Conférence de presse de rentrée – 2020

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Vendredi 11 septembre 2020.

Depuis 20 ans, nous dénonçons le démantèlement de la sécurité sociale, et le déclassement de l’hôpital public. Nous dénonçons les inégalités d’accès à la santé, que les politiques libérales des derniers gouvernements accentuent, ainsi que la détérioration permanente, des conditions de travail du personnel de la santé. La revalorisation salariale est plus un rattrapage qu’autre chose. On a envie de dire enfin !, mais pourquoi avoir attendu que la France soit classée en queue de peloton, avant de réagir, pour les infirmiers notamment.

La crise sanitaire, que l’on aurait tort de croire derrière nous, a provoqué une prise de conscience collective, qui nous invite à repenser les modèles économiques, sociaux, culturels, écologiques actuels.

On ne peut pas continuer comme ça, voilà ce que nous dit cette crise, qui a révélé par ailleurs, des inégalités profondes entre nos concitoyens. On ne peut plus laisser le capitalisme creuser un fossé abyssal, entre quelques nantis et le reste de la population, détruire les services publics, les emplois et les savoir-faire en toute impunité, piller les ressources, et mettre en péril l’environnement de notre planète.

Cette remise en cause générale, je n’en entends pas parler chez Emmanuel Macron, ni dans le gouvernement de Jean Castex. Avec eux, le monde d’avant était libéral, le monde d’après sera libéral. Le Ségur de la Santé ne saurait ainsi masquer le malaise structurel, qui règne dans le monde médical et hospitalier.

Depuis 20 ans, nous dénonçons le démantèlement de la sécurité sociale, et le déclassement de l’hôpital public. Nous dénonçons les inégalités d’accès à la santé, que les politiques libérales des derniers gouvernements accentuent, ainsi que la détérioration permanente, des conditions de travail du personnel de la santé. La revalorisation salariale est plus un rattrapage qu’autre chose. On a envie de dire enfin !, mais pourquoi avoir attendu que la France soit classée en queue de peloton, avant de réagir, pour les infirmiers notamment.

Sur le fond, le cœur du problème reste entier. Ce qu’il faut remettre en cause, c’est le système profondément injuste de la tarification à l’activité, dans le financement des hôpitaux, c’est le manque d’effectifs, ce sont des professions que l’on ignore, un nombre de lits toujours insuffisant, un secteur psychiatrique délaissé.

Ce gouvernement, comme les précédents, a fait des services publics la variable d’ajustement de ses politiques d’austérité. Souvenez-vous des discours d’Emmanuel Macron, il y a à peine trois ans, fier d’annoncer la suppression de 70 000 postes dans la fonction publique territoriale, au cours de son mandat. Or, quand l’état montrait de sérieuses défaillances face au Covid, qui était sur le front pour pallier les manquements, et venir en aide à des populations démunies ?

Nos agents, la fonction publique territoriale, les collectivités locales, et de nombreux habitants, à l’origine de nouvelles chaînes de solidarité. L’Etat s’en souviendra-t-il, on peut en douter !

A l’aune de cette crise sanitaire, je souhaite que la contractualisation des dépenses de fonctionnement, mise en place et imposée par le gouvernement, cesse au plus vite. Sortir par le haut de cette crise sanitaire, cela signifie tirer les leçons de ce qui s’est passé. Il me semble indispensable de repenser les relations entre l’Etat et les collectivités locales, de tendre vers une administration des territoires plus réactive, plus concertée, avec plus de proximité, en clair, moins centralisée et moins verticale.

Sur le plan économique, le plan de relance doit se montrer ambitieux, et privilégier les secteurs les plus fragilisés, TPE-PME, sans oublier les salariés précaires, qui ont été pourtant en première ligne, lors du confinement. L’un de ses objectifs consiste à réduire des inégalités sociales, inacceptables et de plus en plus profondes. Relocaliser en France les productions stratégiques, que le libéralisme mondialisé a saccagées depuis plus de 10 ans ; soutenir la recherche et les activités industrielles, en faveur d’une transition environnementale, voilà deux lignes fortes, deux caps générateurs d’emplois, et de nouveaux savoir-faire.

36 milliards sont annoncés, au titre de la Cohésion sociale et territoriale. Les collectivités doivent être associées à l’affectation et à la gestion de ces crédits, car nos inquiétudes restent vives. Dans le cadre du plan de relance, l’annonce de suppression d’impôts économiques, intervenant après la suppression de la taxe d’habitation, constitue un élément de fragilisation des ressources, et de l’autonomie fiscale des communes. Comme l’exige l’AMF, je défends la préservation du lien fiscal, entre la collectivité, les entreprises, et les habitants. C’est ce lien et nos finances, qui ont permis à notre ville, de faire face à la crise de la Covid 19, de venir en aide aux Vénissians, aux entreprises, aux associations, à hauteur de 4 millions d’euros.

