Nouvelle unité centrale de production des repas scolaires et sociaux

Voir toutes les actualités

Retrouvez l’intervention de Michèle Picard à l’occasion de l’inauguration de la nouvelle unité centrale de production des repas scolaires et sociaux de la ville, en présence de Monsieur le Préfet délégué pour l’égalité des chances, Secrétaire Général de la préfecture du Rhône.

L’œuvre des cantines des écoles publiques de Vénissieux est créée en 1945. « La ville décide d’attribuer une subvention immédiate de 200 000 francs, pour lui permettre de couvrir l’augmentation du nombre de repas gratuits, servis aux enfants de familles nécessiteuses, fréquentant les écoles publiques ou privées….». Délibération du 1er décembre 1947.

« La gestion de l’œuvre des cantines des écoles publiques, a été scrupuleuse. Les services rendus sont considérables, et justifient la sollicitude que vous lui avez toujours témoignée, dans l’intérêt de l’enfance et de l’école publique ». Nous sommes le 8 avril 1958.

« Après 50 ans, et dans un autre contexte, la restauration scolaire s’affirme plus que jamais, comme le seul moyen efficace, pour servir à chaque enfant, un repas chaud, équilibré, dans un environnement compatible avec les attentes légitimes des familles ». Nous sommes en 1995, à l’occasion des 50 ans de l’œuvre des restaurants d’enfants.

Ces trois extraits de déclaration et de délibération, montrent combien la restauration collective, est liée à l’histoire de notre ville. Elle est le témoin d’une volonté politique, d’une grande avancée progressiste, et du combat pour l’intérêt général.

Elle forme aussi le récit d’une grande famille vénissiane, d’hommes et de femmes, qui se sont passé le relais à travers les époques, pour bâtir une restauration collective de qualité, et ouverte au plus grand nombre, de nos écoliers à nos aînés.

Il y a comme point d’origine, Marguerite Carlet, première présidente de l’œuvre des Restaurants d’Enfants, également Adjointe au maire, et toutes ces empreintes, que Richard Mouton, Joël Fournier et tant d’autres, ont laissées, sans oublier les passerelles que Paul Latta a su dresser, entre le lycée Hélène Boucher et notre équipement. C’est un collectif qui a primé, le collectif d’équipes dévouées, qui ont fait de la cuisine centrale ce qu’elle est : un outil de pointe, un outil public, au service de générations d’enfants et de Vénissians.

Aujourd’hui, l’inauguration de la nouvelle cuisine centrale rejoint cette longue histoire, dont les étapes les plus récentes, sont la création, en 2 000, de la Régie Autonome de Restauration Scolaire et Sociale, et la certification à la norme Iso 9001, en 2008.

Mais surtout, cette journée s’inscrit dans un cadre plus large : garder une maîtrise publique d’enjeux aussi cruciaux, que la santé, la restauration collective et l’équilibre nutritionnel des repas servis aux enfants vénissians ! Le mot crucial n’est pas disproportionné, quand, en période de crise comme ces dernières années, le repas à l’école constitue, pour bon nombre d’enfants, le repas le plus équilibré, et le plus copieux de la journée.

C’est un choix politique que j’assume, mais que l’on ne me parle de coût, quand il s’agit d’un investissement ! A ce compte-là, la culture, c’est un coût, les politiques sociales, c’est un coût, le sport pour tous, c’est un coût.

Une fois que vous aurez externalisé les missions des communes, que restera-t-il des politiques de proximité, pour garantir la cohésion sociale, territoriale et la justice sociale, dans tous les quartiers de Vénissieux ? Je ne veux pas d’une ville à la carte, dont on se sert en fonction de ses moyens financiers, d’une ville réduite à une chambre d’enregistrement, sans cap ni gouvernail. La construction de la nouvelle cuisine centrale fait partie de ce débat-là , car notre investissement incarne l’intérêt général , et non pas l’intérêt particulier.

Au début des années 60, plus de 141 000 repas étaient servis, dont 10 500 à titre gratuit.

Dix ans plus tard, nous passons à 242 000 repas, dont 26 500 à titre gratuit.

