Journée de la laïcité

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Vendredi 7 décembre 2018.

Après un travail pédagogique réalisé en classe, sur ces textes de poésie, les enfants ont illustré le poème choisi, en réalisant une œuvre plastique de leur choix (toutes techniques d’arts plastiques confondues). Dix textes de poésie ont ainsi été sélectionnés par les DDEN, chaque classe participante en a choisi un, et a réalisé une illustration plastique, fruit de leur analyse de la définition de la laïcité. Ce sont près de 19 écoles, le CME et la maison de l’enfance Louis Pergaud, qui ont été touchés par cette campagne de sensibilisation.

Tant d’amalgames, tant de confusions, tant de raccourcis, la laïcité a fait l’objet de débats si nombreux, qu’ils ont fini par égarer un peu tout le monde.

Rares sont ceux qui s’entendent, sur le sens qu’elle doit prendre, au sein de la société.

Laïcité française, laïcité de combat, laïcité permissive, laïcité positive, laïcité contraignante, nouvelle laïcité ? Où en sommes-nous ?

Il est donc urgent de revenir à des choses simples. Il y a la laïcité et l’esprit de la laïcité, et c’est par l’esprit de la laïcité, qu’on comprend le mieux, le sens de la laïcité.

Quel est donc ce principe ? Il repose sur deux valeurs, que chaque enfant, ici présent, connaît : plus que le mot tolérance, qui peut prêter à différentes interprétations, j’insiste avant tout, sur la notion de respect de l’autre et de respect de la différence.

L’esprit de la laïcité n’est pas un principe qui interdit, mais un principe qui protège.

Il nous protège de quoi ? Du rejet, de la discrimination par la religion, de l’obscurantisme, de l’intolérance, du repli identitaire.

Comme bouclier, ça n’est pas rien, mais surtout, ce que la laïcité permet, c’est de vivre ensemble, les uns avec les autres, et non les uns à côté des autres, forts de nos différences. Qu’elles soient cultuelles ou culturelles.

Ce sont les bases d’une société éclairée, capable de s’élever au-dessus des appartenances, sans renier les diversités qui la fondent.

Revenir à des choses simples, c’est aussi rappeler, que la laïcité n’interdit pas la religion, pas plus qu’elle ne s’érige contre les religions.

Il faut éviter ce genre d’association et de confusion, tout comme il convient de réaffirmer, qu’elle ne stigmatise pas les croyances. La laïcité organise notre société, entre le séculier et le religieux, elle dessine un cadre.

C’est à ce cadre, que nous devons nous attacher, un cadre de respect et de séparation, entre l’espace privé et l’espace public, un cadre qui garantit la liberté de culte, sans prosélytisme, et le respect mutuel, entre croyances et convictions, entre croyants et non croyants, entre les confessions elles-mêmes.

Il s’agit bien de se donner les moyens de faire coexister, sur un même territoire, des individus qui ne partagent pas les mêmes convictions, au lieu de les cloisonner en communautés, repliées sur elles-mêmes, et mutuellement exclusives.

En un mot, elle renforce la liberté de conscience de chacun, au cœur de l’égalité républicaine, l’opinion spirituelle relevant de la conscience individuelle.

La nature laïque de notre République, est inscrite dans notre constitution française, ce qui n’est pas le cas de nombreux pays, régis pourtant par le même principe.

Il y a donc un attachement français à cet esprit de concorde, et non de discorde, un attachement lié à son histoire, du Siècle des Lumières à la loi 1905, pour aller vite. Peut-être cet enracinement profond nous a-t-il fait oublier toute la dimension d’explication, de sensibilisation, et d’éducation à la laïcité ?

Je tiens à dire que le travail pédagogique, mené à Vénissieux, est remarquable. Parce que nous avons fait sortir la laïcité de ses beaux textes, pour la faire vivre dans toutes nos proximités.

Pour la sixième année consécutive, nous avons souhaité, avec les délégués départementaux de l’éducation nationale, continuer d’impliquer les écoles publiques, autour de la thématique de la laïcité.

Je remercie Marie-Thérèse Persch, présidente de la délégation de Vénissieux des DDEN, Noëllie Goulefer, Inspectrice de l’Education Nationale de Vénissieux, et à travers elles, tous ceux qui se sont engagés dans cette sensibilisation pédagogique, précieuse, rare et essentielle.

Cette année, des élèves des écoles participantes, ainsi que les élus du conseil municipal enfants, ont été mobilisés, et ont abordé la laïcité sous l’angle des poèmes.

Après un travail pédagogique réalisé en classe, sur ces textes de poésie, les enfants ont illustré le poème choisi, en réalisant une œuvre plastique de leur choix (toutes techniques d’arts plastiques confondues). Dix textes de poésie ont ainsi été sélectionnés par les DDEN, chaque classe participante en a choisi un, et a réalisé une illustration plastique, fruit de leur analyse de la définition de la laïcité.

Ce sont près de 19 écoles, le CME et la maison de l’enfance Louis Pergaud, qui ont été touchés par cette campagne de sensibilisation.

1 600 enfants ont ainsi approché le thème de la laïcité, un premier pas si important, une première initiation, pour poser les jalons du respect, et de l’ouverture d’esprit.

Au-delà du vernissage, auquel nous participons aujourd’hui, l’ensemble des œuvres exposées par les enfants, restera accroché et disponible à la Médiathèque, jusqu’au 19 décembre, avant d’être restituées à chaque école.

Le travail entrepris avec les délégués départementaux de l’éducation nationale, s’inscrit dans la durée, la proximité, et la pédagogie. C’est le même esprit qui anime la commission laïcité et vivre ensemble, que nous avons créée en 2016, et qui se réunit aujourd’hui même, au terme de ce vernissage.

Si la laïcité est un grand principe de concorde, elle ne vit et ne se partage, que dans nos cercles les plus proches, à l’école bien sûr, dans nos équipements publics, dans les hôpitaux, les entreprises, etc.

Il n’est pas exagéré d’affirmer, qu’en affaiblissant les collectivités locales, l’Etat affaiblit de fait, la laïcité au quotidien.

Par ailleurs, au fil des dernières annonces gouvernementales, l’envie de retoucher la loi 1905, devient manifeste. Faut-il légiférer en la matière, la question se pose. Ce texte, si précieux, tant il défend sur le fond, la liberté de conscience, doit-il être adapté à l’évolution de nos sociétés au 21ème siècle ?

Ne faut-il pas, avant tout, favoriser les conditions d’un dialogue apaisé, à travers les formations à la laïcité, par les aumôniers de tous les cultes, rémunérés par l’État ?

Autant de débats ouverts, sensibles, dans le cadre desquels, la raison doit l’emporter sur les passions aveugles, ou les bricolages opportunistes.

L’équilibre de la loi 1905 est fragile, attention à ne pas en déformer le sens et l’esprit.

Car n’oublions pas, comme nous le rappelait le philosophe Henri Pena-Ruiz, que « la laïcité n’est pas un particularisme accidentel de l’histoire de France, mais constitue une conquête à préserver et à promouvoir, de portée universelle. »

Je vous remercie.