La rentrée à Vénissieux s’inscrit bien évidemment, dans ce cadre d’extrême vigilance sanitaire et de solidarité. Avec la Métropole, la préfecture, l’ARS, le Sytral, une campagne de dépistage gratuit, accessible à tous, a été lancée le 31 août dans notre ville, qui a répondu à une forte demande des habitants.

Cette préoccupation est partagée, bien évidemment, par les parents d’élèves. Cette rentrée 2020, sous le signe de la Covid, est marquée par des règles sanitaires très strictes. Notre vigilance est accrue, en cas de suspicion de contagion du personnel ou des enfants.

Nous avons enregistré une hausse des effectifs, de 1,7% dans nos écoles publiques. Notre ville compte désormais 170 classes de maternelle, 315 classes d’élémentaire, dont 173 classes de CP-CE1 à 12 élèves. Cette année, les écoliers et enseignants ont découvert la construction de l’extension de l’école maternelle du groupe scolaire Charréard, d’un investissement d’un peu moins de 4 millions d’euros. Les travaux d’extension de la restauration scolaire, à Moulin-à-Vent, ralentis par la crise sanitaire, sont en cours. Je rappelle que lors du dernier conseil municipal, en juillet, le projet d’extension du groupe scolaire Jules-Guesde, et la construction d’une nouvelle maison de l’enfance à Max Barel, ont été adoptés.

En ce début de mandat 2020-2026, l’ambition éducative est là, et bien là ! Elle est l’un des caps, et l’un des symboles de notre nouvelle majorité municipale, la gauche réunie et les écologistes. Ce que les Vénissians ont fait gagner dans les urnes, c’est la défense des politiques humaines et environnementales, c’est la culture et le sport pour tous. Ce sont des politiques publiques ambitieuses, de proximité, présentes sur le terrain, en matière de solidarité, d’environnement, d’urbanisme, de développement économique, de santé, de sécurité.

Nous avons pris 150 engagements, et nous allons les tenir. La pandémie nous appelle à faire preuve d’inventivité, d’innovation, de réactivité, à remettre l’ouvrage sur le métier de façon différente.

Pour respecter les mesures sanitaires et ne prendre aucun risque, certaines de nos manifestations seront réaménagées, remodelées, reportées ou annulées. Nos capacités d’adaptation, pendant les mois de confinement, nous ont montré la voie à suivre. Agir et ne pas subir, être capable de répondre à l’imprévu. Il faut saluer l’engagement de nos agents sur le terrain, leur professionnalisme, et renforcer les solidarités citoyennes, qui se sont créées et exprimées, au printemps dernier. Non seulement elles ont été utiles pour les tous les habitants, mais elles ont également illustré les ressources, et le caractère des Vénissians.

Cet été, nous avons poursuivi notre travail auprès des associations. Les besoins, demandes et difficultés actuelles, ont été recensés et expertisés. Nous avons décidé d’agir vite, pour que leur situation financière ne se dégrade pas, pour les soutenir, et les aider à franchir un passage compliqué. Un fonds financier municipal exceptionnel, a été doté d’une enveloppe de 300 000€, inscrite au budget supplémentaire 2020. L’onde de choc a frappé de plein fouet le milieu associatif, et le monde de la culture.

Le vivre ensemble est un enjeu majeur de notre mandat, un enjeu majeur pour Vénissieux et les Vénissians. Nous faisons preuve de solidarité et d’une vigilance accrue, pour ces secteurs fragilisés par la crise de la Covid-19.

Notre attention s’est portée également sur l’économie, les commerces et les entreprises vénissianes. Dans le contexte sinistré actuel, nous avons décidé d’alléger les charges des entreprises, en les exonérant des droits de voirie sur le mobilier, ou en réduisant de 30% la taxe locale sur la publicité extérieure.

Le contrat communal 2020-2026 est dense, ambitieux, il poursuit ce qui a été entrepris, renforce certaines thématiques, va en améliorer d’autres, pour donner naissance à de nouveaux dispositifs. Il comprend plusieurs polarités, mais reste articulé, autour du quotidien des Vénissians, au plus près de leurs attentes et de leurs droits universels, en matière de santé, de sécurité, d’éducation, de culture, de sport pour tous, etc.

A titre d’exemple, un parmi tant d’autres, le travail est engagé au sujet de l’accueil du matin, avant l’école, des enfants dont les parents travaillent.