En 2018, la Régie de restauration a produit et livré, près de 585 000 repas. Régulièrement, ce sont plus de 5100 repas qui sont commandés par jour.

Le secteur scolaire représente 90 % de son activité. Nous comptons 42 restaurants scolaires, des écoles maternelles et élémentaires publiques de Vénissieux, dans lesquels 117 agents des écoles, assurent la mission de service à table. Le secteur social représente 10 % de l’activité de la cuisine centrale : 7 crèches municipales et associatives, 2 résidences de personnes âgées, 1 foyer soleil, et un centre social.

A Vénissieux, 9 300 enfants sont scolarisés dans le 1er degré. 5 960 enfants fréquentent la restauration scolaire, et chaque jour, plus d’un enfant sur trois, bénéficie de ce service.

Les enfants vénissians scolarisés dans les écoles primaires, sont de plus en plus nombreux à manger à la cantine. Entre 2008 et 2017, il a été observé une progression de + 49% du nombre de repas scolaires commandés.

La nouvelle cuisine centrale répond à cette croissance régulière des effectifs, elle vient, par ailleurs, de recevoir l’agrément officiel de la direction départementale de protection des populations, pour la production de 7 000 repas par jour, avec un niveau d’hygiène qualifié de “très satisfaisant”.

Le projet a été pensé comme un bâtiment plus fonctionnel et ergonomique, permettant d’augmenter la production de repas, tout en générant une baisse des coûts de maintenance, avec des matériaux durables, une utilisation optimale des énergies, une évolution vers des modes de cuisson alternatifs, des aménagements spécifiques pour la gestion des déchets, et le tri sélectif.

En aval, le travail mené pour améliorer l’accueil, a consisté à agrandir les locaux pour les écoles maternelles, et à créer des self-services pour les enfants d’élémentaires.

Depuis 2013, 6 selfs ont vu le jour, et deux autres sont programmés à l’école Charréard, en septembre 2019, et l’école Moulin-à-Vent, en septembre 2020.

Derrière ces changements des modes de distribution, nos objectifs pour les enfants sont restés les mêmes : accueillir plus d’écoliers, tout en respectant les temps de repas, et en éduquant au goût et au respect de la nourriture.

Il y a l’organisation, impressionnante, qui montre la détermination et les savoir-faire de tous les agents, pour offrir et défendre une restauration collective de grande qualité. 304 tonnes de produits alimentaires commandés, réceptionnés, cuisinés, plus de 16 000 kilomètres parcourus à l’année, par nos véhicules réfrigérés, cela donne une idée des rouages mis en action, pour animer cette longue chaîne alimentaire.

Je crois qu’on peut chaleureusement féliciter la direction, et les équipes de la cuisine centrale, qui font toujours preuve de professionnalisme, même dans les périodes plus tendues, comme lors du déménagement, ou de la prise en main du nouveau matériel. Le personnel a été associé à l’élaboration du projet, et la nouvelle cuisine centrale a clairement bénéficié, de cette connaissance incomparable du terrain et du quotidien.

Notre cuisine centrale joue un rôle pivot, au croisement des missions de politique sociale, d’éducation, de santé et d’environnement de Vénissieux. Nos tarifs font partie des plus accessibles, et des moins élevés de l’agglomération lyonnaise. En fonction du quotient familial, le tarif par jour, varie entre 1 euro et 3 euros 70, pour les Vénissians.

En matière d’éducation, notre ville considère que le moment du repas, doit être un temps convivial et d’apprentissage du comportement à table. Les équipes encadrantes invitent à goûter à tous les plats, dans une optique d’apprentissage à l’éducation nutritionnelle. Les menus à thèmes, notamment lors de la semaine du Goût, sont l’occasion d’un travail partenarial, au bénéfice du développement de l’éducation et de la découverte.

Depuis 2016, la semaine du goût s’inscrit dans la démarche de projet Éducatif, en favorisant la transversalité et la cohérence, entre les directions du pôle éducatif de la Ville de Vénissieux, et en renforçant les partenariats, avec différents acteurs locaux du territoire. Chaque mois, un produit est mis à l’honneur, afin de faire découvrir la variété des recettes de ce produit de saison.

