Rythmes scolaires

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Séance du Conseil municipal du lundi 15 octobre 2018 : « Rythmes scolaires ».

La vraie question était-elle liée aux 4 jours et demi, ou aux quatre jours ? Pas uniquement. Les deux enjeux sous-jacents, ça reste aujourd’hui encore, l’intérêt de l’enfant et la qualité du périscolaire.

L’expression de désaveu exprimée par l’opposition socialiste, dans les colonnes du Progrès, m’a fait sourire. Les mêmes, il y a pile quatre ans, nous vantaient les mérites incontestables, des rythmes scolaires à 4 jours et demi pour les enfants. On allait voir ce qu’on allait voir.

Entre-temps, l’opportunisme politique leur a certainement brouillé la vue, et la chronobiologie des enfants a dû leur paraître superflue, secondaire, annexe, dérisoire. Tout et son contraire, peu importe la crédibilité, la parole donnée, une vraie politique de girouettes, qui cherche d’où vient le vent, sans se soucier de l’intérêt général. Mais les Français n’ont pas la mémoire courte !

Comment parler dès lors de désaveu, quand tout le monde dans la majorité, savait que les parents trancheraient au final, mais avec tous les éléments en main, donc au terme d’une concertation et d’un bilan sérieux, rassemblant tous les acteurs des rythmes scolaires : enseignants, enfants, parents.

Cette réforme des 4 jours et demi a été imposée aux collectivités, enseignants, écoliers et parents, sans concertation, ni dialogue. A l’époque d’ailleurs, parents et enseignants manifestaient des inquiétudes, voire une réelle opposition au projet, que le gouvernement socialiste de l’époque, n’a pas voulu entendre, préférant passer en force.

Mal engagée, cette réforme s’achève donc, par une fuite en avant de l’Etat, qui s’est débarrassé du dossier de manière désinvolte : aux communes de se débrouiller. Une maille à l’endroit, une maille à l’envers. Quand on sait l’énergie et le travail que tous les services, équipements et partenaires, ont déployés, pour la mise en place de la réforme, (pas moins de 600 agents impliqués à Vénissieux), on peut mesurer le peu de respect de l’Etat, à l’égard des collectivités locales. Surtout qu’aucun bilan national n’a été tiré de cette réforme. En quoi les enfants en ont-ils bénéficié ? Est-ce qu’elle leur a permis un meilleur apprentissage? On ne le saura jamais, et c’est regrettable.

La vraie question était-elle liée aux 4 jours et demi, ou aux quatre jours ? Pas uniquement. Les deux enjeux sous-jacents, ça reste aujourd’hui encore, l’intérêt de l’enfant et la qualité du périscolaire. Veut-on le convertir en horaire de garde, ou maintenir un accompagnement scolaire et un tremplin d’éveil pour l’enfant ? Son corolaire également, c’est son financement.

Je crois sincèrement que les parents, enseignants et élus, auraient dû se réunir autour d’un seul et même objectif : exiger de l’Etat des moyens financiers, humains, pour développer un périscolaire de qualité, sur l’ensemble du territoire national, quel que soit le rythme retenu. Or, comment ne pas se rendre compte, aujourd’hui en France, que l’équité territoriale n’est plus identique, pour tous les écoliers, en matière d’éducation nationale ? Ce n’est pas un autre débat, tant le scolaire et périscolaire forment un tout, pour la réussite des enfants, mais un sujet de société qui doit nous questionner, sur l’égalité des chances, et des conditions d’apprentissage dans notre pays.

Je vous remercie.