Programmation sociale 2018

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Séance du conseil municipal du mardi 3 avril 2018 sur le rapport n°1 « Programmation sociale 2018 : approbation des subventions Ville et approbation des actions sous maîtrise d’ouvrage de la Ville de Vénissieux ».

 

 

La programmation de la Gestion Sociale et Urbaine de Proximité (GSUP), s’inscrit dans le cadre du contrat de ville 2015-2020. Il s’agit de renforcer la coordination des interventions, sur les périmètres Quartiers Politique de la Ville Minguettes-Clochettes, et Duclos-Barel.

C’est le fruit d’un travail partenarial entre les bailleurs, la Métropole, la Ville, avec l’État également, pour la programmation sociale. Je remercie les services, qui procèdent à une analyse précise de terrain, des attentes et besoins des habitants.

Dans le cadre de la GSUP 2018, des actions ont été priorisées. Je précise que la GSUP est un outil adapté, qui répond aux enjeux des différents territoires, et sert à améliorer le cadre de vie des habitants, tout en renforçant l’association des habitants, dans la gestion de proximité.

Différentes actions sont proposées. Sous maîtrise d’ouvrage de la Ville, on retrouve l’entretien mutualisé des espaces extérieurs Pyramide, Couloud, Léo Lagrange, du secteur Montchaud, Lénine, Thorez, Rotonde et division Leclerc. Le nettoyage complémentaire du marché des Minguettes, et de sur-entretien sur Vénissy/Armstrong, figure dans la programmation 2018.

Des actions de lien social sont à mentionner, avec le déploiement du dispositif « Voisins Malins », en lien avec le Nouveau Programme National de Renouvellement Urbain, et dont l’objectif est de recréer, le cas échéant, une dynamique de quartier.

L’engagement financier de la ville s’élève à plus 97 000€, pour un coût global des opérations toutes maîtrises d’ouvrages confondues, à un peu moins de 500 000€.

Le second volet du Contrat de Ville concerne, lui, la programmation sociale 2018, qui comprend 22 actions, et vient renforcer le développement social des quartiers. Cette programmation sociale 2018 représente pour la ville, une participation financière de 142 000€. Jeunesse, vie associative, santé, culture, insertion, emploi, ingénierie, lien social, je considère ces missions comme prioritaires et essentielles, dans le cadre du Contrat de Ville 2015-2020. Peut-être plus qu’ailleurs, les Quartiers Politique de la Ville doivent être irrigués et alimentés, par toutes les dimensions sociales, culturelles, éducatives, sécuritaires, que portent les services publics de proximité. C’est la condition de leur désenclavement, c’est le serment de la continuité territoriale de notre pacte républicain.

Nous savons que les Politiques de la Ville sont nécessaires, mais qu’elles ne sont pas suffisantes pour éradiquer la pauvreté, et faire reculer le chômage. Les rapports de l’Onzus l’ont démontré ces dernières années : de profondes inégalités demeurent et s’enkystent, malgré la rénovation urbaine.

Depuis l’élection d’Emmanuel Macron, le flou et le manque d’ambition du gouvernement inquiètent au plus haut point, les maires des villes populaires. L’avenir des jeunes et des habitants des quartiers en difficulté, ne semble pas du tout intéresser le président de la république. Peut-être faut-il y voir l’effet « premier de cordée », serait-on tenté d’en rire, si la situation n’était pas aussi grave ?

La récente démission du maire de Sevran (Seine-Saint-Denis), pour protester contre l’absence des politiques publiques dans les banlieues, marque de façon retentissante, la profonde colère des élus locaux des villes populaires. La crise est profonde, et le degré de défiance des collectivités territoriales, à l’égard du gouvernement actuel, comme des précédents, atteint aujourd’hui des sommets.

Bien évidemment, nous attendons les propositions et préconisations, que Jean-Louis Borloo va remettre à l’Etat. Y a-t-il matière à espérer une nouvelle dynamique ? Sans faire de procès d’intention, je ne le crois pas. Parce qu’une politique de la ville qui commence par asséner un coup terrible aux bailleurs sociaux, avec la compensation de la baisse des APL, c’est une politique de la ville qui part du très mauvais pied. Comme si le logement social, avec l’éducation, la sécurité, n’était pas l’une des pierres angulaires de la réussite de la rénovation urbaine. Non seulement le signal émis est très mauvais, mais l’avenir est lui aussi déjà gagé. Quels seront les moyens des communes, dès lors que ces dernières seront cadenassées politiquement et financièrement, par la contractualisation financière État-Collectivités, laquelle plafonne l’augmentation des dépenses de fonctionnement à 1,2% par an, sous peine de sanction budgétaire ? Comment allons-nous agir ? Quelles seront nos marges de manœuvre, alors que l’on nous impose des baisses de dotation, la perte du levier fiscal, etc ? Et le ciel s’assombrit encore, avec la dégradation récurrente des financements de l’Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine.

Les politiques de la ville sont dans l’œil du cyclone, et tout laisse à penser que les erreurs du passé, et des fractures territoriales inadmissibles, sont en passe de devenir les erreurs de demain. Ce n’est pas un discours de résignation et d’abandon que l’on attend de l’Etat, mais d’action, de mobilisation et d’ambition. On en est très loin aujourd’hui.

Je vous remercie.