Disparition de Roger GAGET,

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Mardi 21 février 2017

Roger GAGET, président d’honneur de l’ANACR du Rhône et ancien résistant, nous a quittés.

Dans la nuit du 18 au 19 février 2017, nous avons perdu un homme de convictions, fidèle à ses idéaux.

Le 21 février 2017

Roger GAGET, président d’honneur de l’ANACR du Rhône, nous a quittés. Dans la nuit du 18 au 19 février 2017, nous avons perdu un homme de convictions, fidèle à ses idéaux.

En juin dernier, nous étions réunis autour de lui, à l’occasion d’une cérémonie où il recevait la médaille de la Légion d’honneur, ultime récompense pour son parcours exemplaire, son engagement sans faille pour la liberté, une vie entière consacrée aux valeurs de la République, au respect de l’être humain et de sa dignité.

Né en 1923, Roger GAGET avait vingt ans, lorsqu’en 1943, il déserte des chantiers de jeunesse pour s’engager dans la Résistance, au sein du « groupe Périclès », école de cadres des maquis du Haut-Jura.

A l’image de ces hommes et femmes qui se sont soulevés contre l’occupant, Roger GAGET a su dire Non, quand il est interdit de s’opposer, dire Non, quand c’est une question de vie ou de mort, dire Non, pour construire d’autres lendemains.

Lorsque que j’évoque son parcours pendant la seconde guerre mondiale, je pense à tous les récits que j’ai pu lire sur l’entrée en résistance, puis la vie en résistance, puis la vie après la résistance. Je pense à Edgar Morin, à Raymond Aubrac, et donc à Roger GAGET, avec ce point commun remarquable entre eux : faire de l’expérience vécue, bien que violente et traumatisante, une force de vie à transmettre aux jeunes générations.

Depuis 1948, Roger GAGET militait dans les associations d’anciens résistants des maquis du Haut-Jura, et de l’ANACR, organisation nationale, dont il a été le co-président pour le département du Rhône, puis président d’honneur. La guerre ne s’est pas arrêtée à l’armistice, elle s’est poursuivie au travers d’autres combats et d’autres chemins, l’éducation, la pédagogie, la reconnaissance nationale que méritent les anciens combattants.

Il était un de ceux qui nous ont appelés à rester vigilants, qui nous ont transmis le flambeau de la mémoire, de la résilience, et de la démocratie. Face au populisme, à la montée effarante du Front National en France, et de l’extrême droite en Europe, nous devons, aujourd’hui plus que jamais, faire vivre ce message au présent.

Je partage la préoccupation de Roger GAGET : transmettre pour protéger les autres d’un enfer que l’on a soi-même connu. A nous maintenant de porter cet espoir, et de transmettre les combats vécus, les tragédies endurées et, au final, la volonté de vivre libre et de vivre en paix.

  • A gauche sur la photo, Roger Gaget