Lancement de la 20ème édition du festival Fêtes escales

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Jeudi 24 mai 2018.

Variété de styles, variété d’univers, de cultures musicales, variété de poésies, de chants, de racines en nous et d’horizons ouverts, c’est toute la culture et toute la création qu’on aime, proches et directes, qui nous chantent le monde dans toute sa diversité, et dans toutes ses fractures.

20 ans, c’est le bel âge, a-t-on l’habitude de dire. Alors oui, notre Ville peut être fière d’avoir fait, et vu grandir, son festival d’été, le festival Fêtes Escales. De l’avoir vu grandir dans le cœur des Vénissians, de l’avoir vu grandir, et trouver sa place parmi les grands festivals de l’agglomération, et de la Région, de l’avoir vu grandir en gardant ses traits de caractère : populaire, ouvert à toutes les cultures musicales, et bien évidemment gratuit.

Les fêtes Escales, c’est un rendez-vous où se croisent le corps de la musique, et l’esprit de la République, un rendez-vous suivi en moyenne, par 7 à 9 000 spectateurs.

Un festival, c’est un florilège d’émotions, qui laisse une empreinte personnelle et collective, qui grave des souvenirs et des imaginaires communs. Et il y en a eu de très nombreux, tout au long de ces 20 éditions. On entend encore les voix et les notes de Kerry James, de Zebda, de Rokia Traoré, de la Grande Sophie, d’Olivia Ruiz, d’Idir, des Têtes Raides, pour ne citer qu’eux.

Variété de styles, variété d’univers, de cultures musicales, variété de poésies, de chants, de racines en nous et d’horizons ouverts, c’est toute la culture et toute la création qu’on aime, proches et directes, qui nous chantent le monde dans toute sa diversité, et dans toutes ses fractures.

J’ajouterais à ces soirées, l’émotion palpable et retenue du public, qui a marqué l’édition 2016, après l’attentat du 14 juillet à Nice, comme si la vie finissait toujours par prendre le pas sur la barbarie.

Le festival Fêtes Escales n’est pas qu’un temps événementiel, il reflète notre politique culturelle municipale ambitieuse, qui vise à rendre accessible à toutes et tous, l’art et la culture, à fédérer les habitants et leurs voisins, autour de temps forts et de partage, et à prendre en compte la diversité des formes artistiques d’aujourd’hui.

Sur le fond, ce Festival ne peut être que Vénissian, car il crée des moments de rencontres, des temps de convivialité et de proximité.

Plus qu’une culture démocratisée, les Fêtes Escales renforcent une démocratisation de la culture, avec les dictées de Thierry Renard de l’Espace Pandora, avec les concerts de l’Opéra de Lyon, les animations à partager en famille, et le pique-nique républicain.

Les objectifs du Festival à sa création, lorsqu’il se nomme alors Festival Méditerranée, et qu’il jouxte La Nuit métisse, se retrouvent dans cette 20ème édition : les lignes musicales restent orientées sur la chanson et les musiques du monde, avec cette année, des soirées thématisées autour de l’Afrique, de l’Amérique du Sud, de l’Algérie et du Maghreb.

L’anniversaire, que nous fêtons aujourd’hui, montre notre détermination de maintenir la culture, comme levier de l’aménagement de notre territoire, et comme foyer du vivre ensemble.

En 2018, cette ambition est un combat. Un combat contre le populisme ambiant, qui dans ses discours relègue la culture, la création, et plus généralement les sciences humaines, comme accessoires et pis-aller, à l’heure de la crise économique.

C’est au contraire dans les périodes difficiles qu’elle rapproche les habitants, et renforce une cohésion sociale, malmenée par le libéralisme et les replis identitaires.

Un combat contre les politiques d’austérité, qui frappent de plein fouet et de plus en plus gravement, les collectivités locales et le monde associatif. Le résultat est dramatique : plus de 170 manifestations culturelles, sur l’ensemble de notre territoire, ont disparu depuis 2015, dont de nombreux festivals de musique.

En fragilisant les communes et leurs politiques de proximité, on fragilise le maillage culturel, sur l’ensemble de notre territoire. Soyons clairs, au fil des désengagements de l’Etat, les collectivités sont devenues le moteur et la courroie de transmission de la création et de l’animation, dans tous les quartiers.

Les chiffres sont explicites : les dépenses culturelles des collectivités territoriales s’élevaient à 9,3 milliards d’euros, en 2014. La majorité d’entre elles, à presque 60%, bénéficie au soutien à la création et à la diffusion artistique (pour 5,2 milliards d’euros), la conservation et la diffusion patrimoniale recevant près de 40 % des dépenses totales (soit 3,6 milliards d’euros). C’est dire à quel point les communes irriguent la culture de proximité, la culture de tous les jours.

Assécher les finances locales, comme le font les derniers gouvernements, en diminuant les dotations de façon drastique, n’est pas sans conséquence sur le terrain.

Nous avons dû ainsi réduire la durée de nos résidences littéraires, concentrer le Festival sur 3 jours, mis fin aux ateliers en amont de la manifestation, etc. En dépit des contraintes budgétaires, que l’Etat et Bruxelles nous imposent, nous poursuivons nos efforts en maintenant la gratuité des Fêtes Escales, en inaugurant des nouveaux équipements culturels, comme ici même à Bizarre, en organisant des manifestations comme les Musicianes, en accueillant des compagnies dans notre théâtre, etc.

Créer, c’est résister, et résister, c’est créer. Voilà peut-être où nous en sommes, dans un monde où la culture ne va plus de soi, où il faut la soutenir, la défendre, la vouloir, où il faut entrer en résistance.

Les 20 ans des Fêtes escales montrent à quel point, il est capital de garder notre Festival, comme trait de notre identité, et comme représentation d’un monde ouvert à l’autre.

Artistes, techniciens, partenaires, services de la ville, et en particulier la Direction des Affaires Culturelles, ces 20 ans sont les vôtres, pour faire battre le cœur de la culture populaire, au cœur de notre ville.

Cet anniversaire, c’est aussi celui des Vénissians qui font vivre le festival, qui l’accompagnent à chaque édition, et qui le font rayonner, bien au-delà de notre ville.

Je vous remercie.