Aide exceptionnelle pour les bénéficiaires du RSA et des APL

Voir tous les coups de cœur / coups de gueule

L’urgence sociale et économique pour notre jeunesse est là et des mesures s’imposent.

 

Cafouillage, mauvaise communication ou marche arrière ? Lors de sa dernière intervention télévisée, le président de la République avait annoncé une « aide exceptionnelle de 150 euros plus 100 euros par enfant » pour les bénéficiaires du RSA (revenu de solidarité active) et des APL. Depuis cette annonce, l’entourage du Premier Ministre a rectifié le tir en précisant que seuls les bénéficiaires du RSA et de l’Allocation de solidarité spécifique (ASS, pour les chômeurs en fin de droits) toucheraient cette aide de 150 euros, auxquels s’ajouteront 100 euros par enfant. Les bénéficiaires des APL seraient exclus de l’aide exceptionnelle,  bénéficiant uniquement de la prime de 100 euros par enfant. Une vraie douche froide pour notre jeunesse !

La crise du Covid a touché de plein fouet les personnes âgées, mais aussi les populations les plus fragiles. Pour les étudiants et les moins de 25 ans, la pandémie actuelle a des effets dévastateurs. Elle les enfonce dans la précarité et dans des difficultés quotidiennes sans précédent. Ceux qui ont besoin de petits boulots pour payer leurs études ou leur loyer peinent à trouver un emploi sous l’effet du ralentissement de l’activité économique. Des programmes comme Erasmus et autres échanges universitaires sont plus ou moins en stand-by. Des concours auxquels postulaient des étudiants ont été annulés à la suite du confinement.

A ces difficultés conjoncturelles s’ajoute une politique jeunesse de l’Etat défaillante et pénalisante pour les moins de 25 ans.  Emmanuel Macron et son gouvernement ont baissé depuis plusieurs années les APL, désindexées de l’indice de révision des loyers. Résultat : les loyers ont augmenté tandis les aides et bourses ont été gelées. Le couvre-feu, que la situation sanitaire rend nécessaire,  risque de réduire encore plus l’offre des petits boulots comme les babysitting ou dans la restauration rapide. L’urgence sociale et économique pour notre jeunesse est là et des mesures s’imposent : donner l’accès au RSA au moins de 25 ans pour tous les jeunes qui sont sans emploi, sans formation ; réformer l’attribution des bourses pour les ouvrir au plus grand nombre ; augmenter les APL. Le Premier Ministre, Jean Castex, devrait annoncer de nouveaux dispositifs à  destination des publics les plus fragiles, les plus pauvres et les plus vulnérables, samedi à l’occasion de la journée mondiale du refus de la misère. Nous demandons à ce que la jeunesse en fasse partie. La pandémie du Covid-19 ne saurait faire de cette génération 2020 une « génération sacrifiée ».