Conseil municipal : Conseil Local de Santé Mentale

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Conseil municipal du Mardi 6 mars 2021

Rapport n°7 – Avenant n°1 à la convention relative au Conseil Local de Santé Mentale.

Depuis plusieurs années, les professionnels psychiatriques et personnels paramédicaux, manifestent dans la rue pour interpeller le gouvernement. Ils n’ont cessé de lancer un véritable cri d’alarme, face à la détérioration de leurs conditions de travail, et à l’incapacité matérielle d’accueillir les patients. Les centres médico-psychologiques sont saturés, les urgences psychiatriques, débordées, deviennent la porte d’entrée du système. Un chiffre suffira à mesurer l’ampleur du chaos : en France, entre 1990 et 2016, le nombre de lits d’hospitalisation pour 100 000 habitants, a baissé de moitié ! La santé mentale, parent pauvre de la médecine dans notre pays, délaissée par les pouvoirs publics, la question mérite d’être posée.

Or, la pandémie actuelle rebat les cartes, et illustre combien l’accompagnement psychiatrique est indispensable, dans des périodes aussi anxiogènes que la nôtre. Car la crise sanitaire va laisser des traces psychologiques profondes et durables dans la population. Les périodes de confinement, la distanciation physique, la peur de la contamination, l’isolement contraint des personnes âgées, sans voir leur famille pendant des mois, la rupture avec les sources d’épanouissement et de loisirs, les difficultés financières, autant de paramètres explosifs et d’effets à retardement, qui affectent déjà et vont affecter, une grande partie de la population.

Imagine-t-on ce qu’est la vie d’un enfant ou d’un adolescent, sous un masque depuis plus d’un an, l’angoisse ou la culpabilité qu’il peut ressentir, la représentation du monde qu’il s’en fait, un monde sans contact, sans le toucher, sans proximité, sans complicité, sans chaleur humaine ?

Dans ce contexte, notre Conseil Local de Santé Mentale, créé en 2000, et fruit d’un partenariat entre les Villes de Vénissieux, Saint-Fons et l’association recherche handicap et santé mentale Saint-Jean-de-Dieu, est un outil utile et précieux, au service d’habitants fragilisés par la crise sanitaire. Cet avenant concerne le poste de coordinateur CLSM, qui sera porté à partir du 1er mai 2021 par la Ville de Vénissieux. L’intégralité de la subvention ARS sera versée à notre ville. Les missions de prévention du coordinateur se répartiront de façon équitable, entre les deux communes. De nombreuses collectivités se dotent aujourd’hui de nouveaux CLSM. Le nôtre fait partie des pionniers, et son ancienneté renforce notre expérience, en matière de santé mentale de nos territoires.

Les cofinancements de tels outils sanitaires sont un enjeu majeur, pour leur bon fonctionnement. Nous avons besoin que l’ARS continue de s’impliquer, et de s’engager financièrement, à Vénissieux, dans le souci bien évident de ne pas mettre en concurrence, à terme, les CLSM entre eux, à savoir entre les plus anciens et les plus récents.

A l’aune de la période compliquée qui s’ouvre, la thématique de la santé mentale nécessitera la présence, la mobilisation et le déploiement des compétences de tous les acteurs de terrain, et de tous nos partenaires.

Je vous remercie.