Conseil municipal : Police municipale

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CONSEIL MUNICIPAL DU 4 OCTOBRE 2021 - Intervention de Michèle PICARD sur le rapport n°19 « RESSOURCES HUMAINES. Régime indemnitaire de la police municipale. »

Fidèle à elle-même, je reconnais à l’opposition au moins une vertu : celle de faire preuve de démagogie et de faire croire que l‘inaction règne, quand tous les acteurs de terrain sont mobilisés au quotidien, 7 jours sur 7. Un discours méprisant et mensonger, inacceptable en tout point !

Je vous le dis avec franchise : instrumentaliser les problèmes de sécurité n’est pas sérieux, vouloir les réduire au seul territoire vénissian, alors que toutes les villes en France font face à des problèmes de délinquance et d’incivilités, est grotesque.

Enfin, j’aimerais leur rappeler que leurs mesures en termes de sécurité, déconnectées de toute réalité budgétaire, les Vénissians les ont rejetées, en juin 2020.

Sans entrer dans des détails trop techniques, les agents de la filière Police Municipale relèvent de dispositions spécifiques. Notre ville a décidé de jouer sur les deux leviers en attribuant aux agents l’indemnité spéciale de fonction et l’indemnité d’administration et de technicité. C’est un marqueur fort de la spécificité de ce métier, de la prise en compte de la réalité du terrain, qui nous permet également de rester attractifs parmi les villes de l’agglomération, en termes de carrière et de recrutement.

Je voudrais maintenant revenir sur tout le travail réalisé par la police municipale dans le cadre de ses compétences, par notre ville, avec l’ensemble de nos partenaires, en matière de sécurité publique.

La police municipale, c’est 34 agents déployés dans une stratégie bien définie de tranquillité et de sécurité. A cet effectif s’ajoutent les ASVP, le Centre de supervision urbain (CSU), la Sécurité civile, l’inspection hygiène et salubrité. En tout, 75 agents se consacrent, chacun dans son domaine, à la sécurité et à la tranquillité des Vénissians.

En termes de prévention et répression, notre ville ne cesse d’adapter ses dispositifs face à une délinquance et des incivilités qui changent, et qui rongent et minent la vie des quartiers. Nous avons ainsi procédé à plusieurs réformes structurantes.

Le CSU est devenu opérationnel en octobre 2018, 7jours/7, 24H/24. Cette évolution s’est accompagnée d’un doublement des effectifs, d’un standard ouvert 24h/24 et d’investissements conséquents dans le matériel numérique.

Autre réforme, le développement de la vidéo-protection, avec 24 caméras supplémentaires qui seront installées en 2022. Notre parc à l’heure actuelle se compose de 132 caméras. Que les choses soient claires : mettre une caméra pour mettre une caméra ne sert à rien. Il faut qu’il y ait une stratégie, que son installation soit le fruit d’une étude de terrain et d’un constat partagés par l’ensemble de nos partenaires, que son déplacement ou son déploiement en fasse un outil plus opérationnel.

Pour les agents ASVP, notre objectif est de tripler les effectifs, ce qui permettra de recentrer la Police Municipale sur son cœur de mission en matière de sécurité publique.

Au sujet de la prévention, nous allons donner une résonance plus forte encore à notre Forum de prévention des addictions dans le cadre d’un forum santé-prévention. L’accent est mis également sur des actions de prévention routière auprès des jeunes et des seniors. L’année dernière, la crise sanitaire nous a handicapés dans la réalisation de cet objectif, nous allons donc mettre les bouchées doubles. Je rappelle par ailleurs que la vidéo-verbalisation est en place à Vénissieux depuis juin 2017.

Aux donneurs de leçons de l’opposition, je vais mentionner quelques dates et quelques principes.

Lutter contre la délinquance et les incivilités, ce n’est pas le travail d’un acteur de terrain, mais une concertation et une collaboration étroite entre tous nos partenaires : la police nationale, la justice, les bailleurs, le Sytral. C’est le cas à Vénissieux.

