Forum de prévention des addictions 2017

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« Nous avons ouvert un sillon et fait preuve d’anticipation, dans un domaine sanitaire qui est à la fois, d’actualité, et devant nous. Jeunesse et addictions, où va-t-on ? Comment les détecter, comment les prévenir, comment en parler avec ses proches, sa famille ? »

Nous avons ouvert un sillon et fait preuve d’anticipation, dans un domaine sanitaire qui est à la fois, d’actualité, et devant nous.

Jeunesse et addictions, où va-t-on ? Comment les détecter, comment les prévenir, comment en parler avec ses proches, sa famille ?

Aux addictions plus anciennes (alcool, tabac, stupéfiants), se sont ajoutées des addictions plus récentes, aux écrans et aux réseaux sociaux, qui elles aussi, posent de véritables problèmes de santé publique et de sécurité.

Les enquêtes sanitaires le démontrent : ces addictions se sont généralisées dans notre société, elles touchent, sous des apparences parfois ludiques, festives, ou par besoin d’appartenance, toutes les tranches d’âge, et toutes les catégories sociales.

Si l’on n’intervient pas à temps, les conséquences peuvent être lourdes, sous forme de désocialisation, de décrochage scolaire, de délinquance, ou de radicalisation.

Les relations se tendent et se compliquent, au sein même du cercle familial.

Il y a un an se tenait le premier forum de prévention des addictions. Pour une ville de notre taille, Vénissieux est pionnière en France.

Les actions de prévention, de sensibilisation et de lutte contre les addictions, ont été suivies avec attention, et ont reçu un accueil très favorable. C’est un premier pas, et ce forum est là, pour confirmer qu’il y en aura un deuxième, renforcé, qui se poursuivra tout au long de l’année prochaine. Car je le dis avec satisfaction, la réception de cette campagne auprès des collégiens, a été utile et efficace.

Cette prise de conscience a été partagée, dans les classes des 4èmes des collèges Jules-Michelet, Paul-Eluard, Louis-Aragon, Elsa Triolet et Honoré de Balzac, auprès duquel, le point Accueil écoute jeune est intervenu, lors d’une séance, avec l’ensemble des classes de 3ème.

Mi-avril, à la Médiathèque, Jean-Pierre Couteron, psychologue et président de la Fédération Addiction, a également tenu une conférence passionnante, notamment sur les mutations de nos sociétés, qui favorisent les dépendances.

Au final, ce sont environ 500 collégiens qui ont été touchés par cette campagne de sensibilisation, et plus de 60 jeunes concernés par les actions menées, au sein des EPJ Pyramide et Léo-Lagrange. Une centaine d’entre eux ont présenté le fruit de leurs réflexions et de leurs productions, ce matin même.

Cette restitution de leur travail, leur vision des addictions, doivent nous permettre d’affiner, et de répondre avec plus de précision, aux demandes et besoins des adolescents, en vue du travail qui sera engagé, lors de l’année 2017/2018.

J’invite le grand public, à venir assister au débat qui va suivre sous peu, animé par Olivier Jaillet, médecin au service addictologie des Portes du Sud, et Paul Gonnet, psychologue au Centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie « Lyade », d’Ainay. Approfondir nos connaissances, au sujet des nouvelles addictions, est un préalable indispensable.

Je voudrais, à l’occasion de ce forum, remercier l’implication et la mobilisation des principaux des collèges impliqués, des médecins de santé scolaire, et infirmières scolaires.

Le succès rencontré leur est, en partie, dû, de même qu’à l’ensemble de nos partenaires, que je tiens à citer pour leur exemplarité, et leur engagement : l’Education Nationale, la Préfecture du Rhône, Vie libre, la Ligue contre le cancer, l’association santé de la famille, la Macif, les associations Fréquence école et Avenir santé, l’ADES du Rhône, le BIJ et le Point Accueil Ecoute Jeune.

