, mais aussi pour le maire que je suis. Chaque habitant doit pouvoir vivre en tranquillité là où il a choisi de s’installer.
Je connais bien monsieur et madame Gilbert. Je comprends leur détresse et je tiens à leur renouveler mon soutien. Ils ont été en contact avec les services de la ville de très nombreuses fois.  Leur situation n’est pas unique. Une déléguée de quartier avait elle aussi été menacée après s’être exprimée à l’occasion d’une réunion publique. Ceux qui parlent, comme ceux qui se taisent, sont les otages, malgré eux, de ce fléau qui gangrène les quartiers, à Vénissieux, mais également sur tout le territoire français.

Depuis janvier 2019, à ma demande, Vénissieux fait partie du nouveau dispositif de la police de sécurité du quotidien, avec l’arrivée de 30 policiers supplémentaires. La lutte contre le trafic de stupéfiants, l’occupation abusive des parties communes, la réappropriation-sécurisation de l’espace public et la sécurité routière sont les quatre axes  définis en étroite collaboration avec madame le commissaire. Les résultats sont là et les interpellations ont très fortement augmenté. Malgré tous les efforts déployés, avec, par exemple, un groupe de policiers dédié à ce travail d’enquête de longue haleine qui porte ses fruits,  les actions  ne sont pas forcément visibles et tangibles pour les habitants. Les réseaux se reconstituent aussi vite qu’ils ont été démantelés. Surtout, la question de la protection des habitants reste entière. À l’urgence de leur situation, un squat d’allée, un climat d’insécurité insoutenable, des menaces,  ils demandent une réponse immédiate pour ne plus subir, et c’est légitime. Ils ne doivent plus vivre dans la peur, se taire ou s’effacer devant cette mafia qui a confisqué leurs lieux de vie et empoisonne leur quotidien. Sans cela, ils gardent l’impression d’être abandonnés à leur sort par les autorités.

Dans ce cas, comment une protection efficace peut-elle être mise en place ? Quels moyens sont mis en œuvre pour assurer la sécurité des habitants ?  Comment empêcher qu’ils soient les victimes collatérales du travail de police ?  Je demande à l’État des mesures exceptionnelles, des moyens d’actions en termes de police et de justice, et je vais, une nouvelle fois, m’adresser en ce sens au gouvernement.
Rien n’entamera ma détermination.  Les premiers résultats obtenus avec les effectifs renforcés dans le cadre du nouveau dispositif de la police de sécurité du quotidien, me confortent sur l’opiniâtreté de nos efforts conjugués. En matière de sécurité, rien n’est définitivement acquis et le travail doit se poursuivre et s’intensifier. Je suis certaine d’une chose : je refuse que quelques centaines de trafiquants dictent leur loi. Tous les Vénissians ont droit à la sécurité et à la tranquillité, la République doit s’imposer !