L’ouverture d’un accueil de jour médicalisé, en complément de l’accueil non médicalisé senior existant, est prévue en novembre, à la résidence Ludovic-Bonin.

Je pourrais aussi parler du Pass Culture numérique, du renforcement de l’équipe d’ASVP, du financement de la téléassistance des personnes âgées, à partir de 70 ans…

Ce que nous avons ciblé, c’est bien la vie et le quotidien des Vénissians. Mais il s’agit aussi de prolonger la dynamique actuelle, urbaine, économique, sociale, et de l’inscrire dans le cadre d’un développement durable, écologique et humain. Le Nouveau Programme de Rénovation Urbaine Minguettes-Clochettes, est une ligne forte du mandat qui commence, un temps fort de réalisations, de dialogue et de concertation avec les habitants.  La définition du programme est engagée, tout n’est pas arrêté, et la contribution de chaque Vénissian est nécessaire, primordiale, essentielle. J’appelle les habitants à participer à l’élaboration de cette nouvelle rénovation urbaine.

En ce qui concerne les premiers équipements de la ville, nos réflexions se poursuivent au sujet de la démolition-reconstruction du gymnase Jacques Brel.

La création d’un équipement à usage multiple (bibliothèque, EPJ) quartier Pyramide, a été proposée au titre de la Dotation de la Politique de la Ville, et elle a fait l’objet d’une subvention de l’Etat, à hauteur d’1,3 million d’euros.

La concertation est lancée, avec la ville de Saint-Fons, la Métropole, au sujet de l’Anneau des Parcs. Une charte d’aménagement est en cours à ce sujet.

Les opérations de désamiantage dans la tour ICF, dont la destruction est prévue en avril-mai 2021, se poursuivront jusqu’à la fin de l’année. Le travail social de relogement pour la petite barre ICF, les trois tours Monmousseau, la Tour 71, etc, dont les démolitions sont programmées dans le cadre du NPNRU, va être engagé dès le mois d’octobre par les bailleurs, avec le soutien de la Ville.

La rénovation urbaine ne doit pas être synonyme de mutation de la composition sociologique du quartier, à Vénissy hier, comme à Monmousseau demain. C’est tout sauf une opération de relégation de la population en 2ème ou 3ème couronne. Elle doit profiter à ceux qui y vivent déjà, à tous ces Vénissians liés au quotidien de notre ville, et s’ouvrir à l’accueil de nouvelles familles.

Pour être tout à fait complète, à Vénissy, un programme de 24 logements locatifs intermédiaires, s’est achevé cet été, tandis que le chantier de l’Ilot C (100 logements), a démarré. 48 logements seront livrés d’ici la fin de l’année à Armstrong, avant que le chantier du lot 5 (37 logements sociaux et 37 en accession sociale à la propriété), ne commence début 2021.

Sur l’autre grande polarité urbaine de notre ville, au Puisoz-Grand Parilly, une nouvelle étape sera franchie, avec la livraison de la Résidence Etudiante et ses 91 logements.

Pour information, le projet de Maison Pluridisciplinaire de Santé, a obtenu la labellisation Maison de santé par l’ARS, fin juin 2020. Avec la Métropole, nous continuons par ailleurs de nous battre auprès de l’ARS, pour la création d’un EHPAD au Puisoz-Grand Parilly.

Enfin, je voudrais boucler ce tour de l’actualité vénissiane, en vous informant qu’il n’y aura pas d’assemblées générales des conseils de quartier cet automne, en raison du renouvellement des présidents des conseils, des nouveaux élus, et du contexte de crise sanitaire. C’est l’occasion pour notre majorité, de donner un nouveau souffle à la démocratie de proximité, de s’accorder un temps de réflexion, pour la redynamiser, la réinventer, dans un contexte national alarmant, de rupture entre nos concitoyens et la politique.

La voix de Vénissieux est une voix qui porte, au sein de l’agglomération lyonnaise.

Au cœur de cette nouvelle Métropole, avec nos singularités, nous comptons défendre la place de Vénissieux et des Vénissians, mais aussi rénover les pratiques politiques et démocratiques, de l’agglomération lyonnaise.

Une nouvelle ère s’ouvre, et en tant que vice-présidente, je veux mettre toute mon énergie et mon expérience, au service d’une Métropole plus solidaire, plus sociale, plus humaine et environnementale.

Voilà, notre nouvelle équipe municipale, rajeunie, soudée, expérimentée, est au travail. Nous savons tous que la situation économique et sociale est dégradée en France, que l’épidémie de la Covid-19 reste présente, raison de plus pour unir nos forces, et défendre avec une détermination sans faille, Vénissieux et les Vénissians.

Je vous remercie.