Inauguration de la résidence « Glunière »

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Vendredi 20 octobre 2017.

Un projet spécifique de sédentarisation sur le site de la Glunière dans le cadre du schéma départemental d’accueil des gens du voyage. 22 maisons individuelles ont vu le jour avec un emplacement pour caravane intégré à chaque habitation, ainsi qu’un jardin privatif dans le respect d’une culture et de traditions différentes.

La question de la dignité, de la tolérance et de l’ouverture d’esprit, a toujours été l’un des traits de caractère de notre ville.

 

Je ne sais pas s’il y a des projets plus beaux que d’autres. Mais ce que je sais, c’est que certains d’entre eux portent en leur sein, plus d’humanité, plus de solidarité, plus de symbole républicain. Ils parlent tout autant d’eux-mêmes, que de l’esprit qui anime notre ville. La Glunière fait partie de ces programmes, dont Vénissieux et l’ensemble de nos partenaires, peuvent être fiers. Il s’inscrit dans un temps long, où chaque obstacle a été franchi, un par un, méthodiquement.

Depuis 1988, la Ville de Vénissieux a mis à disposition des familles installées et sédentarisées, un emplacement provisoire d’accueil, régi par une convention d’occupation temporaire. Le temps s’est écoulé, les enfants sont scolarisés à l’école Pasteur, au collège Aragon. Il y a eu l’arrivée à Vénissieux, bien avant 1988, puis l’attachement à Vénissieux, et enfin l’appartenance à Vénissieux.

Le fil rouge, c’est notre tradition d’accueil qui n’a pas changé, malgré un siècle qui s’est durci, malgré la tentation des rejets et des replis, qui fissurent notre vivre ensemble.

Dans le cadre du Schéma départemental d’accueil des gens du voyage, un travail s’est ensuite engagé, en collaboration avec la Métropole de Lyon et la ville de Vénissieux, afin d’améliorer les conditions de logement des familles issues de la communauté des Gens du Voyage, à travers un projet spécifique de sédentarisation, sur le site de la Glunière. Est Métropole Habitat, bailleur social que je remercie, a été désigné pour assurer la maîtrise d’ouvrage de cette opération, et le pilotage a été conjointement assuré par la Métropole et la Ville.

Par ailleurs, et comme dans de nombreux chantiers, nous avons passé des clauses d’insertion, dont ont profité 9 personnes pour un total de plus de 2 700 heures réalisées. Notre volonté a toujours été de reloger durablement les familles en voie de sédentarisation, résidant actuellement sur le site, ainsi que les enfants souhaitant décohabiter, ou d’anciens résidents souhaitant revenir auprès de leur famille.

L’entrée dans la phase opérationnelle du projet s’est faite en 2015. Cette opération, qui porte sur un foncier d’environ 5 000 m2, se compose de 22 maisons individuelles, réparties sur 4 îlots distincts.

Afin de tenir compte de la spécificité du mode de vie des Gens du voyage, un emplacement pour caravane est intégré à chaque habitation, ainsi qu’un jardin privatif. Ce respect d’une culture et de traditions différentes, est un élément fondateur du projet. Là encore, je m’en félicite, tant la question de la dignité, de la tolérance et de l’ouverture d’esprit, a toujours été l’un des traits de caractère de notre ville.

Je ne peux passer sous silence tout le travail d’accompagnement social des familles et d’intégration, mis en place. Dès 2010, notre ville a missionné l’ARTAG, l’Association Régionale des Tsiganes et de leurs Amis Gadgé, pour diffuser les informations, et aider les familles avant, pendant, et après les travaux d’aménagement de la Glunière. Plusieurs assemblées générales ont été organisées, afin de présenter le projet aux familles, et de prendre en compte leurs observations, sur les propositions de relogement temporaire.

Sur les 22 familles titulaires, 12 se sont installées temporairement sur l’aire d’accueil des gens du voyage, Chemin de Feyzin, 8 ont été relogés par un bailleur social sur la commune, et 2 familles ont été hébergées par leurs proches, le temps de la livraison du programme.

Je remercie l’Etat et la Métropole d’avoir cofinancé avec nous, un projet de plus de 4 millions d’euros. Mais au-delà du coût, ce que je retiens avant tout, ce sont toutes les dimensions que recouvrent ces 22 maisons individuelles de la Glunière. Logement digne, intégration de plain-pied à nos équipements publics, proche du centre-ville, et n’oublions pas la question de la scolarisation des enfants, qui a mobilisé notre attention.

Nous avons été sensibles à l’inquiétude des familles, liée au changement d’école de leurs enfants, lors de la dernière rentrée scolaire. La Ville et l’Académie de Lyon ont montré leur attachement à leur scolarisation, en accordant des dérogations, dont seulement deux familles n’ont pas pu bénéficier. Les enfants de la Glunière sont scolarisés à l’école Louis Pasteur et au Collège Aragon, et nous tenions à ce que cet ancrage perdure.

Le temps du projet a été un temps long, je tiens à associer à sa réussite, nos partenaires, mais aussi toutes les équipes municipales qui se sont succédé, ont accompagné et fait avancer la Glunière, jusqu’à cette belle inauguration d’aujourd’hui. Avec ses résidences sociales, ses résidences pour personnes âgées, ses foyers de travailleurs migrants, ses logements étudiants, et son habitat pour les gens du voyage, Vénissieux continue de conjuguer sa politique du logement, au seul mot qui la guide : dignité.

Je vous remercie.

  • Cédric Van Styvendael, Directeur général d'Est Métropole Habitat