Assemblée générale de l’APER

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Vendredi 2 mars 2018

Vos actions sont un véritable encouragement pour tous ces salariés qui se sont battus et luttent encore pour faire reconnaître leur entreprise comme site amianté, se battent pour la reconnaissance de cette maladie professionnelle.

C’est un très grand plaisir d’être parmi vous aujourd’hui et de recevoir, à Vénissieux, l’assemblée générale de l’APER. Un moment de solidarité, de fraternité, mais aussi d’échanges et de réflexions. L’APER est une association d’utilité publique.

Je voudrais saluer l’ensemble des adhérents de votre association pour leur pugnacité. Il aura fallu plus de 15 ans de procédures, d’actions de toutes sortes, de luttes collectives et l’implication de tous les militants de l’APER pour faire reconnaître le site vénissian de Renault Trucks comme site classé « Amiante ». 15 années durant lesquelles la direction de RVI, puis celle de Renault Trucks n’a eu de cesse d’utiliser toutes les procédures, tous les recours, pour empêcher que l’établissement de Vénissieux soit classé. A force de mobilisations et grâce à l’implication de tous, vous avez pu enfin lever les dernières barrières pour que vos légitimes revendications soient entendues.

Cet esprit de résistance et de luttes, nous le partageons, ici, à Vénissieux. Ville industrielle, populaire et rebelle, Vénissieux a toujours su résister. Résister contre la barbarie nazie, lutter contre l’injustice, l’individualisme, s’opposer au capitalisme financier. Une ville fidèle aux valeurs du Conseil National de la Résistance, à son histoire, à celles et ceux qui en ont forgé l’identité, une ville humaine et solidaire.

C’est le comité de défense pour l’emploi, l’industrie et les savoir-faire mis en place en 2010, plus de 1 000 personnes engagées pour sauvegarder notre patrimoine industriel et combattre la désindustrialisation.

Ce sont les arrêtés contre les expulsions locatives, les saisies mobilières et les coupures d’énergies. Une bataille que je mène depuis 9 ans pour que les droits fondamentaux inscrits dans notre Constitution soient respectés. Un combat que je porte avec détermination pour dire non à l’intolérable, pour le droit de vivre dignement. Si le Préfet demande la suspension de mes arrêtés, je serai amenée, une fois de plus, à comparaître devant le Tribunal administratif. J’appelle à la mobilisation de tous dans cette bataille pour la dignité humaine.

Résister, c’est aussi lutter contre les politiques d’austérité qui frappent de plein fouet les collectivités territoriales. Des villes asphyxiées financièrement par des années de baisse des dotations d’Etat qui doivent faire face à de nouvelles contraintes.

  • Suppression des contrats aidés, coupes dans les crédits de la politique de la ville,
  • Nouvelles économies de 13 milliards d’euros demandées aux collectivités pour les 5 ans à venir,
  • Remise en cause de la libre administration des collectivités avec la suppression du levier fiscal des communes (exonération de la TH),
  • Suppression de 70 000 emplois dans la fonction publique territoriale.

Les communes de plus de 50 000 habitants seront contraintes de signer un contrat avec obligation de limiter leurs dépenses de fonctionnement à 1,2 % par an pendant 5 ans avec application d’un malus pour les communes qui ne respecteraient pas cet objectif, voire la suppression de leurs dotations. Autant de mesures qui fragilisent nos politiques publiques de proximité et nos missions de lien social. Face à ce constat, nous poursuivons nos efforts de maîtrise des dépenses de fonctionnement tout en maintenant nos capacités d’investissement. Nous défendons un budget de résistance axé sur la solidarité et l’intérêt général. Dans un contexte de crise économique et sociale sans précédent, nous luttons pour préserver nos services publics de proximité indispensables aux besoins des habitants.

Pour terminer, je voudrais vous féliciter pour votre bataille exemplaire. Si la bataille juridique est encore longue, vous conservez ce dynamisme, cette volonté inexorable d’aller jusqu’au bout, dans l’intérêt des victimes, de leur famille, de toutes celles et ceux qui ont été, à un moment de leur vie, exposés à l’amiante. Vos actions sont un véritable encouragement pour tous ces salariés qui se sont battus et luttent encore pour faire reconnaître leur entreprise comme site amianté, se battent pour la reconnaissance de cette maladie professionnelle.

Je vous souhaite plein succès pour les luttes à venir.