Projet Régional de Santé

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Séance du conseil municipal du mardi 26 juin 2018 : Avis du Conseil municipal concernant le Projet Régional de Santé.

L’hôpital public doit rester le pivot de notre système de santé, avec des coopérations entre établissements, et le maintien des hôpitaux de proximité et de leurs services.

 

En avril dernier, j’ai envoyé un courrier au directeur général de l’Agence Régionale de Santé, pour m’étonner des délais très courts de consultation des collectivités. Dans bon nombre de villes, le projet régional de santé (PRS), est passé totalement inaperçu, alors que l’avenir de la santé publique est un enjeu majeur, en milieu urbain comme rural.

Le PRS, présenté par l’agence régional de santé, couvre en effet une période de dix ans, 2018-2028. Si on devait le résumer brièvement, on pourrait dire qu’il y a des intentions, des ambitions beaucoup moins, et des moyens, pas du tout à la hauteur de l’enjeu de santé publique. L’intention que nous partageons avec le PRS, concerne l’impact de la précarité, sur la santé des populations les plus en difficulté.

Ateliers santé ville ; campagnes de vaccination publique et scolaire ; prévention des addictions, avec le forum que nous avons créé, et surtout le travail engagé tout au long de l’année ; Point accueil écoute jeunes et familles : notre ville s’est déjà engagée très fortement, sur ce domaine de la santé publique au sens large. Nous faisons le constat également de la fragilité de la démographie médicale, et notre diagnostic fait apparaître une présence médico-sociale, inégalement répartie sur le territoire et en forte tension, pour les généralistes et spécialistes (gynécologues, ophtalmo, dentistes, orthophonistes). Malheureusement, le PRS apporte peu de solutions pour réduire ces déserts médicaux.

De même, pour le secteur hospitalier, aucune réponse ne figure dans le projet, pour résoudre les problèmes chroniques de sous-effectif du personnel, l’un des problèmes majeurs de notre santé publique.

Les mouvements de grève du personnel au Vinatier et à l’Hôpital Saint-Jean-de-Dieu, ces derniers mois, sont venus rappeler le manque de moyens humains, et la dégradation constante des conditions de travail. On peut noter que, d’une façon générale, la psychiatrie en France est notoirement sous-financée. Beaucoup de spécialistes font le constat alarmant, d’une paupérisation globale de cette discipline. Là encore, le PRS ne s’engage pas sur un plan d’action clair, ni sur des financements précis.

J’attire votre attention sur la télémédecine, et la dématérialisation des formalités administratives, qui risquent d’exclure de l’accès aux soins, les populations les plus fragiles. Les nouvelles technologies et plateformes de télésanté, doivent être un plus, mais ne peuvent se substituer aux rapports humains, un préalable, tant dans le parcours médicalisé, que dans les consultations entre médecins et patients. Je rappelle que 20% de la population française ne disposent pas d’ordinateur, ni de connexion internet.

Enfin, je trouve que les thèmes de la santé scolaire, de la santé au travail, de l’offre médico-sociale aux personnes âgées et du handicap, sont au mieux, survolés, au pire, quasi ignorés.

Pour avoir écouté le personnel hospitalier en grève, au Vinatier et à Saint-Jean-de-Dieu, tous vous diront que le PRS n’est autre, que la déclinaison libérale des politiques sanitaires de ce gouvernement. Que veulent-ils concrètement ? Des effectifs avant tout, tant le manque de moyens humains est scandaleux, les conditions de travail inacceptables, et, par la force des choses, les conditions d’accueil des patients dégradées. Ils veulent que l’hôpital public reste le pivot de notre système de santé, avec des coopérations entre établissements, et le maintien des hôpitaux de proximité et de leurs services.

Ils rejettent la constitution des groupements hospitaliers de territoires, qui favorisent le regroupement des hôpitaux. Ils demandent la création de centres publics de santé, rattachés à des établissements de santé, avec des personnels salariés de la fonction publique hospitalière, pour lutter contre les déserts médicaux.

L’urgence de répondre aux besoins liés au vieillissement de la population, passe par la création de places supplémentaires en EHPAD. Voilà la santé publique que souhaite la profession médicale et hospitalière, une santé accessible à tous, et présente sur tous les territoires, au plus près des besoins de la population et des personnels. Entre les lignes, le PRS pense la santé en termes de rentabilité, d’économies, et de marchandisation de la sécurité sociale, d’où, malgré quelques bonnes intentions, l’avis défavorable que notre ville émet.

Je vous remercie.