Repas offert aux personnes âgées et retraités de la ville de Vénissieux

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Décembre 2017.

Avant d’être politique, le 3ème âge est un enjeu de civilisation. Ce que l’on devient est aussi le fruit, de ce que nos aînés nous ont donné et transmis. Dès lors, pour chacun d’entre nous, mais aussi pour chaque communauté et collectivité, la question est bien de savoir si l’on est à la hauteur.

Plus qu’un moment festif, c’est un moment qui compte, un moment de paroles, d’échanges, d’attention et de complicité. Les moments les plus simples forgent souvent les souvenirs les plus solides. Chaque année, vous le savez, je tiens à ce rendez-vous chaleureux et convivial, des repas aux personnes âgées, je tiens à ce que l’on soit entre nous, mais sans barrière d’âge ni de génération. 1 700 repas et 4 300 colis ont été commandés cette année, confirmation d’un attachement réciproque, entre Vénissieux et ses aînés. Je tiens à ce que l’on soit uni et réuni.

Avant d’être politique, le 3ème âge est un enjeu de civilisation. Ce que l’on devient est aussi le fruit, de ce que nos aînés nous ont donné et transmis. Dès lors, pour chacun d’entre nous, mais aussi pour chaque communauté et collectivité, la question est bien de savoir si l’on est à la hauteur. À la hauteur de l’écoute et du coup de main. À la hauteur des besoins et de l’attention à nos aînés. À la hauteur des attentes et du respect mutuel qui nous lie. À la hauteur du vivre ensemble et d’être ensemble.

Je préfère ce qui additionne à ce qui divise. A Vénissieux, nos politiques de proximité se déploient au service de toutes les générations, des tout-petits aux plus âgés, de nos crèches à nos résidences. Ce sont elles qui renforcent la cohésion sociale, elles qui consolident les liens intergénérationnels, elles qui brisent l’isolement et le repli sur soi. Ce sont elles qui font de Vénissieux une ville humaine, solidaire, une ville qui pense, respecte, protège et accompagne ses aînés. Faire société, c’est faire corps et être indivisible. C’est la raison pour laquelle nous avons labellisé cette année, la Semaine Bleue comme un point marquant du Grand Rendez-Vous de la Ville.

Favoriser le maintien à domicile, la socialisation, les liens intergénérationnels des retraités, proposer des activités et des sorties, faciliter les démarches en matière de santé, voilà l’essence de nos politiques de proximité, pas forcément visibles à l’œil nu, mais si indispensables dans notre vie de tous les jours. Faciliter l’ensemble des démarches du 3ème âge a également fait l’objet d’une réflexion, et d’une réorganisation de nos dispositifs. Depuis début novembre, les Services des Aides à Domicile, de Portage de repas et de Soins Infirmiers de la Ville de Vénissieux, situés anciennement au 83 boulevard Ambroise Croizat, ont été réunis en un seul et même endroit, au 1er étage 1A de notre Hôtel de Ville. Par souci de commodités et de centraliser les demandes, là encore, pour simplifier les démarches de nos aînés.

De même, l’accueil de jour sera para-médicalisé, à partir de l’année prochaine, afin de mieux répondre aux besoins des personnes inscrites. La santé, surtout en temps de crise, et à l’heure où 30 % des retraités disent avoir renoncé à des soins dentaires, et 21 % à des soins en optique, est un enjeu majeur pour notre ville. Car si notre ville reste jeune, avec l’allongement de la durée de la vie, la part de la population âgée s’accroît. Selon les projections, les plus de 75 ans auront augmenté de 18,4%, entre 2011 et 2020.

Vous le savez, je défends auprès de l’ARS, le dossier de l’implantation d’un nouvel EHPAD au Puisoz, et nous faisons en sorte, dès aujourd’hui, d’inciter les professions médicales et spécialistes, à venir s’installer sur le futur site. La Ville compterait ainsi un 3ème EHPAD sur son territoire, avec un nombre plus important de places, dédiées aux maladies neuro-dégénératives. D’autres dispositifs s’ajoutent, dans le cadre de notre politique globale envers le 3ème âge. 126 personnes bénéficient aujourd’hui, du service des aides à domicile, en moyenne 20 heures par mois par bénéficiaire.

Depuis le début de l’année, 67 personnes, dont 23 nouvelles entrées, ont eu accès aux soins infirmiers à domicile. 16 personnes sont inscrites à l’accueil de jour. Cet été, le plan canicule Alerte 3, a été activé à quatre reprises, soit 18 jours, avec plus de 6 120 appels téléphoniques, dont 330 personnes sensibilisées et visitées. Le portage de repas bénéficie à ce jour, à 101 personnes, et au cours des huit premiers mois de l’année, près de 15 000 repas ont été livrés.

