Ouverture de la semaine bleue 2018

Voir toutes les actualités

Lundi 8 octobre 2018.

La notion de respect, de réciprocité, de solidarité  intervient, tout comme le devoir pour toute société digne de ce nom, d’améliorer les conditions de vie du 3ème âge. Ecouter, briser l’isolement, accompagner, favoriser l’autonomie, faciliter l’accès aux soins, adapter les logements, intégrer les personnes âgées à la vie culturelle, sportive, citoyenne, multiplier les échanges entre les générations.

La place de nos aînés dans notre société, dans nos villes, est un enjeu de civilisation. Parce qu’il s’agit d’un mouvement de reconnaissance de la communauté à l’égard des générations qui partent à la retraite après avoir contribué au développement de notre pays.

La notion de respect, de réciprocité, de solidarité  intervient, tout comme le devoir pour toute société digne de ce nom, d’améliorer les conditions de vie du 3ème âge. Ecouter, briser l’isolement, accompagner, favoriser l’autonomie, faciliter l’accès aux soins, adapter les logements, intégrer les personnes âgées à la vie culturelle, sportive, citoyenne, multiplier les échanges entre les générations.

L’enjeu de civilisation, dont je parlais, se niche dans cette liste de verbes et d’actions. Les remplir est un devoir, mais ce n’est plus tout à fait le cas aujourd’hui. Les individualismes ont rongé le lien social, et les égoïsmes la bienveillance.

Les politiques d’austérité menées par les différents gouvernements ont considérablement fragilisé le quotidien des retraités. Jamais ils n’ont été touchés aussi durement depuis l’élection d’Emmanuel Macron. Il y a eu la hausse de 1,7 point de la CSG, puis la récente annonce du gel des pensions qui ne seront plus indexées à l’inflation. Deux coups très rudes quand on sait que 8% des retraités vivent sous le seuil de pauvreté, et qu’en moyenne, tous régimes confondus, les retraités français reçoivent une pension d’un peu moins de 1 400 euros bruts par mois.

Ces politiques véhiculent, par ailleurs, l’image pernicieuse de retraités aisés, dormant sur leur patrimoine, mais je sais que ce n’est pas le cas.

Ce que j’entends de nos aînés, c’est au contraire la difficulté de se soigner, de se loger, de se chauffer. C’est restreindre son alimentation, ne pas pouvoir aider autant qu’escompté ses enfants et petits-enfants, et au final, se sentir abandonné par les politiques publiques de l’Etat.

Des études d’impact consacrées aux effets de la hausse de la CSG et de la désindexation des pensions de retraites, sont d’ores et déjà alarmistes.

Dès 2019, il y aurait 73% de retraités perdants, avec une chute de leur pouvoir d’achat de 200 euros par an.

En 2020, 79% des ménages retraités seraient touchés avec une perte de l’ordre de 700 euros par an ! Il n’y a pas de contrepartie à ces efforts demandés aux personnes âgées, d’autant que le reste à charge zéro en matière de lunettes, appareils auditifs, prothèses dentaires, ne sera pas mis en place avant 2020-2021, et que la santé publique et les hôpitaux sont, année après année, affaiblis par les politiques libérales.

On supprime l’ISF d’un côté, et on augmente la CSG de l’autre, tout en rabotant les APL : où est la justice sociale ?

Que sont devenues les grandes solidarités nationales par répartition, entre les générations, entre populations active et inactive, entre riches et démunis ?

La précarité de nos aînés n’est pas acceptable, sur la forme comme sur le fond, on ne peut pas laisser les générations qui nous ont précédés dans le dénuement, se débrouiller seules avec leurs difficultés.

Car à cette attaque frontale s’ajoutent les attaques indirectes à notre système de santé et aux collectivités locales, qu’on asphyxie financièrement. Baisse des dotations, suppression de la taxe d’habitation, contractualisation des dépenses de fonctionnement, 70 000 postes en moins dans la fonction territoriale d’ici 2022 : les politiques de proximité, que nous déployons et qui modèrent, tant bien que mal, les effets de la crise, sont clairement menacées.

