Conférence de presse de rentrée

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Mercredi 8 septembre 2021 – En cette fin de matinée, j’ai tenu ma conférence de presse de rentrée. L’occasion d’évoquer l’actualité nationale, vénissiane et sanitaire. L’année qui s’annonce sera une année charnière, parce que la crise sanitaire, le réchauffement climatique et les inégalités sociales abyssales, nous obligent à changer très vite de paradigme, à réinventer les notions de progrès humain et durable, à l’aune des défis qui se présentent à nous.

L’actualité ne s’est pas arrêtée cet été, au contraire, elle a été mouvementée. Préoccupante même et dramatique en Afghanistan, pour la population et pour les femmes notamment, privées de droits, de visibilité, d’identité depuis la prise de pouvoir des Talibans. Face à ce chaos, à des hommes, femmes et enfants contraints de fuir leur pays pour sauver leur vie, la France, et sur l’ensemble de son territoire, doit être fidèle à ses valeurs universalistes, et à sa tradition d’accueil. Il s’agit là de solidarité nationale et internationale, et d’un devoir d’accompagnement de ces populations vers une intégration républicaine. C’est la raison pour laquelle je suis signataire de l’appel des maires de l’Association Nationale des Elu·e·s Communistes et Républicains « Oui, accueillir ! », afin d’interpeller les pouvoirs publics et Emmanuel Macron, sur ce drame humanitaire.

Cet été, la crise sanitaire liée à la pandémie de la Covid-19, s’est poursuivie à l’échelle planétaire. Plus de 4,5 millions de décès ont été recensés, mais le bilan pourrait s’avérer beaucoup plus lourd, dans certaines zones géographiques. En un mot, le virus est toujours là, il circule en France, comme sur tous les continents. En termes de vaccination, il nous faut donc sortir des égoïsmes nationaux, et de la captation des vaccins par les pays les plus riches.

L’heure est à une approche globale de la pandémie sur toute la planète, condition sine qua non, d’une sortie de crise durable et solidaire. L’évidence et le bon sens, c’est d’exiger la levée des brevets des vaccins anti-covid. Le débat a été lancé au printemps dernier, mais il ne s’est rien passé depuis. Au contraire, les grands groupes pharmaceutiques ont renforcé leur monopole, et les laboratoires ont annoncé cet été, suite à l’émergence des variants et à l’injection possible d’une 3ème dose, l’augmentation du prix unitaire des différents vaccins. Ces logiques de profit aux dépens d’un enjeu de santé publique planétaire, et de populations de pays en développement sans accès aux vaccins, ne sont pas acceptables, ni justifiables en temps de pandémie. En procédant de la sorte, on multiplie le risque de mutations du virus, et on laisse des millions de personnes démunies face au Covid-19. Il faut très vite corriger le tir !

En France, la crise sanitaire a révélé des failles, manquements et inégalités, qui ne surprendront que ceux qui ne veulent pas voir la réalité en face. Sous pression depuis l’émergence du virus, la situation du milieu hospitalier ne cesse de se dégrader. Notre hôpital est malade, le personnel épuisé, malade non pas de cette crise sanitaire, mais des politiques libérales qu’on lui inflige, depuis plus de 10 ans maintenant. Le Ségur de la Santé à la sortie du 1er confinement a échoué, et le problème reste entier.

Ce qu’il faut remettre en cause, c’est le système profondément injuste, de la tarification à l’activité dans le financement des hôpitaux, c’est le manque d’effectifs, ce sont des professions que l’on ignore, un nombre de lits toujours insuffisant, un secteur psychiatrique délaissé. Sur ce dernier point, je demande au gouvernement un véritable effort, en matière d’accompagnement psychologique. Ce secteur est sinistré en France, or les maires que nous sommes, alertent sur l’état de détresse d’une partie de nos habitants, à la suite des différents confinements. Il ne s’agit pas seulement des personnes âgées isolées, mais des étudiants, des enfants également, qui ont vécu dans un environnement anxiogène, depuis plus d’un an. Les salariés, de peur de perdre leurs activités ou une partie de leurs revenus, ont vécu dans le stress, et la crainte de ne pas s’en sortir.