Le repas à thème mensuel, crée une animation dans la variété des menus. Sa périodicité est hebdomadaire, pendant la période estivale. A travers l’éveil de l’enfant, et son ouverture au monde et à d’autres modes d’alimentation, le temps du repas doit rester le temps du vivre ensemble, un temps pour réunir, et non pour diviser. Cette ligne directrice ne se décrète pas, elle se travaille, et s’accompagne d’une démarche pédagogique d’invitation au goût, et à la différence.

En termes de santé, notre Ville s’est engagée fortement, pour la qualité, la variété et la diversité des menus, à travers les missions de la diététicienne, au sein de la régie de restauration.

Afin de garantir un repas équilibré à chacun de ses convives, les menus proposés par la Ville, sont adossés au Programme national nutrition santé, un plan qui vise à améliorer l’état de santé de la population, en agissant sur l’un de ses déterminants majeurs : la nutrition. La part du bio est maintenue, avec 22,20% d’achats de produits bio, dans les menus 2018, correspondant à plus d’un tiers de composantes bio, dans les menus (37,22%).

Je veux mentionner aussi, toutes les actions développées par l’Atelier Santé Ville relatives au surpoids chez l’enfant, au sport et à la santé, au programme « bien manger, bien dormir, bien bouger », pour les collégiens de 11 à 16 ans.

La dimension environnementale sort, elle aussi, renforcée de cette nouvelle cuisine centrale. L’accent a été mis depuis des années, sur l’approvisionnement local, les circuits courts. La lutte contre le gaspillage a fait l’objet d’étude et d’actions. En cas de surplus de production, si les conditions le permettent, les portions concernées font l’objet de dons alimentaires, au bénéfice principalement, des Restos du Cœur de Vénissieux.

L’inauguration de notre nouvelle cuisine centrale ne marque pas la fin d’une histoire, mais le début d’une nouvelle ère, dans la continuité du développement d’un ambitieux service public de la restauration collective.

L’État a compris et validé cette ambition, en attribuant une subvention, au titre de la Dotation politique de la ville, d’1,2 million d’euros, et en soutenant les investissements liés aux travaux d’aménagement, dans nos groupes scolaires.

Je profite de l’occasion pour remercier le préfet à l’égalité des chances, ici présent, Monsieur Emmanuel Aubry, ainsi que le cabinet d’architectes AAMCO, et toutes les nombreuses entreprises, qui ont contribué à la construction et l’équipement du bâtiment.

Dès la rentrée prochaine, les recommandations des médecins et diététiciens, pour une alimentation saine, durable et accessible à tous, intégrées à la loi Egalim, seront suivies par notre restauration collective.

La volonté de diversification des protéines, se traduira par l’instauration d’un menu végétarien par semaine, pour tous, en plus d’une alternative végétarienne à l’élément carné. Les tests auxquels nous avons procédé jusqu’à présent, montrent que les menus végétariens ont besoin d’être cuisinés, sans quoi, les enfants peinent à les apprécier. Je sais qu’ici, les talents de la cuisine centrale sauront les rendre appétissants.

Le choix du service public s’impose à nous, bien évidemment, tant nous voulons agir sur la santé, l’éducation, et le bien-être de nos enfants. Nous voulons en être les acteurs, et pas les spectateurs.

Le temps méridien est un temps précieux, de partage, de convivialité, et nous allons entreprendre, avec tous les acteurs de terrain, un travail pédagogique sur le vivre ensemble, qui commence à n’en pas douter, dans nos écoles, dans nos cantines, mais aussi dans le « jouer ensemble » et le « manger ensemble ».

Cette nouvelle cuisine centrale est l’un des plus importants investissements du mandat, à hauteur de 8,8 millions d’euros. Il est utile pour les conditions de travail des agents, utile pour la santé de nos enfants et de nos aînés, utile pour le plus grand nombre et pour toutes les familles, utile pour nos écoles, crèches, résidences …

Toutes ces utilités portent un nom, et un seul : l’intérêt général.

Je vous remercie.