Il y a urgence à revenir à l’humain, urgence à le replacer au cœur de politiques nationales devenues comptables, marchandes, des politiques à sang froid, coupées des réalités.

Mais cette semaine bleue reste pour moi un moment à part : un moment unique de rencontres, d’échanges, de proximité et de complicité, qui a réuni, l’année dernière, près de 600 participants.

Prenons le temps de parler, d’écouter, de s’engager, d’inventer et d’imaginer des réponses collectives au développement de Vénissieux.

Cette année, la thématique d’une société respectueuse de la planète, montre à quel point notre présent a besoin de votre recul, de votre expérience, de votre savoir. C’est une idée à laquelle je crois beaucoup, et à laquelle je tiens : être à la retraite ne signifie pas être en retrait. D’une façon générale, votre présence dans la vie des associations, dans les conseils de quartier, illustre cette volonté d’agir pour les jeunes générations. Et je sais que les questions du développement humain et durable, du vivre-ensemble et des transmissions intergénérationnelles, sont des questions que vous portez, qui vous animent.

Tout au long de la semaine, des visites, découvertes, ateliers, mais aussi des temps conviviaux, vont venir décliner cette thématique de l’environnement, cruciale à l’heure du réchauffement climatique.

Cet été, le plan canicule a été une nouvelle fois activé, et nos services ont passé plus de 3 700 appels aux personnes âgées, pour s’assurer de leur bonne santé et des précautions à suivre lors de ces très fortes chaleurs. Ce sont ces politiques de proximité, utiles, quotidiennes, humaines, que notre ville, vous le savez, défend contre le libéralisme et l’argent fou.

Prévention de la perte d’autonomie, accompagnement des personnes âgées pour favoriser le maintien à domicile, lutte contre l’isolement et la précarité que peuvent rencontrer les personnes âgées, voilà ce que nos politiques de proximité servent.

Permettez-moi d’ouvrir une parenthèse chiffrée car elle nous parle du terrain, du concret.

Selon les données 2018, 1 350 journées ont été réalisées, en moyenne, pour la prise en charge de 49 personnes dans le cadre du service de soins infirmiers à domicile. 1 600 journées réalisées, en moyenne, pour les prestations d’aides à domicile auprès de 125 personnes inscrites dans le Service d’Aide et d’Accompagnement à Domicile. 26 000 repas livrés pour 105 personnes inscrites au service de repas à domicile. 4 300 colis distribués au moment des fêtes de fin d’année, et un peu plus de 1 200 repas servis sur les 4 repas à la salle Irène Joliot-Curie. 115 logements dans nos deux résidences Raynaud et Bonin et les deux foyers soleil.

Je n’oublie pas notre politique d’investissement pour l’entretien du patrimoine (plus de 200 000 € d’investissement réalisés dans les résidences), et de soutien aux associations intervenant auprès des seniors, à hauteur de 91 000 € de subvention versés.

Avec l’OMR et son panel d’animations, d’activités et de temps forts tout au long de l’année, avec les 2 EHPAD présents sur notre territoire pour favoriser l’intégration des personnes âgées dépendantes, avec notre travail d’accompagnement pour les actes administratifs et l’accès aux droits, la ville de Vénissieux maintient son ambition : offrir à nos aînés des conditions de vie dignes, solidaires et ouvertes sur le monde.

Cette semaine est un vrai rendez-vous, un rendez-vous attendu et apprécié.

Je tiens à remercier tous ceux qui ont contribué à son organisation : les résidents de nos deux résidences, les 3 centres sociaux des Minguettes, les deux EHPAD, l’OMR, l’ensemble de nos services et le CME.

Un symbole de l’énergie vénissiane pour que toutes les générations, ici dans notre ville, ne fassent plus qu’une.

Je vous remercie.