Volvo ou comment aborder le déconfinement avec la suppression de 463 postes

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17 juin 2020

Voici la réaction de Michèle Picard, maire de Vénissieux et conseillère métropolitaine après l’annonce de la surpression de 463 postes en France chez Renault Trucks SAS.

“Face à cette situation, l’État doit prendre ses responsabilités et refuser de laisser un grand groupe, comme Volvo, licencier, qui plus est dans le contexte actuel. Le Covid-19 ne saurait-être « le Patient Zéro » d’une épidémie économique.”

Le groupe Volvo vient d’annoncer la suppression de 463 postes en France chez Renault Trucks SAS, à l’automne prochain. Sur le site de Lyon / Saint-Priest / Vénissieux, ce sont 360 emplois supprimés dont 285 au secteur « Recherche et Développement », alors même qu’un projet de nouveau centre « R & D » était annoncé pour 2021. Pour le  groupe, la crise économique mondiale due au Covid 19 aurait impacté les activités du géant suédois du poids lourd, qui, par ces suppressions, entend réajuster ses effectifs afin de restaurer sa compétitivité.

Une décision incompréhensible et inacceptable ! 

Les emplois comme variable d’ajustement… alors que, depuis des années, Volvo a accumulé des milliards d’euros de bénéfices, multipliant par 3 les dividendes versés aux actionnaires. Sans compter que Renault Trucks a eu recours, depuis mi-mars, à l’activité partielle, financée à hauteur de 70 % des salaires bruts par l’État. Une aide substantielle qui a dû réduire l’impact financier de cette période.

La grave crise sanitaire que nous venons de traverser a, sans aucun doute, touché de nombreux secteurs d’activités, notamment les PME et les commerces. Dans les semaines, les mois à venir, la situation de millions de salariés risque de devenir catastrophique. Les grandes entreprises doivent-elles en rajouter et profiter de la crise pour installer plus de flexibilité, plus de licenciements, alors qu’elles sont rentables, font des bénéfices et profitent, en plus, d’aides gouvernementales. Rappelons-nous que déjà, en 2014 et 2015, Renault Trucks avait mené des plans sociaux pour améliorer la rentabilité du groupe Volvo.

Face à cette situation, l’État doit prendre ses responsabilités et refuser de laisser un grand groupe, comme Volvo, licencier, qui plus est dans le contexte actuel. Le Covid-19 ne saurait-être « le Patient Zéro » d’une épidémie économique.  Au lieu de détruire nos emplois, nos entreprises et les droits des salariés, prenons, au contraire, un autre chemin vers ce fameux monde d’après tant annoncé.

Monsieur le Président, je vous demande de confiner toute nouvelle attaque sur les emplois, de refuser  cette nouvelle saignée et défendre dans les actes l’industrie française.