Arrêt des activités physiques, symptômes psychosomatiques, de stress post-traumatique et de consommations de substances psychoactives (alcool, tabac), violences conjugales, la crise sanitaire a laissé des traces profondes dans nos sociétés. D’après certaines études, un Français sur cinq fait face à des troubles psychologiques.

A l’occasion de cette rentrée, j’ai demandé à l’équipe municipale, de faire preuve de vigilance et d’attention, à l’égard de nos enfants scolarisés. Santé publique ou santé mentale, nous sommes en droit d’exiger de l’Etat, une détermination sans faille, de stopper net les politiques libérales qui fragilisent le secteur hospitalier, et l’ensemble du personnel médical ou paramédical.

Accompagner les entreprises et l’emploi, s’attaquer aux inégalités territoriales et sociales, que la crise sanitaire a une nouvelle fois révélées, repenser les relations entre Etat et collectivités locales, la période actuelle doit être l’occasion de refonder le pacte républicain, à travers de nouvelles solidarités, et plus de justice sociale. On peut douter malheureusement que ce gouvernement choisisse cette direction…

Je profite de cette conférence de presse pour faire le point avec vous, sur la campagne de vaccination à Vénissieux. Depuis l’ouverture du centre Joliot-Curie, et jusqu’au 27 août, 44 930 doses de vaccin ont été administrées.

Je tiens à saluer le personnel médical et les agents mobilisés, dans le cadre de cette opération de santé publique. Vénissieux a joué pleinement son rôle et tenu sa place, dans le déploiement des politiques sanitaires de la Métropole. 27 600 personnes ont été vaccinées, parmi lesquelles 30% de Vénissians. Sur l’ensemble du territoire national, une corrélation a été établie entre les quartiers populaires, et un plus faible taux de vaccination. Dans l’agglomération, c’est le cas notamment à Vaulx-en-Velin, Saint-Fons et Vénissieux. C’est la raison pour laquelle nous avons déployé un nouveau dispositif de vaccination mobile, depuis le 1er septembre. Il s’agit désormais « d’aller vers » les populations, de cibler plus précisément les publics qui n’ont pas encore franchi le pas, et de circuler dans les différents quartiers de notre commune. L’établissement français du sang a mis à disposition, à titre gratuit, un véhicule adapté. De 9h à 17h, avec ou sans rendez-vous, le dispositif accueillera les personnes qui souhaitent se faire vacciner, le lundi Place Léon-Sublet, le mardi Place Ennemond-Romand, le mercredi Avenue Jacques-Duclos, le jeudi Place Grand-Clément, et le vendredi place du marché des Minguettes. Par ailleurs, pour garantir l’accès à la vaccination des personnes à mobilité réduite, une ligne de vaccination est également ouverte, tous les vendredis de 9h à 17h dans les locaux du CDHS.

Depuis plus d’un an, notre équipe municipale, nos services publics, nos agents, fournissent un travail remarquable sur le terrain. Je veux saluer toutes les actions réalisées, ainsi que le monde associatif et les partenaires économiques et institutionnelles, sur le pont pour sortir de cette crise, de ces crises ! Des masques jusqu’au centre de vaccination, des aides aux entreprises à l’enveloppe de subventions pour les associations, Vénissieux, et ses habitants aussi, ont su relever les défis de cette pandémie. Cette mobilisation de tous les instants va se poursuivre cette année, avec une attention particulière pour notre jeunesse, le vivier associatif, et les commerces et petites entreprises.

