Conseil métropolitain « Égalité entre les femmes et les hommes »

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Vendredi 15 décembre 2017

Séance du conseil métropolitain sur le rapport n°2017-2444 : « Rapport annuel sur la situation en matière d’égalité entre les femmes et les hommes – Année 2017 ».

 

Vendredi 3 novembre 2017, à 11h44 précisément, des centaines de femmes ont symboliquement cessé le travail pour dénoncer l’inégalité salariale entre les femmes et les hommes. A partir de cette date, et ce, jusqu’à la fin de l’année, les femmes travailleront gratuitement. Cette action, initiée par le mouvement féministe « Les glorieuses », nous rappelle que le salaire féminin reste inférieur de 24% à celui des hommes. Temps de travail partiel subi, emplois sous qualifiés, plafond de verre, discrimination à l’embauche et à l’évolution, les inégalités salariales persistent et s’aggravent. Par ailleurs, 42 % d’écart séparent toujours les femmes des hommes dans les droits à la retraite.

Le Forum économique mondial confirme, que les inégalités entre les sexes se sont de nouveau creusées, cette année, dans le monde du travail, mais aussi dans le domaine de la santé, de l’éducation et de la politique. Au rythme actuel, l’égalité homme-femme ne pourrait pas être espérée avant 2234, soit encore 217 ans de patience mesdames !

Les régressions se répandent :

  • Dans l’espace public, avec les violences sexistes et sexuelles, voire pire, comme il y a quelques jours, avec la campagne d’affichage féminicide de Robert Menard,
  • Dans l’espace privé, avec des chiffres effroyables de violences conjugales,
  • Dans le secteur professionnel, avec le démantèlement du code du travail, qui fragilise encore plus, ceux qui sont déjà fragiles, dont beaucoup sont des femmes.
  • Mais aussi dans l’imaginaire collectif, avec ce déterminisme genré, qui conduit à la situation que nous connaissons : des secteurs réservés aux femmes, et d’autres, aux hommes.

Espace public, école, santé, pratique sportive : notre vigilance doit redoubler car, dans le temps de crise économique et morale que la France traverse, les attaques n’avancent plus masquées, elles sont délibérées, elles sont frontales, elles contaminent en profondeur les valeurs et les droits, que l’on pensait universels et intemporels. Dénoncer ne suffit plus, il faut agir sur le terrain. Ce combat, est celui de toutes les générations, celles d’hier, celle d’aujourd’hui, celles de demain. Un combat en forme de relais, de transmission, pour faire avancer, avec les hommes, les droits des femmes, partout où ils sont bafoués, rognés ou ignorés. Aucun droit ne nous a été donné, il a fallu les conquérir un à un. Il n’y aurait pas pire erreur de les croire figés dans le marbre, définitivement acquis.

C’est notre vigilance, notre combativité, notre capacité à dénoncer des inégalités injustifiables, et à interpeller les pouvoirs publics, qui feront changer les mentalités, reculer les idées rétrogrades et réactionnaires.

Ce rapport annuel sur la situation en matière d’égalité entre les femmes et les hommes, nous donne un espace d’observation, de réflexion et d’action. Au-delà des chiffres, il questionne la place des femmes à la Métropole, et dans la société. C’est une démarche nécessaire, comme tous les dispositifs législatifs qui soutiennent ce principe constitutionnel, depuis plus de 70 ans, et que nous mettons bien trop de temps à appliquer. La défense des droits des femmes passe par la loi, le droit commun, et les politiques de proximité.

Alerter, éveiller les consciences, informer pour changer les mentalités, ce travail ne peut porter ses fruits que s’il est mené au jour le jour, et dans la longévité. De l’Etat aux collectivités territoriales, des associations aux citoyens que nous sommes, chacun doit se retrousser les manches.

Face à ce fléau de régression sociale et sociétale, les pouvoir publics doivent faire beaucoup mieux. Emmanuel Macron a déclaré vouloir faire de l’égalité entre les femmes et les hommes, la « grande cause du quinquennat », mais le compte n’y est pas, et les associations exhortent le gouvernement à revoir sa copie. Nous nous joignons à elles, pour dénoncer des annonces non financées, une opération de communication sans aucune augmentation du budget dédié aux droits des femmes, ni même aux violences qu’elles subissent en masse.

Je vous remercie.