Une autre problématique me paraît cruciale, celle du logement pour le 3ème âge. Nous agissons à travers les missions de la commission personnes âgées, pour tenir compte des spécificités de la perte d’autonomie, dans les attributions de logement. Le représentant de la ville intervient à ce sujet, lors des commissions chez les bailleurs de logements sociaux. 25 dossiers sont subventionnés, pour faciliter l’adaptation des appartements, avec l’installation de douches et de salles de bain, adaptées à la mobilité de chacun. Vivre dignement sa retraite, c’est aussi vivre pleinement le temps de sa retraite. L’entrée dans le 3ème âge ne signifie pas la sortie de toute activité, ni même de l’actualité et du développement de sa ville.

Je salue bien évidemment, les initiatives et les actions de l’OMR, que la ville subventionne et soutient, à travers une participation globale de 200 000€. Dans nos résidences, des animations, fruit d’un travail partenarial avec les EPJ, les Ateliers d’Arts Plastiques, les écoles et crèches, sont organisées 4 jours par semaine. L’atelier « Bien Etre » a été reconduit, et le travail intergénérationnel renforcé.

Il faut également se féliciter du travail de tous les agents, dans nos équipements culturels, qui vous ouvrent et font vivre les univers de la création. Comment ferait-on sans l’ensemble de nos services publics de proximité, et sans les agents, qui les portent et les incarnent ? Imagine-t-on ce que deviendrait notre ville, sans ses politiques du 3ème âge, sans ses politiques sanitaires, sociales, culturelles, éducatives ? Imagine-t-on ce que tous les Vénissians perdraient, pas ponctuellement, mais au quotidien, dans la vie de tous les jours, sans ce travail précieux, au service des populations et de l’intérêt général.

Pourtant, les politiques gouvernementales ne cessent de fragiliser les plus modestes, notamment les retraités, et ne cessent de fragiliser les collectivités territoriales. La peine est double pour les retraités. Il y aura au 1er janvier prochain, l’impact direct de la hausse de la CSG, qui affaiblira un pouvoir d’achat déjà bien mal en point. Selon une enquête Ipsos, 88% des personnes âgées, estiment que leur pouvoir d’achat a baissé, ces dernières années. En France, 8% des retraités vivent avec moins de 1 008 euros par mois, c’est à dire en-dessous du seuil de pauvreté. Soit au bas mot, plus d’un million de personnes. Quand les dépenses obligatoires (logement, alimentation, chauffage) sont difficiles à tenir, quand les fins de mois sont irrespirables, comment peut-on faire porter l’austérité, sur ceux qui ont le moins, alors que les plus fortunés sont exonérés de l’ISF ? Comment faire croire que l’augmentation de la CSG sera indolore, alors que le reste à charge, en matière de santé, par exemple, est en moyenne de 248 euros par habitant et par an.

A l’attaque frontale à l’encontre des retraités, injuste et injustifiable, s’ajoute une attaque sans précédent, contre les collectivités territoriales et leurs politiques de proximité. On nous demande, aux mairies essentiellement, pour les cinq ans à venir, 13 milliards d’euros d’économies supplémentaires ! On conditionne le versement futur des dotations, à une « bonne gestion » entre guillemets, critère arbitraire qui sous-entend des services publics de proximité a minima, voire cédés au privé. Jamais la colère des élus locaux n’avait atteint un tel degré, car nous savons que l’équilibre de nos budgets est menacé, que nos habitants seront pénalisés, et que l’investissement, moteur de l’emploi local, sera en panne.

Plus l’austérité se prolongera, plus elle sera sévère, et plus les choix que nous devrons faire, seront cornéliens, aux dépens des habitants. C’est contre cette vision marchande et comptable de nos territoires, que je m’oppose, cette vision déshumanisée, qui laisse craindre le pire, pour la vie et le développement de nos quartiers. Mon devoir est de dire la vérité à chaque Vénissian, il l’est aussi de dire à tous nos aînés, combien notre ville est fière d’être à vos côtés, et de vous compter parmi nous, d’être des Vénissians à part entière.

En ces veilles des fêtes de fin d’année, dans la convivialité comme dans l’adversité, restons proches les uns des autres, vivons les uns avec les autres, et non les uns à côté des autres. C’est la solidarité qui a toujours fait avancer Vénissieux, et c’est ce cap que nous devons nous fixer, en 2018. Avant de vous souhaiter un excellent repas de fin d’année, j’aimerais remercier les bénévoles de l’OMR, les bénévoles Vénissians, la cuisine centrale, les services impliqués, notamment la DSAS et les élèves du lycée Hélène-Boucher, qui donnent de leur temps, pour veiller au bon déroulement de ce rendez-vous annuel, si important pour nous tous. Sans oublier l’animation musicale de l’orchestre Bianco. Enfin, je veux mettre en exergue la participation des résidents de Ludovic-Bonin et Henri-Raynaud, ainsi que son service d’accueil de jour, qui ont confectionné des nœuds papillon pour la décoration des tables.

Je vous souhaite, à tous et à toutes, d’excellentes et chaleureuses fêtes de fin d’année.

Je vous remercie.