Je le dis et le je le répète, cette année sera à nouveau hors norme, car les répliques de toutes ces crises sont devant nous. Même si le virus continue de circuler, les activités de notre ville, qui ne se sont jamais arrêtées, reprennent néanmoins un cours un peu plus normal. La nouvelle saison de notre théâtre va débuter, les AG des nouveaux conseils de quartier sont programmées, entre le 6 octobre et le 18 novembre, à condition que les mesures sanitaires le permettent. Nous avons mis à profit ce temps pour relancer, innover et booster, la démocratie de proximité.

On ne va pas se cacher la vérité, la crise civique est telle, la défiance des citoyens si élevée, que les consultations nationales, la démocratie représentative et la démocratie de proximité, en subissent les effets. Mon attachement indéfectible aux conseils de quartier, c’est de dire aux habitants, qu’une autre politique est possible, qu’elle s’inscrit dans le concret, dans la proximité, et non dans des jeux de pouvoir, qui n’intéressent plus personne. Les habitants font aussi la ville, la font vivre, évoluer, il faut qu’ils s’engagent dans la chose publique. A ce titre, j’invite expressément les Vénissians, à participer à la concertation en cours, au sujet de la ligne de tramway T10, et à assister à la réunion publique du 14 septembre prochain. L’enjeu est important, car le tracé définitif n’est pas choisi entre deux options possibles : par l’avenue Jean-Jaurès ou par le boulevard Laurent-Gérin.

La rentrée bien sûr, ce sont nos enfants, nos écoles, nos personnels et les enseignants, entre joie de se retrouver ensemble, et précautions sanitaires indispensables, liées à la présence du variant delta. Nous comptabilisons à ce jour 182 classes en maternelle, et 315 classes en élémentaire, dont 47 classes de grande section dédoublées à 14 élèves, et 108 classes de CP et CE1, constituées à 12 élèves.

Les effectifs sont de 9 600 élèves, soit -5% en maternelle, et environ +3% en élémentaire. La fin de la vague en maternelle se confirme donc. Le dédoublement des classes de grande section, au sein des écoles classées REP+, a été mis en place. Au sein des 11 écoles classées REP+, ce sont 47 classes de grande section qui seront constituées à 14 élèves, en situation de co-enseignement (14 classes), ou bien avec un seul enseignant, face à un groupe de 14 élèves (19 classes).

Le travail de concertation avec les acteurs de l’Education Nationale, les ATSEM, a permis d’organiser l’utilisation des locaux, et la mobilisation des postes. Après la garderie du matin, cette rentrée marque aussi les débuts du périscolaire à la journée, le mercredi, un engagement pour les familles vénissianes de notre plan de mandat 2020-2026. Nos services publics de proximité s’étoffent, leur réactivité pour organiser et mettre en place ce nouveau dispositif, en pleine période de crise sanitaire, est exemplaire. A ce jour, les inscriptions sont stabilisées ainsi : 388 inscriptions à la journée, et 479 à la demi-journée, soit en accueil à la journée. Au total, 867 inscriptions, sur une capacité d’accueil total de 1 176 places.

Autre moment fort qui nous attend, la pose de la première pierre de la prochaine Maison de l’Enfance Max Barel, nouvelle étape de la constitution d’un pôle enfance, en liaison avec le centre de loisirs associé à l’école, la Halle à grains, le groupe scolaire, et la crèche « Pains d’épices ». La continuité entre temps scolaire, périscolaire et extrascolaire est un enjeu prioritaire, en cette rentrée 2021, alors que les enfants sortent d’une année difficile et anxiogène.

Pour clore ce chapitre Education, signalons la fin des travaux au Groupe Scolaire Moulin-à-Vent, le lancement des opérations de l’extension du groupe scolaire Jules-Guesde, et la poursuite de notre plan de lutte contre les effets du réchauffement climatique dans nos équipements, avec l’installation de nouveaux revêtements, brumisateurs, etc.

