Clôture des Musicianes 2018

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Samedi 10 février 2018.

La culture populaire vit de ces moments, de rencontres entre les habitants, entre les générations, entre les artistes et créateurs. C’est cette culture de proximité que nous défendons, celle qui avance vers les enfants et parents, celle dont les équipements deviennent des lieux d’animation et de vie, dans tous les territoires.

Nous marquons aujourd’hui la clôture des Musicianes 2018, dont c’était la 10ème édition. Ce chiffre parle et témoigne, de notre volonté d’inscrire toute la richesse et toute la diversité musicales, dans notre espace urbain. Que serait un monde sans musique ? Il serait brutal et moins harmonieux, gris et moins coloré, fade et moins relevé.

Plus près de nous encore, que serait une journée sans musique ? Une journée à oublier, à n’en pas douter. Toutes les musiques qui sont en chacun de nous, notre ville veut les diffuser au plus grand nombre. Culture musicale, oui, mais culture musicale populaire, gratuite, comme tous les concerts des Musicianes, gratuite comme notre beau festival estival des fêtes Escales. Populaire aussi, dans le sens où nous souhaitons que la pratique de la musique soit une invitation, une découverte de l’autre, une passerelle vers une initiation. Il faut garder en soi cette envie de musique, cette curiosité qui nous fait entrer dans un monde sensoriel, un monde d’émotions et de souvenirs. Gardons, en somme, une oreille d’enfant.

Je voudrais remercier très chaleureusement le directeur, Florent Vernay, les enseignants, et tout le personnel de notre belle et indispensable Ecole de Musique. Vous faites vibrer au quotidien, les partitions, les cuivres, les cordes. Vous faites partager aux jeunes, et à toutes les générations, votre passion pour la musique. Je rappelle que l’école accueille plus de 550 élèves, et touche plus de 1 300 élèves scolarisés de la ville, à travers ses actions hors de ses murs. Lors des temps forts qu’elle organise, ce sont plus de 2 500 spectateurs qu’elle rassemble, sur l’année. C’est une formidable caisse de résonance pour notre ville, un vivier inégalable pour nos habitants, unis dans le partage et la sensibilisation, avec des artistes, avec des professionnels.

Ces missions d’éducation artistique, la ville de Vénissieux les considère comme essentielles. C’est la raison pour laquelle, l’école de musique s’inscrit dans la dynamique du Projet Educatif de territoire, en direction des 0-18 ans, et qu’elle s’ouvre à toute la population, lors d’événements culturels et conviviaux, comme les Musicianes.

Je veux souligner la qualité du travail accompli. Peu d’établissements d’enseignements artistiques, produisent des événements de cette ampleur, qui nécessitent une sacrée organisation, et qui soulignent une nouvelle fois, les synergies très fortes, entre nos différents équipements culturels.

Près de 1 500 personnes ont assisté à ces rencontres musicales, un rendez-vous que les Vénissians se sont approprié, et auxquelles ils se sont attachés. La culture populaire vit de ces moments, de rencontres entre les habitants, entre les générations, entre les artistes et créateurs. C’est cette culture de proximité que nous défendons, celle qui avance vers les enfants et parents, celle dont les équipements deviennent des lieux d’animation et de vie, dans tous les territoires. Il faut aujourd’hui, non pas tenir de beaux discours sur la nécessité de la culture, mais la défendre, car elle est attaquée de toutes parts. Par les politiques d’austérité et leurs effets dévastateurs, sur le terrain et dans tous les quartiers, à travers la chute des dotations de l’Etat, à l’égard des collectivités territoriales.

L’état des lieux est le suivant : les dépenses culturelles des collectivités territoriales, s’élevaient à 9,3 milliards d’euros en 2014. La majorité d’entre elles, à presque 60%, bénéficie au soutien à la création et à la diffusion artistique (pour 5,2 milliards d’euros), la conservation et la diffusion patrimoniale, recevant près de 40 % des dépenses totales, (soit 3,6 milliards d’euros). C’est dire à quel point, les communes irriguent la culture de proximité, la culture de tous les jours.

Depuis plusieurs années maintenant, l’Etat français, à l’image de nombreux pays européens, manque d’ambitions culturelles. Ce discours sans souffle, adossé à de nombreuses baisses du budget national de la culture, rompt les synergies entre Etat et collectivités, et alimente la démagogie des politiques libérales. En clair, on veut nous faire croire que la culture est devenue une variable d’ajustement, par temps de crise. Je m’oppose frontalement à cette vision des choses. En écoutant de tels discours, notre ville aurait-elle des équipements de pointe dans tous les quartiers, ou, plus près de nous, aurait-elle investi dans Bizarre, laboratoire des cultures urbaines, et foyer des jeunes créateurs ?

Il faut donc revenir à cette volonté, à cette ambition, et c’est ce que notre ville fait, en consacrant 8% de son budget à la culture. Car l’autre péril, et chacun le connaît, est lié à la nouvelle chute des dotations de l’Etat aux collectivités. 13 milliards d’euros d’économies d’ici 2022, rien que ça !

L’observatoire des politiques culturelles a sorti, en janvier 2017, une première étude sur l’impact des politiques d’austérité. Le résultat est sans appel : sur la période 2015-2016, 59% des collectivités ont baissé leurs crédits culture, contre 30% qui ont choisi, au contraire, de l’augmenter. Et l’hémorragie devait se poursuivre en 2017, puisque 25% des collectivités envisageaient à nouveau, une baisse. Cette contraction des budgets culturels, est en moyenne de -4% pour les Régions, -5% pour les départements, -7% pour les villes de plus de 100 000 habitants. Toujours selon l’observatoire, les domaines qui ont été durement affectés par ces coupes budgétaires, sont les bibliothèques, les festivals, l’éducation artistique et culturelle, le spectacle vivant, et dans une moindre mesure, les archives et musées.

Personne n’a envie de voir disparaître les Musicianes, ni les résidences d’auteurs, des compagnies de théâtre, ou des plasticiens. Personne n’a envie de voir annuler le festival Fêtes escales, ou craindre la fermeture de bibliothèques. Ce combat pour la culture n’est pas que politique, il est aussi citoyen. Il réunit tout autant celui qui crée, que celui qui regarde la création. La culture, c’est la question individuelle de ce que nous voulons devenir, et la question collective de ce que nous voulons construire. La culture nous appartient, nous sommes sur le même bateau, et nous voulons poursuivre ce voyage intemporel, que nous ouvrent la musique, la littérature, la poésie, le théâtre, la peinture et l’image.

Alors merci encore aux Musicianes, et vive la culture populaire, vivante et rassembleuse !

Je vous remercie.