Second tour des élections législatives

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Le 18 juin 2017

Au pire mal élue, au mieux élue dans l’indifférence générale, la nouvelle assemblée nationale aura illustré la volonté des Français de rejeter les partis traditionnels. Jamais cependant un tel taux d’abstention n’a été enregistré à l’occasion d’un vote national. Au premier comme au second tour en France, moins d’un électeur sur deux s’est déplacé dans les urnes, un triste record historique qui doit interpeller tout le monde.

A Vénissieux, comme dans de nombreuses villes populaires, à peine un électeur sur trois est allé voter ! Il y a une véritable urgence démocratique à recréer un lien de confiance et de proximité entre les institutions républicaines et les citoyens. Notre ville a su une nouvelle fois faire barrage au Front National et dire non aux idées xénophobes et populistes de l’extrême droite.

Les Français ont choisi de changer bon nombre de députés, mais pas, malheureusement, la politique qui sera menée. Je regrette l’absence de pluralisme, toujours utile et nécessaire dans une démocratie, et prends acte de la majorité accordée à La République En Marche d’Emmanuel Macron. Le libéralisme a donc les coudées franches pour continuer de détruire les solidarités et acquis sociaux de notre pays.

Les premières mesures annoncées font craindre le pire. La casse du code du travail est d’ores et déjà programmée, par ordonnances donc sans débat démocratique. Comment croire qu’en facilitant les licenciements on va créer des emplois ? Le 3ème tour social contre la précarité, contre la perte de protection des salariés et l’affaiblissement de la représentation syndicale, devra faire l’objet d’une forte mobilisation, dans la rue, dans les entreprises et parmi la gauche de combat. C’est une loi El Khomri puissance 10 qui nous est annoncée et je m’y opposerai avec force et détermination.

120 000 suppressions de postes, dont 70 000 dans la fonction publique territoriale sur 5 ans, gel du point d’indice, la majorité macroniste entend poursuivre le démantèlement de nos services publics, une politique de la terre brûlée qu’il faudra là encore combattre. Enfin, les annonces relatives aux collectivités territoriales, avec l’exonération de 80% des contribuables locaux de la taxe d’habitation et un nouveau coup de rabot de 10 milliards d’euros des dotations de l’Etat envers les communes, ont de quoi faire frémir. Ces politiques dévastatrices vont rendre les communes exsangues financièrement et sabrer de fait les politiques de proximité.

J’appelle la gauche de combat à s’unir et à se rassembler contre les orientations libérales de droite qu’Emmanuel Macron veut imposer au forceps à notre pays. L’exercice de rénovation indispensable des forces de gauche passera par notre capacité à résister à cette déferlante libérale,  mais aussi par notre faculté à mettre en place un projet de société humain, citoyen et durable comme modèle social solidaire de notre République. Dans ce contexte de réinvention de la gauche et de résistance aux politiques de l’argent fou, le Parti Communiste Français a toute sa place à tenir en étant à la fois force de proposition et aiguillon du progrès social. Ce qu’il a toujours fait tout au long de son histoire et qu’il saura faire à nouveau.