Rassemblement « Pour que vivent les communes »

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Dimanche 18 mars 2018.

Nous voulons une commune qui tende la main à ses habitants, et reste un levier de l’aménagement de tous ses quartiers. Nous voulons une commune qui soutienne la jeunesse, la création et la culture populaire, accompagne les enfants dans leur éducation, et veille à la dignité de nos aînés. Nous voulons une commune solidaire, une commune de toutes les chances, une commune guidée par l’intérêt général. Une commune responsable dans son budget, autonome dans ses priorités, indépendante dans le choix de ses politiques de proximité.

 

En ce jour anniversaire de la commune de Paris, nous sommes rassemblés pour redire notre attachement à la commune, et refuser sa disparition. Le 18 mars 1871 : naissance de la commune de Paris, et prise de pouvoir par le peuple, pour assurer dans le cadre municipal, la gestion des affaires publiques. La Commune de Paris est alors un mouvement révolutionnaire et un gouvernement insurrectionnel, qui trouve sa force dans un élan républicain. Ce gouvernement révolutionnaire de la Commune de Paris est un symbole chargé de sens, pour nous aujourd’hui.

Ce rassemblement est un acte de résistance, de refus de l’affaiblissement des communes voulu par Macron, Hollande et Sarkozy. Le combat que nous menons pour la défense des communes, premier maillon de la République, est un combat pour des services et des équipements, au plus près des habitants. Il faut rappeler le rôle primordial des communes, et notamment des Villes communistes, en termes d’innovation et d’expérimentation, au service du progrès social.

Le premier service municipal de l’enfance, est né ici, à Vénissieux, en 1966. En 1945, Louis Dupic impulse la création de l’œuvre des cantines des écoles publiques. Notre équipe municipale n’a pas baissé la garde sur ce sujet vital, la nouvelle cuisine centrale va ouvrir ses portes, fournissant des milliers de repas équilibrés, aux enfants de nos écoles, de nos crèches, aux aînés de nos résidences.

Nos conseils de quartier ont vu le jour en 1989, 12 ans avant que la loi ne les impose. Voilà une expérimentation et innovation qui marque une vraie différence en termes de citoyenneté.

Que dire de la richesse et de la diversité de nos équipements sportifs et culturels ?

  • 1960, la naissance de l’OMS, fédère tous les acteurs du sport, pour innover et garantir l’accès au plus grand nombre, à toutes les disciplines.
  • 1967 : la majorité de Marcel Houël crée le centre culturel communal, dénommé 10 ans plus tard, centre associatif Boris Vian.
  • 1972 : les Vénissians disposent d’ateliers d’arts plastiques, et en 1980, d’un nouveau cinéma Gérard Philipe.

Aujourd’hui, contre vents et marées, nous défendons un budget de résistance, axé sur la solidarité et l’intérêt général. Dans un contexte de crise économique et sociale sans précédent, nous luttons pour préserver nos services publics de proximité, indispensables pour répondre aux besoins des habitants. Rappelons aussi, car ce n’est pas négligeable, que plus de 70% de l’investissement national est porté par les collectivités territoriales, surtout par les communes. Rien n’est figé, rien n’est acquis, et nous constatons la destruction organisée, des communes et des services publics.

La liste des mauvaises nouvelles, pour les politiques de proximité, et pour les habitants est longue. 13 milliards d’euros d’économies demandées aux collectivités, pour les 5 ans à venir, après une chute sans précédent des dotations de l’Etat, sous François Hollande. Exonération de la taxe d’habitation, pour 80% des foyers, d’ici 2020 : un leurre. Personne n’est dupe en matière de pouvoir d’achat, ce qui est donné d’une main est repris de l’autre, baisse des APL, hausse de la CSG., etc. , remise en cause du principe de libre administration.

L’Etat s’est engagé à compenser la perte du levier fiscal, mais nous ne savons ni comment, ni à quelle hauteur, ni combien de temps. Et l’expérience de la taxe professionnelle nous a montré par le passé, que les compensations promises, ne sont jamais à la hauteur des recettes perdues. Ces chiffres, déjà vertigineux, sont accompagnés de coupes dans les crédits Politique de la ville, coupes dans le logement, coupes annoncées de 48 millions de la dotation de soutien à l’investissement local, auxquelles, il faut ajouter, la réduction du nombre de contrats aidés, 200 000 en 2018 contre 320 000 en 2017, provoquant de vives tensions en milieu scolaire, et dans les associations.

Enfin, pour achever le tableau, le gouvernement a fixé l’évolution des dépenses de fonctionnement, à 1,2% par an en passant un contrat avec les plus grosses collectivités, dont Vénissieux. Les collectivités qui ne respecteront pas cet objectif seront sanctionnées. C’est encore une atteinte directe au principe de libre administration. La suppression des 120 000 postes dans la fonction publique, dont 70 000 dans la fonction publique territoriale, est d’ores et déjà engagée !

Derrière cette politique de la terre brûlée, se cache une réelle volonté d’externaliser et de privatiser, des pans entiers de missions des services publics, de démanteler la fonction publique. Au final, ce sont les habitants qui en paieront les pots cassés, car le service public, ce n’est ni plus ni moins, que l’égalité entre tous les citoyens,

  • C’est un logement décent pour chaque famille,
  • L’accès aux soins, sans barrière, qu’elle soit financière ou territoriale,
  • Une éducation de qualité,
  • De la culture et du sport pour tous,
  • Une restauration scolaire de qualité.
  • C’est aussi le droit, pour tous, à un cadre de vie agréable, apaisé, et à la tranquillité publique.

Les annonces du tandem Macron-Philippe, ont provoqué la colère et l’incompréhension totale de tous les élus locaux, qu’ils soient de droite ou de gauche, urbains ou ruraux. Une colère justifiée, légitime, car jamais les collectivités locales n’ont encaissé autant de mauvais coups, en termes de ressources financières, mais aussi humaines. Il nous faut aller plus loin que la colère, et résister ! Elus et citoyens, trouvons les modes d’action pour que « vivent les communes ». Nous voulons une commune qui agisse, pas une commune réduite à une chambre d’enregistrement. Nous voulons une commune qui tende la main à ses habitants, et reste un levier de l’aménagement de tous ses quartiers. Nous voulons une commune qui soutienne la jeunesse, la création et la culture populaire, accompagne les enfants dans leur éducation, et veille à la dignité de nos aînés. Nous voulons une commune solidaire, une commune de toutes les chances, une commune guidée par l’intérêt général. Une commune responsable dans son budget, autonome dans ses priorités, indépendante dans le choix de ses politiques de proximité.

Défendons, exigeons, luttons ! Contre les politiques d’austérité qui frappent de plein fouet les collectivités territoriales. Des villes asphyxiées financièrement, par des années de baisse des ressources, et qui doivent faire face,   à l’augmentation des besoins des habitants, toujours plus touchés par le chômage, le mal logement, etc. et au désengagement de l’Etat sur ses missions régaliennes.

Je vous remercie toutes et tous de votre présence aujourd’hui, pour que « Vivent les communes », lieux de souveraineté populaire. Je vous invite à rejoindre la mobilisation du 22 mars de toute la fonction publique, de la SNCF, des étudiants, mais aussi des usagers et de tous ceux qui défendent le service public, comme outil républicain de l’équité territoriale et sociale.