Cérémonie de citoyennneté

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Vendredi 4 mai.

La démocratie est un régime de valeurs et de libertés, plus fragile qu’on ne le croit. Elle se transmet, elle s’apprend, elle s’enrichit, par la pluralité et la diversité des expressions. C’est un contrat de confiance que nous passons à ceux qui nous représentent.

Pour défendre nos libertés et la démocratie, il n’y a pas plus utile et précieux que le vote. Mais voter, ou du moins l’acte de voter, c’est aussi faire un pas pour appartenir à la société, entrer dans le débat d’idées, et surtout agir, pour que les choses changent. Etre acteur de son monde, et non simple spectateur.

Cette cérémonie de citoyenneté, à laquelle la ville de Vénissieux tient, est donc un acte fondateur de votre vie civique. Pour tout dire, on se souvient toujours de son premier vote, de l’enthousiasme qu’il y a à participer pour la première fois, à la vie démocratique, à échanger avec ses proches, à confronter ses idées à celles des autres.

Votre démarche est salutaire, voire exemplaire. Elle est le symbole d’un engagement, et d’un attachement à nos libertés. Elle ouvre des droits et donc des devoirs, à chacun d’entre vous. Elle intègre la notion que le droit de vote n’est pas universel, que voter est une chance, et qu’il est le fruit de très longs combats, tout au long de ces derniers siècles.

Avant d’ouvrir ce droit au plus grand nombre, il a fallu faire évoluer les institutions politiques, tout autant que les mentalités. En un mot, il a fallu se battre. Qui regretterait aujourd’hui, le suffrage dit censitaire, de la monarchie constitutionnelle, un suffrage réservé uniquement aux hommes fortunés, qui payaient un impôt direct ? Il aura fallu attendre la Révolution, puis le Consulat, pour que tous les hommes de plus de 21 ans, aient le droit de vote, un mode d’élections encore très éloigné néanmoins, du suffrage universel.

Mais à quoi peut ressembler une démocratie, sans l’expression de la moitié de ses électeurs, à savoir les femmes ? En France, elles ne pourront voter, ou avoir le droit de se faire élire, qu’à partir de 1944. Il y a seulement 74 ans, un souffle à l’échelle de l’histoire.

Les Françaises furent parmi les dernières femmes du monde occidental, à acquérir ce droit, qu’elles inaugureront le 29 avril 1945, à l’occasion d’élections municipales. Elles peuvent enfin exprimer leur choix librement, et ouvrir les portes d’une société jusqu’alors cloisonnée.

La démocratie est un régime de valeurs et de libertés, plus fragile qu’on ne le croit. Elle se transmet, elle s’apprend, elle s’enrichit, par la pluralité et la diversité des expressions. C’est un contrat de confiance que nous passons à ceux qui nous représentent. Et cette confiance, qui doit être réciproque, se transforme aujourd’hui, en défiance. Par dépit, par résignation, par sentiment d’impuissance, face à des institutions qui nous dépassent, de trop nombreux concitoyens se réfugient dans l’abstention.

Notamment chez les jeunes. Dans une récente étude, l’Insee a relevé que moins d’un électeur sur cinq, âgé de moins de 29 ans, avait voté à tous les tours des élections en 2017. C’est le taux le plus faible en 15 ans, de rendez-vous électoraux.

Nous vivons en ce moment, une démocratie de faible intensité, une démocratie qui a besoin d’être régénérée et réinventée, avec plus de proximité, et plus de citoyenneté. Notre pays, comme nos institutions, doit s’ouvrir à sa jeunesse, lui accorder la place qui lui échoit. Ce droit de vote vous permet d’agir, sur les grandes orientations éducatives, culturelles, sociales et économiques de l’Europe, de la France et de tous nos territoires de proximité : la région, la Métropole, la commune.

L’hyper présidentialisation, à laquelle on assiste, ne doit pas détourner l’attention des électeurs que vous êtes, des autres scrutins. Les enjeux y sont aussi élevés, dans la vie de tous nos quartiers, comme dans les grands équilibres de développement, au sein de l’agglomération lyonnaise. La vie politique ne peut se résumer à la seule élection présidentielle, ce serait un réel danger pour notre pacte républicain, qui commence dès notre pas de porte.

En 2017, vous avez été 513 nouveaux jeunes électeurs, à être inscrits automatiquement sur les listes électorales. Je remercie tous ceux qui se sont déplacés à cette cérémonie de remise de la carte électorale. La démocratie et ses règles, passent de génération en génération, et certaines ont dû se battre, pour que nous puissions en jouir librement aujourd’hui.

Notre ville s’est donné les moyens d’accompagner chaque jeune Vénissian, vers la citoyenneté. Dans les écoles, dans les EPJ, dans l’ensemble de nos actions, en partenariat avec l’éducation nationale, au cœur du Conseil Municipal Enfants, et dans tous nos conseils de quartier, auxquels je vous invite à participer, nous voulons amener tous les Vénissians vers plus de démocratie, et vers une démocratie de proximité, au service de l’intérêt général.

Un mot pour conclure : il ne m’appartient pas de vous dire pour qui voter, mais il m’appartient de vous dire d’aller voter.

Je vous remercie et vous souhaite la bienvenue dans l’âge de la citoyenneté.