Je le rappelle, l’ampleur et la qualité de ces actions, ont permis à notre ville d’obtenir un financement de cette campagne sanitaire, à hauteur de 50%, de la part de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives.

Le travail que nous avons engagé ensemble, ici à Vénissieux, est un travail de longue haleine. L’enjeu de santé publique est manifeste.

Quelques chiffres donnent la mesure des phénomènes d’addiction. Selon l’observatoire français des drogues et toxicomanies, près d’un jeune sur deux a fumé, au moins une fois, du cannabis, un sur dix en fume tous les jours. 14% des 15-24 ans se sont livrés à la consommation rapide d’alcool, 61% des lycéens ont déjà connu une ivresse alcoolique.

De l’expérimentation à la dépendance, la frontière est parfois mince. Il faut savoir intervenir, avant le moment de rupture, que même au sein de l’environnement familial, on peine souvent à repérer, ou identifier. Cette difficulté est d’autant plus accrue, que l’univers des écrans et des réseaux sociaux, peut cacher aux plus proches, l’état émotionnel de l’adolescent.

Qu’on se ne méprenne pas, il ne s’agit pas de refuser le progrès technologique, mais de s’interroger sur son usage, sur les modifications de comportement qu’il peut induire. Une nouvelle addiction est en marche, qui pose de nouveaux défis. Télévision, Internet, réseaux sociaux, jeux vidéo, smartphones : les jeunes, entre 8 et 12 ans, passent 10 heures par semaine devant les écrans !

C’est à l’âge de 11 ans, que les jeunes se dotent, statistiquement, de leur premier Smartphone, et en moyenne, à 12 ans, qu’ils voient le premier film pornographique.

Et il y a aussi l’émergence, de ce que les docteurs appellent les enfants-écran, âgés de 5 ans ou moins, qui passent environ 6 heures par jour, sur les tablettes ou smartphones.

Une orthophoniste témoigne, je la cite : « Des enfants de trois ans ont moins d’une dizaine de mots à leur vocabulaire. Des tout-petits, dès l’âge de deux ans, ne sont plus du tout dans la communication. Ils se comportent comme des enfants un peu « sauvages » entre guillemets, dans leur bulle, comme s’ils n’avaient pas eu l’habitude d’être en relation avec une autre personne ».

Comment se structurer individuellement, dans une société saturée d’images et d’archétypes ?

Une étude britannique de santé publique, vient de démontrer que, quatre des cinq réseaux sociaux les plus populaires, fragilisent l’équilibre des jeunes. L’image corporelle y est normative, imposée, créant des complexes et des sentiments d’infériorité, chez les jeunes filles notamment. Les troubles du sommeil, les sentiments de dépression et de solitude, sont mentionnés comme effets récurrents.

Ne prenons pas cette forme d’addiction à la légère, d’autant qu’en matière de réseau social, l’arbitraire règne, et a pris le pas sur la règle, tout comme la rumeur a supplanté l’information. J’en veux pour preuve que, le plus fréquenté des réseaux sociaux, a ouvert en 2016, une plateforme pour prévenir les suicides chez les jeunes.

Mais dans le même temps, grâce à des algorithmes capables de cerner l’état mental des utilisateurs, l’opérateur ne s’est pas gêné, pour aider les publicitaires à cibler les adolescents, anxieux ou déprimés. On est au-delà de l’ambiguïté…

Les dépendances que nous avons ciblées, montrent l’utilité de ce 2ème forum de prévention des addictions, et des actions qui vont suivre auprès des collégiens, en 2017-2018.

Sensibiliser notre jeunesse, en matière de santé publique, est capital. La rendre actrice de son propre parcours, en lui permettant d’éviter les écueils, c’est tout le sens du travail de prévention des addictions, que la ville de Vénissieux a engagé, avec l’ensemble de ses partenaires, dont je salue l’engagement et la fidélité indéfectible, à  la jeunesse vénissiane.

Je vous remercie.