Conseil de Métropole : Association la Ruche industrielle

Voir toutes les actualités

Intervention de Michèle Picard lors du Conseil de Métropole du 18 mars à l’occasion du vote du rapport N° 2019-3348 : « Association la Ruche industrielle – Approbation des statuts – Désignation de représentants du Conseil -»

Monsieur le Président,

Mesdames, Messieurs,

Heureusement que les médias locaux et nationaux, ont relayé l’information autour du site de l’industrie du futur, du campus industriel et de la ruche, pour permettre aux élus municipaux que nous sommes, d’apprendre quelques petites choses, sur l’évolution de ces dossiers, qui sont tout de même de la plus haute importance, pour le développement économique de nos territoires, et pour nos populations. Nous déplorons ce manque de communication, en direction des élus directement concernés.

Oui, le développement économique est un sujet primordial. Alors, vous comprendrez, monsieur le Président, que la Ville de Vénissieux soit mécontente, de ne pas avoir été associée ni même informée, de votre grande opération marketing « Lyon Parilly Factories ».

La Ville de Vénissieux possède un service économique, et ce n’est pas pour faire joli ! Il s’agit d’une volonté politique, et de moyens que la Ville juge nécessaire de consacrer à établir un vrai partenariat, avec la Métropole, les entreprises et leurs associations, la Chambre de Commerce et d’Industrie, Pôle Emploi et la Mission Locale. Notre objectif est d’associer les habitants, au développement économique et urbain du territoire. Comme dans toutes les villes populaires, le chômage à Vénissieux est bien trop élevé, et au-dessus de la moyenne nationale. Les jeunes, et les plus de 55 ans, sont frappés très durement. A diplôme égal, il y a environ, deux fois plus de chômage, chez les jeunes issus des quartiers populaires, une injustice contre laquelle nos équipes se mobilisent.

C’est un travail au quotidien que nous menons, pour animer un réseau d’entreprises, et rapprocher les publics de l’emploi. Notre charte de coopération réunit, aujourd’hui, 108 entreprises, impliquées dans plus d’une cinquantaine d’actions organisées par la Ville et ses partenaires. Depuis 2014, le nombre d’heures d’insertion a augmenté de 231%, avec plus de 32 000 heures déjà effectuées, sur le chantier Puisoz-Grand Parilly, par 114 personnes. Nous espérons idéalement, que ce travail d’insertion débouche sur des emplois stables, et nous nous réjouissons des opportunités de recrutements, à l’occasion de l’ouverture des enseignes Ikéa et Leroy Merlin.

Permettez-moi de rappeler à cette assemblée, que le nouveau quartier Puisoz-Grand Parilly, se situe toujours sur la commune de Vénissieux… je préfère le préciser, car dans la communication métropolitaine, on pourrait avoir l’impression qu’aucune autre ville, à part Lyon, n’existe. J’avais déjà soulevé cette dérive en avril 2018, lors de nos débats concernant le schéma directeur de jalonnement du périphérique. Je regrettais, alors, la disparition du nom des villes. Cette dérive s’amplifie : le campus industriel, sur l’ancien site Bosch situé à Vénissieux, est devenu « Usin Lyon Parilly ». La disparition du nom de la commune de Vénissieux, c’est la négation de l’histoire de ce site, et de notre identité industriel. Nous protestons vivement, et vous demandons que cette erreur soit rectifiée.

Le développement économique est un sujet primordial. L’industrie du futur méritait mieux, que l’opération marketing que vous avez orchestrée, pour le lancement de « Lyon Parilly Factories », en oubliant d’envoyer les invitations aux Maires du territoire. Le dossier de presse est sans équivoque, je cite l’édito de monsieur Kimelfeld : «  Lyon est l’une des métropoles les plus dynamique et compétitive en Europe », « Tous ses atouts font de Lyon, la 1ère métropole industrielle de France ».

Selon vous, « Lyon est la Métropole », un glissement sémantique révélateur du fond politique : il s’agit, encore une fois, de la disparition des communes. Vous insinuez également que Lyon porte les atouts industriels de notre Métropole, alors même que Lyon a vidé les 3ème, 7ème et 8ème arrondissements, de son industrie manufacturière.

Nous savons bien que la vie économique n’est pas un long fleuve tranquille, que les projets d’envergure rencontrent parfois des difficultés. Nous le vérifions, avec le retrait de Navya, et les difficultés techniques rencontrées par Boostheat. Pour avancer, nous avons besoin de beaucoup plus qu’une opération marketing. C’est l’engagement de l’Etat, de la Métropole, de l’entreprise Bosch, qui feront la réussite du campus industriel. Lors d’un comité d’entreprise, Bosch a annoncé que ses équipes de recherche et de développement, apporteraient une aide à Boostheat, mais bien plus de cette aide ponctuelle, le campus tout entier a besoin d’un investissement solide du groupe Bosch, qui investit partout, sauf en France. De son côté, la Ville de Vénissieux se mobilise, à son niveau, pour le succès de Bootheat, en travaillant au projet de trois chaudières, sur les équipements municipaux.

Nous savons que les équilibres sont parfois précaires, et que les partenariats se tissent avec finesse. C’est ce que vous semblez oublier, en court-circuitant les communes concernées par le site de l’industrie du futur. Vous ne pouvez pas détacher la question économique de la question globale du développement du territoire.

Je vous remercie.