La Solidage a 20 ans

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Le 7 septembre 2017

Aujourd’hui, l’établissement fête ses 20 ans, et illustre le bien-fondé de la bataille politique qui a été engagée, pendant plus de dix ans. La santé est notre bien commun, et elle est, à travers le régime de la sécurité sociale, l’un des piliers de notre République, une et indivisible. les politique de proximité pour le 3ème âge, que notre ville déploie, s’inscrivent dans ce cadre d’égalité d’accueil, d’attention et d’accès aux soins de nos aînés. Aux résidents, aux familles, aux bénévoles, à la direction, au personnel et aux partenaires de la Solidage, je souhaite à chacun de vous, un excellent et heureux anniversaire. 20 ans, c’est effectivement un bel âge.

Le 4 juillet 1997, il y a 20 ans, la Solidage était enfin inaugurée. J’emploie le mot enfin, car sa réalisation et son implantation, ont été le fruit d’un très long combat, commencé en 1985.

10 années de lutte, pour mettre fin à une pénurie de l’Est Lyonnais, en matière d’accueil pour personnes âgées dépendantes. 10 années de lutte, que la Ville de Vénissieux a menée, avec le soutien des acteurs de la santé, de l’Office Municipal des Retraités de l’époque, et le partenariat de l’Union des Mutuelles du Rhône. Discussions, pétitions, fausses joies, manifestations et actions de mobilisation, il a fallu se battre, gagner mètre après mètre, pour créer un pôle de santé publique, sur le Plateau des Minguettes, la Solidage, jouxtant l’ancienne clinique de la Roseraie.

La discrimination territoriale par la santé n’est pas acceptable en République, hier comme aujourd’hui.

Le nerf de la guerre se situait là, dans cette volonté de dire à tous les acteurs, que les personnes âgées dépendantes des quartiers populaires, méritaient la même attention que les autres, qu’elles devaient disposer de services publics de santé, au même titre que les autres. Sur le fond, ce combat reste toujours d’actualité. Pour les personnes âgées devenant dépendantes, l’ouverture de la Solidage permettait d’éviter le déracinement d’un quartier, où elles avaient leurs attaches, leur famille, où elles avaient vécu une grande partie de leur vie.

Aujourd’hui, l’établissement fête ses 20 ans, et illustre le bien-fondé de la bataille politique qui a été engagée, pendant plus de dix ans. L’EHPAD est intégré au Groupe Hospitalier Mutualiste des Portes du Sud, apparenté à l’Union Mutualiste de Gestions des Établissements du Grand Lyon.

L’établissement compte 72 lits pour personnes âgées dépendantes, et 10 lits en unité protégée, dédiée à l’accueil de résidents atteints par la maladie d’Alzheimer.

La Solidage est habilitée à l’aide sociale, à l’hébergement et à l’APL. Je remercie le directeur, Monsieur Galaup, et tout le personnel, pour l’accueil et le suivi dont font l’objet les personnes âgées dépendantes.

Notre ville compte désormais sur son territoire, deux EHPAD, la Solidage et les Tulipiers, ce dernier proposant 14 places d’accueil Alzheimer.

Vous le savez, j’ai demandé la construction d’un 3ème EHPAD, dans le cadre du grand projet urbain Puisoz-Parilly, proposition soutenue par la Métropole de Lyon.

Vénissieux est une ville jeune, mais le vieillissement de sa population y est aussi constaté. La population âgée de plus de 60 ans, en 2011, représentait 19% de la population vénissiane, contre 18,1% en 1999. Celle âgée de 75 ans et plus, était estimée à 7,3% en 2011, contre 4,8% en 1999, soit une augmentation de 65%, en l’espace de 12 ans.

Par rapport à 2011, les projections pour 2020 prévoient un accroissement de la population, âgée de plus de 60 ans, de 6%, et de 18,4%, pour les plus de 75 ans. Nous sommes donc face à un défi, un défi auquel doit répondre l’État, et que les collectivités locales doivent accompagner.

Nous savons d’ores et déjà, qu’en France, le nombre de personnes âgées dépendantes devrait augmenter de 1% par an, jusqu’en 2040.

Face à cette réalité, les grandes agglomérations manquent, d’une façon générale, de structures entre les résidences autonomes et les établissements de type EHPAD, où les délais d’entrée sont d’un an, en moyenne. Le plan Alzheimer pose également le problème de son financement. Il faut que le principe de solidarité nationale, prime sur une privatisation rampante des maladies neuro-dégénératives, sans quoi les familles les plus modestes, devront prendre à charge, la perte d’autonomie d’un des leurs, avec toutes les difficultés financières, matérielles, de garde, mais aussi psychologiques que cela implique. Ce n’est pas acceptable.

La santé est notre bien commun, et elle est, à travers le régime de la sécurité sociale, l’un des piliers de notre République, une et indivisible.

Les politiques de proximité pour le 3ème âge, que notre ville déploie, s’inscrivent dans ce cadre d’égalité d’accueil, d’attention et d’accès aux soins, de nos aînés.

J’en rappelle quelques chiffres. Notre budget, pour le 3ème âge, est d’environ 3,3 millions d’euros. Nous nous donnons les moyens d’activer tous  les leviers, en matière d’accompagnement sanitaire, de logements, d’animations, d’équipements culturels. La santé, bien sûr, est essentielle. 160 personnes bénéficient aujourd’hui, du service des aides à domicile, un service qui assure quelque 2 000 heures par mois. L’année dernière, 65 personnes ont eu accès, aux soins infirmiers à domicile. 17 personnes sont inscrites à l’accueil de jour. 25 dossiers sont subventionnés, pour faciliter l’adaptation des appartements, notamment l’installation de douche.

Création et mise en place d’une commission « personnes âgées », pour tenir compte des spécificités de la perte d’autonomie, dans les attributions de logement.

Vous comprendrez que, l’annonce d’un nouveau plan d’austérité du gouvernement, à l’égard des collectivités locales, ait fait l’effet d’une véritable douche froide. 13 milliards d’économies demandés, suppression de la taxe d’habitation, pour 80% des ménages, comment allons-nous financer nos politiques de proximité pour nos aînés, pour nos jeunes, pour la culture, le sport pour tous, pour la sécurité et la tranquillité ?

L’heure est grave, car l’accès aux soins à domicile, nos résidences, les EHPAD, remplissent des missions fondamentales, vitales, et nous ne pouvons pas imaginer qu’elles deviennent a minima, ou réservées à ceux qui en ont les moyens. La santé, comme l’éducation, la culture ou autre, n’est pas un bien marchand, c’est cette solidarité républicaine qu’il nous faut défendre, dès le premier échelon de notre pacte, à savoir dès les communes.

Si je ne me trompe pas, le mot Solidage vient du nom d’une fleur jaune, aux vertus médicinales, dont la traduction en latin signifie « Raffermir ».

On remarquera que la phonétique de solidage, évoque également la solidarité, tout ce à quoi la ville de Vénissieux tient plus que tout.

Alors, aux résidents, aux familles, aux bénévoles, à la direction, au personnel et aux partenaires de la Solidage, je souhaite à chacun de vous, un excellent et heureux anniversaire. 20 ans, c’est effectivement un bel âge.

Je vous remercie.