En matière d’aménagement du territoire, les deux programmes phares du NPNRU et du Puisoz-Grand Parilly, avancent dans une très bonne dynamique. Après l’ouverture de la résidence étudiante, la Maison de Santé ouvrira début octobre, avec des médecins, spécialistes, personnels paramédicaux, mais aussi des antennes de la CPAM et de la Carsat. Nous ne voulions pas d’une zone uniquement commerciale, ou uniquement résidentielle, nous voulions faire de ce nouveau quartier Puisoz-Grand Parilly, un lieu de vie.

C’est ce qui est en train de prendre forme sous nos yeux. La validation de la Métropole pour l’implantation de la future Cité Internationale des arts du cirque, illustre les différentes natures et identités de cet aménagement urbain diversifié et majeur, à l’échelle de notre agglomération. Mais à Vénissieux, tous les territoires sont concernés, aucun n’est laissé dans l’ombre, comme en témoigne l’inauguration, à la fin du mois, de la nouvelle place Ennemond-Romand au Moulin-à-Vent.

Au sein de la Métropole, notre ville soutient les projets d’une agglomération plus solidaire, au développement équilibré, entre les différents territoires. Elle le fait en restant elle-même, en imprimant une dimension sociale forte et indispensable, dans les domaines du développement durable, des modes de transport, de l’emploi. C’est aussi bien le cas du Programme Territoires Zéro Chômeur, auquel nous avons adhéré, que dans le principe d’élaboration de Rev, vrai réseau de transport à vélo, sécurisé et aménagé. Par ailleurs, la concertation sur la Zone à Faibles Emissions est ouverte à tous les habitants de l’agglomération, jusqu’en février. Les contributions de tous sont capitales, pour déterminer le calendrier de sortie, l’étendue du périmètre, et bien évidemment, les mesures d’accompagnement nécessaires à la réalisation de la ZFE. D’une façon générale, il s’agit pour nous de rendre la Métropole à ses habitants, de la rapprocher de la réalité du terrain, d’en faire un outil de démocratie participative, à contre-courant des pratiques centralisées et technocratiques, des mandats précédents.

En matière de sécurité publique, vous savez que notre ville fait partie, entre autres, du dispositif « Stratégie 24 juillet », pour lutter contre les actes de délinquance et d’incivilités, dans six communes de l’agglomération. Outre des résultats probants (1 280 opérations et 416 interpellations effectuées en un an, sur l’ensemble des territoires concernés), les habitants apprécient de voir la présence des forces de l’ordre sur le terrain, même si la question des mortiers, des nuisances sonores, des rodéos, des stupéfiants, ne se règle pas du jour au lendemain. C’est un travail de longue haleine, de tous les instants, et nous réfléchissons en ce moment même, à de nouveaux dispositifs, dont je vous parlerai en temps voulu. Cette volonté d’innover, on la retrouve dans le projet « Territoire Zéro non-recours » sur le quartier Moulin à Vent, que nous avons lancé avec nos partenaires depuis la rentrée. Il s’agit de faire valoir et faire connaître aux personnes en situation de pauvreté, leurs droits et leur accès aux aides sociales.

L’année qui s’annonce sera une année charnière. Parce que la crise sanitaire, le réchauffement climatique et les inégalités sociales abyssales, nous obligent à changer très vite de paradigme, à réinventer les notions de progrès humain et durable, à l’aune des défis qui se présentent à nous. Il faut stopper net la course folle du libéralisme mondialisé, qui détruit aussi bien les hommes, les savoir-faire, que notre planète, sans rémission possible. Année charnière oui, car des élections majeures dans quelques mois à peine, peuvent créer une vraie rupture, et donner un nouveau souffle à notre pays bien trop divisé, dans un monde fracturé et en très mauvais état.

Je vous remercie de votre présence et, après ce tableau assez dense des actualités vénissianes à venir, je me tiens à votre disposition, pour répondre à d’éventuelles questions. Bonne rentrée à tous.