Qui oserait dire que notre ville n’est pas à la pointe de ce combat-là.

  • 2012 : mise en place de la Zone de Sécurité Prioritaire des Minguettes.
  • 2017 : demande de notre ville pour expérimenter le dispositif de police de sécurité du quotidien.
  • 1er janvier 2019 : notre ville fait partie des 30 premiers quartiers de reconquête républicaine, dont les objectifs sont de renforcer la présence des forces de l’ordre sur le terrain, de mettre en place des actions pour démanteler les trafics de stupéfiants et les réseaux de l’économie souterraine, d’établir de nouvelles relations avec la population.

Avec l’ancienne Commissaire de Vénissieux, nous avons défini en commun les quatre axes stratégiques : la lutte contre les trafics bien évidemment, l’occupation abusive des parties communes, la réappropriation/sécurisation de l’espace public, la délinquance routière, en particulier celles des deux- roues. Pour le commissariat de Vénissieux, notre engagement dans le dispositif de PSQ a permis l’arrivée de 26 effectifs supplémentaires, la création d’un groupe de voie publique. Par ailleurs, nous demandons la présence plus régulière des motards CRS sur notre territoire, comme cela avait été le cas avant le 1er confinement. Les résultats sont là : en 2019, 90 kilos de produits saisis et 20 personnes écrouées.

Lutte contre l’incivilité routière : 32 deux-roues saisis par la Police Municipale dans le cadre de la procédure de confiscation des deux-roues non homologués.

Les résultats, ils sont aussi dans la perception des habitants qui, contrairement à l’opposition, font preuve de plus lucidité et sont conscients du travail effectué sur les points de deals et sur la lutte contre les rodéos. Dans un esprit d’adaptation constante à la réalité du terrain, un travail est en cours, en vue de la mise en place de nouveaux dispositifs. J’en informerai les habitants le moment venu.

Alors, est-ce suffisant ? Non. Doit-on se satisfaire des résultats obtenus ? Non. Citez-moi une ville en France qui a résolu les problèmes de délinquance et d’incivilités du jour au lendemain ? Il n’y en a pas. Existe-t-il une solution miracle ? Pas plus.

Les habitants apprécient de voir la présence des forces de l’ordre sur le terrain, même si la question des mortiers, des nuisances sonores, des rodéos, des stupéfiants perdure. C’est un travail de longue haleine, un travail de terrain, de présence, d’étroite collaboration avec tous nos partenaires, qui est entrepris à Vénissieux.

A ce titre, la mission régalienne de l’Etat doit être accompagnée par une volonté politique sans faille. On en revient toujours au même problème. Sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, près de 13 000 postes de police nationale et gendarmerie ont été supprimés. On ne les a jamais retrouvés depuis. Les effectifs de CRS ont chuté de 20% depuis 2007. En dix ans, entre 2005 et 2014, les douaniers ont perdu près de 2 700 postes, et diminuent en moyenne de 250 postes par an. Pour la lutte contre le trafic de stupéfiants, ce sont des moyens humains qui manquent cruellement.

On considère, par ailleurs, qu’un commissariat sur quatre est vétuste en France. Un état des lieux que l’on peut étendre à la justice, avec des tribunaux submergés et un manque de personnel criant.

L’Etat doit donner l’impulsion, s’engager franchement tant en moyens humains, en présence sur le terrain, qu’en équipements de la Police Nationale pour faire reculer la délinquance et l’économie souterraine qui rongent la vie des quartiers et de leurs habitants dans de trop nombreuses villes en France.

Jamais dans son histoire Vénissieux n’a fait preuve de naïveté, d’angélisme, elle se bat tous les jours, dans tous les territoires pour faire respecter ce droit essentiel à la tranquillité et à la sécurité.

Une chose est sûre : ce n’est pas la démagogie qui nous fera avancer sur ce terrain-là.

Je vous remercie.