“Les Chemins de la mémoire”

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Mardi 7 mai 2019.

L’initiative, Les Chemins de la Mémoire, organisée chaque année par l’USEP du Rhône, l’association sportive des écoles publiques, du 1er degré, entre en totale résonance avec les politiques éducatives, que notre ville met en place à l’égard de l’enfance, et de la jeunesse vénissianes.

On ne naît pas citoyen, on le devient. Comme pour tout apprentissage, il s’agit donc d’un accompagnement, et d’un cheminement, d’une main tendue. Quand j’ai eu votre âge, j’ai eu la chance d’écouter, dans mon école à Vénissieux, les témoignages de résistants, tout comme j’entendais mes parents et grands-parents, parler de la seconde guerre mondiale, toujours avec la même émotion. Je n’en ai pas saisi toutes les dimensions, bien sûr, mais ces paroles m’ont marquée, guidée, et ont suscité ma curiosité.

Elles sont venues à moi pour que j’explore, et découvre leur histoire. Le moment clé, c’est cette invitation, à aller vers autre chose, à étoffer ses connaissances, à approfondir tel ou tel sujet, une invitation, que chacun de nous peut saisir.

L’initiative, Les Chemins de la Mémoire, organisée chaque année par l’USEP du Rhône, l’association sportive des écoles publiques, du 1er degré, entre en totale résonance avec les politiques éducatives, que notre ville met en place à l’égard de l’enfance, et de la jeunesse vénissianes.

Nous sommes donc fiers, et enchantés, de recevoir les écoliers de quatre classes de Vénissieux, Louis Pergaud, l’école du Centre et Flora Tristan, conviés à ces Chemins de la Mémoire.

Je tiens à remercier la Présidente de l’Usep Vénissieux-Feyzin, Carole Gobled, les organisateurs de la manifestation, mais aussi l’association Viniciacum, et notre (nos) grand(s) témoin(s) du jour, Roger Gay (et Jacqueline Sanlaville), ancien(s) combattant(s) et membre(s) de l’ANACR, sans oublier les conseillers de l’Education Nationale.

Pour découvrir une ville, et son histoire, rien ne vaut la marche, ce temps long pris à la routine, et à la frénésie du quotidien. L’œil devient neuf, curieux, il va vous faire découvrir, sous un autre angle, des lieux qui vous sont pourtant familiers.

Qu’y a-t-il sur cette place ?

Qu’incarne cette école ?

D’où vient cette maison du peuple ? Une ville est aussi, un condensé de mémoire. Une pierre peut cacher une histoire, et une histoire se cacher derrière une statue, un bâtiment, un parc.

Etre Vénissian, c’est être ancré à son territoire, pour le vivre au présent, le découvrir au passé, et l’imaginer demain. Tout individu se connaît mieux, lorsqu’il prend conscience de ses racines. Comprendre d’où l’on vient, c’est déjà se projeter vers des possibles, c’est savoir là, où on veut aller, et là où on ne veut pas aller.

Tout individu, décrypte mieux le temps présent, à l’aune de sa propre histoire. Pour les enfants que vous êtes, c’est ce cheminement qui devient une pédagogie, et c’est cette voie qui forge votre esprit critique, et votre liberté de pensée.

Je me souviens d’un instituteur, qui ne cessait de répéter : « L’histoire, ça ne s’apprend pas, ça se comprend ». Car l’histoire, ne s’écrit pas seulement au passé, ne se résume pas à une date, ou à un personnage illustre, elle s’écrit devant nous, parmi nous, dans nos gestes, et nos décisions au quotidien, dans l’environnement qui nous entoure. Il faut donc savoir la lire, et l’interpréter.

Si j’ai tenu à créer le Conseil Municipal d’Enfants en 2012, c’est justement pour inviter les enfants, à écrire leur propre histoire, dans un cadre de liberté, et de contraintes : le respect de l’autre, et le respect des règles démocratiques. Ce parcours vers la citoyenneté, les jeunes élus en font l’expérience au quotidien, dans la réalisation de leur projet, mais aussi à travers les visites, que nous avons organisées au musée de la Résistance et de la Déportation, ou lors des commémorations historiques, auxquelles ils sont conviés.

Le rapport au passé, et la lecture du temps présent, sont devenus un enjeu de société crucial. C’est la démocratie de demain, qui s’y joue.

Comment devons-nous transmettre l’histoire, alors que les témoins de la résistance, ou des camps de concentration, sont de moins en moins nombreux ?

Comment faire parler, la guerre de 14-18, alors que plus aucun poilu, n’est parmi nous ?

A l’heure du numérique, et de l’information instantanée, de la caisse de résonance, des réseaux sociaux, comment distinguer, le vrai du faux, l’histoire de la manipulation ? Comment, face à l’émotion, garder son esprit critique, et son libre arbitre ?

Les Chemins de la Mémoire, auxquels vous allez participer, intègrent toutes ces dimensions : le thème choisi, de  l’Europe à l’épreuve des deux guerres, n’est-il pas le prélude de l’Europe de paix, qui s’est construite par la suite, et que nous voulons garantir pour les prochaines générations. Tout est lié.

Alors, bonne marche à vous, ouvrez l’œil, et votre curiosité, et surtout bonne marche, dans les pas de l’histoire vénissiane.

Je vous remercie.