Personnels de l’Éducation nationale admis à la retraite

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Mercredi 5 juillet 2017

En cette fin d’année scolaire, certains enseignants de la ville quittent les bancs de l’école. Ce matin, nous recevions, à l’hôtel de ville, les personnels de l’Éducation nationale admis à la retraite. L’occasion de les remercier pour tout ce qu’ils ont apporté au sein de leur établissement à des générations d’enfants, des générations de Vénissians. Nous leur souhaitons une belle retraite.

 

Un immense merci, voilà le message simple, direct et sincère, que la ville de Vénissieux tenait à vous adresser.

Retraités, vous l’êtes, vous l’avez mérité, je n’en doute pas, mais je sais que vous garderez malgré tout, un œil bienveillant sur l’éducation nationale, tout comme l’on reste à vie, l’enfant de son école. La scolarité relève de l’empreinte, quelque chose qui imprègne nos souvenirs, laisse une trace et nous suit tout au long de nos parcours.

Merci d’avoir formé, accompagné, émancipé, instruit des valeurs, et éduqué des générations d’enfants, des générations de Vénissians.

Marcher vers le savoir, les connaissances et la tolérance, tout en construisant, étape après étape, sa propre personne, connaît-on plus belle mission, que celle que vous avez accomplie, dans les 21 groupes scolaires, 5 collèges et 3 lycées de Vénissieux ?

Merci de votre fidélité indéfectible à notre ville, à ses familles, et à cette grande et belle mission de l’école publique, laïque et gratuite, l’école de l’égalité des chances pour tous, sans discrimination.

Merci enfin de votre implication et de votre contribution, à la réussite de notre projet éducatif de territoire, qui ouvre des portes entre tous les temps de l’enfance, du scolaire vers le périscolaire, du savoir vers les activités culturelles ou physiques, de l’écolier vers le collégien, puis le lycéen. Sans oublier tout le travail de sensibilisation au sujet de la laïcité, des rapports filles-garçons, et aujourd’hui, sur les différentes formes d’addiction.

Vénissieux est une terre d’éducation, d’éducation prioritaire et d’éducation populaire : 9 100 élèves pour le 1er degré, plus de 3 000 dans les collèges, et plus de 1 500 dans les lycées.De la maternelle aux lycées, nous comptons à Vénissieux, presque 70 postes de direction, et un peu moins de 1 700 enseignants et personnels administratifs. Le chiffre est impressionnant, et parmi ces effectifs, vous êtes aujourd’hui 14 à partir à la retraite, cet été 2017 : directeurs d’écoles, professeurs et professeure d’école, maître rééducateur et agents administratifs.

Pour tout dire, je suis fière d’être à la tête d’une majorité, qui consacre 21% de son budget aux écoles et à l’enseignement. Nous avons toujours su, et pu compter sur vous. Mais je crois, et j’en suis même certaine, que vous avez toujours su que la ville de Vénissieux était à vos côtés, pour défendre vos conditions de travail, pour défendre une école publique, dotée de moyens humains et financiers, à la hauteur de l’enjeu de société qu’elle représente. A l’heure où l’Etat se désengage des politiques de proximité, et coupe les dotations et subventions attribuées aux collectivités locales, notre priorité pour l’éducation, est tout autant une ambition concrète, qu’un acte de résistance.

La rentrée qui s’annonce, s’inscrit d’ores et déjà, dans cet état d’esprit. La colère gronde un peu partout. Le passage à 12 élèves en CP, dans les REP+, quasiment sans création de postes, s’attire les foudres des enseignants, et pourrait provoquer l’affaiblissement du dispositif « plus de maîtres que de classes ». Dans toutes les grandes villes, déjà sous tension au niveau des effectifs, la réforme annoncée par le ministre de l’éducation nationale, pose de réelles difficultés d’organisation, car nous ne pouvons pas doubler les classes, comme chacun peut le comprendre.

Enfin, le détricotage des rythmes scolaires, place les collectivités devant le fait accompli. Soit vous les maintenez, mais quid des financements à l’heure de l’austérité, soit vous revenez à la semaine de quatre jours, mais quid du rythme biologique de l’enfant ? Quand on sait l’investissement que cela a représenté, pour la ville et l’éducation nationale, on se dit que quelque chose ne fonctionne pas, ou très mal, dans l’application d’une réforme une énième fois verticale, décidée sans concertation, ni approche de la réalité du terrain.

Je crois que l’école publique a moins besoin de l’ego ou de l’empreinte, que les ministres veulent laisser, que d’un retour à une stabilité ambitieuse : réduire les fractures territoriales, l’échec scolaire et les inégalités sociales, trop marquées dans tous les cursus en France.

Je sais que vous aurez toutes ces questions en tête, et un petit pincement au cœur, lorsque la sonnerie de la rentrée 2017 retentira. Je sais aussi que vous resterez solidaires des enseignants en activité, qui accomplissent un travail fondamental, dans les établissements prioritaires.

Fondamental pour l’enfant, fondamental pour le vivre ensemble, fondamental pour la cohésion sociale. Toutes ces notions, qui ne sont pas autre chose que les fondations d’une démocratie éclairée, vous y avez consacré votre vie professionnelle, votre passion, et vos compétences.

C’est donc pour moi un honneur et un juste retour des choses, que de souhaiter à chacun de vous, une excellente et fertile retraite.

Je vous remercie.