Rapport Cap 2022 : programme de démolition des services publics

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Lundi 3 septembre 2018.

Pour nous, c’est le bien commun, ce qui est profitable à l’ensemble des membres de la société et qui structure cette même société. Pour eux, c’est une charge dont il convient de se débarrasser. Ce sont des aides sociales qu’il faut simplifier, compresser, et attribuer à un minimum de personnes sous réserve de nouveaux critères. Pour exemple, les allocations familiales attribuées sous condition de ressources, excluant 30% des bénéficiaires actuels.

CAP2022…un rapport, 22 propositions et tout un programme pour démolir nos services publics en un temps record ! Aux commandes de ce dossier, des énarques, hommes d’affaires, dirigeants de grands groupes, hauts fonctionnaires, un « comité directeur » qui n’a évidemment pas été constitué au hasard…dans cette entreprise de démolition dont le but est purement comptable.

Le premier ministre, commanditaire de ce dossier, voulait le garder au secret, et pour cause, mais suite à des fuites dans la presse, il a été rendu public en plein cœur de l’été…

L’objectif de ce rapport est limpide, et en totale cohérence avec la politique gouvernementale d’Emmanuel Macron. Faire de nos services publics les vestiges d’un monde considéré comme ancien et dépassé, dans une logique purement libérale. Ce que l’on veut détruire, c’est notre identité, notre structure, un modèle de société solidaire façonné par des générations de lutte.

Si la situation n’était pas à ce point dramatique pour des milliers de Français touchés, toujours plus durement, par la précarité et la pauvreté, nous pourrions parcourir ce rapport comme une farce ou un mauvais roman de science-fiction avec une dématérialisation à outrance et internet en recette miracle de tous les maux.

Le décalage est frappant, entre les véritables préoccupations des Français qui attendent, des services publics, une réponse à leurs besoins vitaux et les 22 propositions de ce rapport, favorables à ceux qui payent l’ISF, défavorables à ceux qui ont besoin des APL, pour une société du chacun pour soi.

Le décalage est frappant entre deux visions radicalement opposées des services publics. Pour nous, c’est le bien commun, ce qui est profitable à l’ensemble des membres de la société et qui structure cette même société. Pour eux, c’est une charge dont il convient de se débarrasser. Ce sont des aides sociales qu’il faut simplifier, compresser, et attribuer à un minimum de personnes sous réserve de nouveaux critères. Pour exemple, les allocations familiales attribuées sous condition de ressources, excluant 30% des bénéficiaires actuels.

Avec ce rapport, une ligne vient d’être franchie vers la privatisation, de la santé jusqu’à l’éducation en passant par la culture. Glissement vers le clientélisme, remise en cause du principe d’intérêt général, abandon du rôle stratégique des politiques publiques qui n’auront désormais plus que la finance à l’esprit, comme si la rentabilité était devenue une condition de l’action publique.

Sous couvert de simplification, c’est 30 milliards d’économies promis par l’anéantissement de notre bien commun.