Pour l'hôpital des gens, pas l'hôpital de l'argent !

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Lundi 13 mai 2019.

Retrouvez l’intervention de Michèle Picard, maire de Vénissieux, Conseillère métropolitaine lors du Conseil de la métropole du lundi 13 mai sur le rapport N° 2019-3481 : « Conseil de surveillance des Hospices Civils de Lyon (HCL) – Désignation d’un représentant du Conseil »

Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs,

L’accès à la santé, s’est ouvertement imposé dans le cadre du grand débat national, comme une préoccupation majeure des Français, tout comme la justice fiscale, et le retour de l’ISF. Des sujets qui avaient pourtant été soigneusement écartés, des thématiques officielles.

Partout en France, la colère monte contre un système hospitalier saccagé, depuis des années, par la rigueur budgétaire. L’hôpital public est en danger : suppressions de lits, restructurations, fermetures de services et d’hôpitaux, urgences surchargées, sous-effectifs chroniques. Ces 20 dernières années, la moitié des maternités a fermé, et il reste moins de 700 services d’urgence pour l’ensemble du territoire. Les infirmières et aides-soignantes, des urgences du Centre Hospitalier de Valence, ont exprimé tout ce désarroi, à travers une vidéo archi-vue : « Y’a d’la colère dans le cathéter ! ».

L’an dernier, lors du Tour de France pour la défense de l’Hôpital Public, organisé par les parlementaires communistes, notre groupe a pu rencontrer, les représentants syndicaux, et les professionnels de l’hôpital. Tous décrivent une situation d’urgence, et remettent en cause la politique de casse, du service public hospitalier.

Nous apportons notre soutien aux personnels qui luttent, pour défendre l’hôpital public, ceux qui le font vivre au quotidien, à St Jean de Dieu, au Vinatier, à Henri Gabrielle, ou dernièrement à la clinique des Portes du Sud, et aux urgences de la Croix-Rousse. Notre groupe est solidaire des actions menées, par les personnels, patients et familles, pour le droit à l’accès aux soins pour tous.

L’hôpital public est sabordé. Il ne subsiste que, par l’abnégation de ses personnels, totalement dévoués aux patients qui, quant à eux, subissent les conditions d’un service public dégradé. Les familles, parfois plongées dans le désarroi, sont en droit de réclamer, de meilleures conditions pour les malades, et les soignants.

Que penser d’une société, qui détourne le regard vis-à-vis des plus fragiles ? La situation des EHPAD a ému la France. Comment accepter, que les dégradations aboutissent, à la maltraitance des patients, et des soignants ?

En matière de santé psychiatrique, les besoins augmentent de façon exponentielle. C’est le syndrome d’une société, qui souffre et qui dérape. Mais au lieu d’une réaction, positive et responsable, pour secourir et accompagner ces femmes, ses hommes, ses enfants, ses familles en souffrance, ce sont des centres médico-psychologiques qui ferment. Au Vinatier, 400 lits ont été supprimés entre 2012 et 2019. La psychiatrie, reste l’éternel parent pauvre, des politiques de santé publique. Notre groupe est venu apporter son soutien, lors de la journée d’action du 28 mars dernier, à l’Hôpital Saint-Jean de Dieu, contre une restructuration, qui aura des conséquences catastrophiques.

Concernant les Hospices Civils de Lyon, depuis 2012 ce sont 1500 postes supprimés, 400 lits fermés, des activités de cardiologie abandonnées, et dans certains secteurs, la précarisation de 50% des personnels.

On saborde le service public, pour laisser la place au privé lucratif. Rentabilité ! Voilà l’objectif du gouvernement Macron, et des gouvernements précédents.

Nous dénonçons le diktat de Maastricht, et l’impact des politiques européennes. Ce que nous démontrons pour l’hôpital public, est malheureusement transposable ! C’est ce même schéma, qui a été utilisé pour EDF/GDF, avec l’explosion des tarifs pour les usagers, et l’encaissement des bénéfices pour les actionnaires. C’est également ce même processus en cours à la SNCF. Seul le groupe confédéral de la gauche unitaire (dans lequel siègent nos députés communistes), s’est opposé à la privatisation du fret. Avant la privatisation c’est 20% des marchandises transportées sur rails. Après la privatisation, plus que 10%, tout le reste est passé sur la route, avec l’impact écologique que nous connaissons. Dernier exemple avec la privatisation des barrages. Un pur scandale quand on sait l’avenir, que représente ce type d’énergies renouvelables.

Hôpitaux, école, transport, énergie, notre groupe prend la parole, pour défendre les services publics, car c’est notre bien commun.

La méthode de destruction est simple, tout commence par une campagne de dénigrement. Comme fin mars, le journal le Figaro, se faisant le porte-parole du Ministre Darmanin, en indiquant que 310 000 fonctionnaires de la Fonction Publique d’Etat, travailleraient moins de 35h par semaine. Le gouvernement, et ses alliés distillent un venin destructeur, en répétant que les fonctionnaires, ne travaillent pas assez, qu’ils s’absentent trop souvent, qu’ils coûtent trop cher, et sont donc responsables d’une trop grande pression fiscale ! Ceux qui veulent tuer le service public expliquent, qu’il ne fonctionne pas bien, à cause d’un droit du travail trop permissif. La porte est grande ouverte à la rentabilisation : on torpille les statuts, on supprime les jours de carence, on gèle les points d’indice, on réduit les effectifs. C’est sûr cette logique mortifère qu’Emmanuel Macron, a séduit une partie de son électorat, avec la promesse de supprimer 120 000 postes, dans la fonction publique. Ce discours idéologique, vise à faire passer le message de la privatisation, avec à la clé, des bénéfices pour les actionnaires.

Ma démonstration, nous ramène vers la question de la santé, d’un côté on saigne l’hôpital public, et de l’autre on ouvre un très beau, mais très privé Médipôle. Les activités les plus lucratives, y sont détenues par l’opérateur privé Ramsay, les activités les moins « rentables », et les plus risquées sont à la charge de la mutuelle. Le service d’urgence attire des patients, puisqu’ils n’ont pas d’autres possibilités. Mais dès qu’ils sortent des urgences, pour être acceptés dans un service Ramsay, ils deviennent des clients, avec des dépassements d’honoraires, et des prix parfois pratiqués en fonction, du taux de remboursement de la mutuelle.

Nous sommes bien ici, dans l’accélération de la privatisation des activités de santé, contre laquelle nous protestons.

Pour nous, le seul modèle à défendre, c’est l’hôpital des gens, pas l’hôpital de l’argent !

Je vous remercie.